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Indycar 2012: Detroit Belle Isle

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Detroit Belle Isle 2012 restera comme une mauvaise blague. Côté GM, on doit rire jaune en voyant ce triplé Honda à deux pas du QG… Et ce sont surtout les 25 pilotes qui n’ont guère apprécié le revêtement en kit du parc…

Un peu d’histoire…

A l’origine de la course, il y a le Detroit Grand Prix. A l’époque, la F1 lorgne sur les USA. En plus de Long Beach et Las Vegas, Bernie décide d’ajouter une troisième course aux Etats-Unis.
Ainsi, de 1982 à 1988, Detroit accueille la F1, dans les rues du Renaissance Center. Le circuit, avec ses virages à 90°, n’a pratiquement aucun intérêt. Et surtout, l’audience est nulle.

En 1989, le promoteur n’a plus envie de payer une fortune à la FOCA. Comme d’habitude, juste après, le CART frappe à sa porte. La discipline cherche justement des manches « routières ».

Mais même le CART trouve que le tracé est nul. Ainsi, en 1992, le Detroit Grand Prix déménage dans le parc de Belle Isle.

La course connait des fortunes diverses. A la fin des années 90, le CART lorgne sur l’international (Australie, Brésil, Canada, Grande-Bretagne, Japon, Mexique…) Il faut donc faire du ménage parmi les manches US pour faire de la place.
Detroit Belle Isle est sacrifié en 2001…

Mais elle revient en 2007, via l’Indycar. A l’apogée de la bagarre Champ Car/Indycar, les deux séries courent après les circuits. Quitte à ne pas être très regardante sur la qualité.
Sans surprise, à l’issu de la fusion, la manche disparait de nouveau.

Aujourd’hui, l’Indycar a de nouveau besoin de muscler son calendrier. Située une semaine après Indianapolis, Detroit Belle Isle peut bénéficier de son battage.

Le circuit de Belle Isle n’a guère plus d’intérêt que celui de Renaissance Center: c’est une piste étroite et lente.

Le pire concerne le décor. Avec 713 777 âmes, Detroit a perdu près des deux tiers de ses habitants en 60 ans. Quant aux banlieues voisines (Dearborn, Flint…), autrefois prospères, elles sont devenues des villes-fantômes.

La gazette

A Detroit, il n’y a qu’une seule mécanique Lotus/Judd: celle de Simona de Silvestro (HVM.)

Une situation on ne peut plus précaire.
Du coup, le constructeur Anglais veut « une deuxième voiture ». Avant même le départ d’Indianapolis, Jean Alesi a tendu son majeur à l’intention de Lotus. Fan Force United pourrait néanmoins engager sa voiture pour un autre pilote.
Quant à Michael Shank, il serait de nouveau sur les rangs avec « un pilote payant ».

Les qualifications

Aux essais libres, ils ne sont pas que 7 à rouler avant qu’un orage ne s’abattent sur la piste. Takuma Sato (Rahal), visiblement bien remis de son tora tora tora s’offre le meilleur temps.

Lors des qualifications, Will Power (Penske) se retrouve face aux Ganassi boys, Scott Dixon et Dario Franchitti.

L’Australien pense tenir la pole, puis Dixon réalise le meilleur temps. Power ressort, mais il ne peut battre le Néo-zélandais.
C’est la première pole 2012 d’un Honda.

Quant à Franchitti, le tout récent vainqueur d’Indy est gêné par Ed Carpenter (Carpenter) et il doit partir 15e.

Notez aussi le 3e rang d’Alex Tagliani (Brian Herta), transfiguré depuis qu’il a troqué son Lotus/Judd pour un Honda…

Indy Lights

Et un nouveau vainqueur, un! Gustavo Yacaman (Moore) s’impose au terme d’une bagarre avec Oliver Webb (Sam Schmidt.) L’Anglais chute même au troisième rang final, faute d’avoir su retenir Carlos Munoz (Andretti.)

Dans ce bal d’outsiders, Tristan Vautier (Sam Schmidt), 5e, termine devant ses rivaux au championnat.

La course

Vu de loin, c’est une promenade pour Dixon. Le poleman s’élance parfaitement et il reste en tête jusqu’au drapeau à damier.

Un fait suffisamment rare en Indycar pour être souligné.

Mais au fil des tours, les pilotes font face à un problème inédit: l’asphalte se dérobe sous eux!

Au 45e tour, James Hinchcliffe (Andretti) et Takuma Sato (Rahal) se font simultanément surprendre (à deux endroits différents du circuit) par de grosses mottes qui se détachent.

La course est interrompue pendant deux heures, le temps que les cantonniers colmatent les nids de poule.

Ca repart pour 15 tours (au lieu de 45.) Presque immédiatement, il y a un contact entre Carpenter et Helio Castroneves (Penske.) D’où un long drapeau jaune.

Lorsque ça repart enfin, Franchitti en profite pour dépasser Power et Simon Pagenaud (Sam Schmidt.) Le voilà 2e!
Peu après, E.J. Viso (KV) part à la faute et le « jaune » dure quasiment jusqu’à l’arrivée.

Dixon, Franchitti et Pagenaud semblent un peu perdu sur le podium.
En tout cas, pour la énième fois, l’Indycar ne fait pas preuve de professionnalisme.

Au classement, Power reste en tête, avec 232 points.

Mais son avance a fondu comme neige au soleil. A contrario, les Ganassi boys remontent fort. Dixon est désormais 2e avec 206 points. Quant à Franchitti, au fond du classement il y a peu, il possède aujourd’hui 176 unités et remonte au 4e rang (juste derrière Castroneves -177 points-.)

Pagenaud est 6e à 171 points, tandis que Sébastien Bourdais (qui va manquer les 3 prochains rendez-vous) est 22e avec 86 points.

Source:
Indycar

Crédit photos: Indycar (photos 1, 5, 7, 8, 9, 10 et 12), Ford (photo 2), Honda (photo 3) Detroit Grand Prix (photos 4, 6 et 11)

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2 Commentaires sur "Indycar 2012: Detroit Belle Isle"

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Benoît
Invité

« Le circuit de Belle Isle n’a guère plus d’intérêt que celui de Renaissance Center: c’est une piste étroite et lente ».

À titre perso j’ai vraiment apprécié le week-end de course et trouvé le circuit intéressant (si on enlève le fait que le bitume s’arrachait).

Absolument!
Invité

Et petit à petit Franchitti grapille… En tout cas je suis vert que la course ait repris étant donné les réparations de fortunes qu’ils étaient en train d’opérer pendant le drapeau rouge !

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