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Corvette CERV I: l’ex-future Indycar de Chevrolet

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Le Bloomington Gold est un show de Corvette qui aura lieu jusqu’au 24 juin à St Charles, dans l’Illinois. Chaque année, il rend hommage à 10 voitures et 10 personnages importants dans l’histoire de la ‘Vette. Cette année, la voiture-laboratoire CERV I sera l’une des « 10 ».

Chevrolet -et plus généralement l’ensemble du groupe GM- n’est pas vraiment synonyme de monoplaces.

Depuis les années 80, Buick, puis Chevrolet, Oldsmobile et de nouveau Chevrolet sont présent outre-atlantique comme motoristes.

En revanche, il faut remonter jusqu’aux toutes premières années de Chevrolet pour trouver un châssis de la marque au « + » en course.

Zora Arkus-Duntov, le « père » de la Corvette, est un passionné de courses automobiles. Il lui arrive de prendre le volant (ci-dessous, avec la Corvette SS.)

En 1947-1948, il tente même sa chance à Indianapolis, avec une Talbot-Lago.

En 1957, Chrysler, Ford et General Motors (alias « l’Automobile Manufacturer Association ») s’interdisent de participer à une quelconque compétition.

Arkus-Duntov veut apparemment créer un fait accompli. Il réunit une « dream team »: Chuck Jordan, Anatole « Tony » Lapine et Larry Shinoda (qui utilise son salaire pour construire des rods et courir avec à Bonneville.)

Ensemble, ils créent le Chevrolet Engineering Research Vehicle (CERV.) Officiellement, c’est un banc d’essai de pneus pour les futures Corvette.
En pratique, c’est un bijou de technologie, avec un châssis tubulaire en chrome-molybdène avec un V8 283ci (4,64l) à injection 353ch tout en aluminium, une carrosserie en fibre de verre et des éléments en aluminium et en magnésium. De quoi obtenir un poids total de 657kg. Surtout, comme par hasard, il correspond au règlement de l’Indycar. De là à le voir engagée à Indianapolis…

Arkus-Duntov, Stirling Moss et Dan Gurney roulent avec en prologue du Grand Prix des Etats-Unis 1960.

Le timing est très important. En 1959, Jack Brabham a remporté le championnat du monde des conducteurs (l’actuelle F1) avec une Cooper.
Roger Ward, vainqueur cette année-là d’Indianapolis, emmène sa Midget aux Grand Prix des USA, où il a le coup de foudre pour les voitures à moteurs centraux. Ward pousse Brabham à tester sa voiture à « Indy ».

Pour autant, Brabham ne courra les 500 miles qu’en 1961. Et il faudra attendre 1963 -avec Lotus- pour voir une monoplace à moteur centrale véritablement conçue pour l’anneau (ci-après.)

Le monde du sport auto est petit. Ward connait Arkus-Duntov (ils se sont notamment affrontés à Lime Rock, en 1958.) Il est donc probable que Ward l’ait orienté vers une telle architecture.

Ainsi, on aurait pu voir le CERV aux 500 miles 1961. Ford aurait été pris de court et comme les roadsters sont à la ramasse, il est donc probable que le CERV (avec Dan Gurney?) s’impose bien avant Lotus et Jim Clark (1965.) Il n’y aurait plus eu d’avancée technologique des châssis Anglais et un V8 Ford-Cosworth qui apparaitrait comme un simple cas de suivisme. Donc moins de budget chez Ford et un Firestone moins motivé. D’où des pneus de F1 moins chers (car moins pointus) et plus besoin de recourir au sponsoring pour boucler les fins de mois, etc.

Sauf que GM ne « mord » pas. Le CERV se contente de rouler en essais privés.

Il s’offre plus tard un V8 double-turbo 377ci (6,18l) 500ch. De quoi atteindre 330km/h sur l’ovale GM de Milford. C’est à dire qu’aux 500 miles d’Indianapolis 1984, le CERV se serait classé deuxième des essais, juste derrière Rick Mears!

Le CERV partira à la retraite en 1972.

Arkus-Duntov concevra le CERV II, une barquette, en 1962.
Vers 1963, « Bunkie » Knudsen (un proche de Shinoda) tente de convaincre GM de la faire courir (afin d’avoir une anti-GT 40.) Sans succès.

Le CERV III (ci-dessous) du salon de Detroit 1990 est une réflexion sur une Corvette (de route) à moteur central. GM tranche: la C5 conservera le moteur avant et le CERV III de partir au placard.

La mystérieuse CERV IV (1993?) est justement le brouillon de la C5. Là encore, c’est une petite équipe (celle de Corvette) qui la conçoit en secret afin de mettre GM devant le fait accompli. Mais cette fois, le projet obtiendra un feu vert.

Source:
Hemmings Auto Blogs

Crédit photo: GM

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1 Commentaire sur "Corvette CERV I: l’ex-future Indycar de Chevrolet"

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coconut
Invité

Bel article. En effet comme dans beaucoup d’autres domaines l’histoire se joue à peu de détails.

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