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Le conducteur du jour: l’utilitaire devenu un nom commun

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Durant les trente glorieuses, il y avait trois utilitaires français: le Citroën Type H, le Peugeot J5/J9 et le minuscule Renault Estafette. Chaque modèle fut produit pendant plusieurs décennies, de quoi enraciner ces bêtes de somme dans le paysage. Ainsi, aujourd’hui, « estafette » est un nom commun, synonyme de vans! Comme tout utilitaire, il est utilisé jusqu’au bout de ses forces, puis il est négligé. Il est désormais rare d’en croiser un, alors deux…

L’historique de l’Estafette n’a rien de glamour. Le plan Pons impose aux constructeurs de créer des fourgon 1000kg maxi (car au lendemain de la guerre, le pays manque cruellement d’utilitaires.) Renault transforme tant bien que mal son châssis-cabine (type 206) en van. Néanmoins, ça ne peut être qu’une solution provisoire.
La régie réfléchit à un vrai van, à moteur de 4cv. Le combi Volkswagen sert de modèle: Renault copie sa plateforme, mais il en fait une traction (afin de dégager la surface de chargement.) Le confidentiel Gutbrod Atlas aurait également été « bench-marké » (car ce petit utilitaire offre 1000kg de chargement malgré son byclindre 600cm3 16ch.)
Finalement, à sa sortie, en 1959, il reçoit un 850 32ch de Dauphine. Renault le baptise « Estafette »; un nom créé à partir de l’italien « stafetta » (messager.) Notez que la mécanique est placée devant l’essieu avant (d’où le porte-à-faux.)
Au fil de sa très longue carrière, il s’offre le 1100 45ch de R8, puis un 1300 53ch. En parallèle, des versions châssis long, « zone bleue » (500kg de chargement), plateau, minibus, etc. apparaissent.
En 1972, il s’offre un lifting avec une nouvelle calandre. Une version diesel est testée, mais elle restera dans les cartons. En 1980, l’Estafette quitte le tarif au profit des Trafic et Master.

Avec plus de 500 000 ventes en 21 ans de carrière, l’Estafette a marqué de nombreux Français.
Ludovic Simon, champion 2004 de Clio Cup, se souvient que son père a eu une Estafette. Il s’en sert alors comme camion-atelier pour transporter une BMW « 02 » en cote. Pour accéder aux épreuves, l’Estafette est bien à la peine pour transporter les 3 occupants (Ludovic, son père et le pilote), l’outillage, la remoque double-essieu et la Béhème… Les montées se font en 1 uniquement.
Du temps de la F3, Pascal Fabre roule en Golf GTI. Un jour, en ville, il voit apparaitre une Estafette avec gyro deux tons dans le rétroviseur. Pour suivre l’Allemande, les policiers prennent des risques. Le van se paye un trottoir, Le futur pilote AGS voit la roue avant gauche partir sous le châssis et les policiers s’arrêter net. « Bisounours » s’en est tiré avec une réprimande.

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8 Commentaires sur "Le conducteur du jour: l’utilitaire devenu un nom commun"

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ZISSOU
Invité

Ouf. Quel contraste avec les meringue genevoises. Là est la richesse du BlogAuto.

Mamadou Dupont
Invité

Il me semble qu’une version 4×4 existait produite par Simpar (de mémoire) et utilisée par les pompiers, l’armée (et la Gendarmerie ?).

En tout cas, merci pour ces bons souvenirs.

DiZeL
Membre

A quand un reportage sur l’entreprise Lelievre qui collectionne les HY oranges ?

carrera6
Invité

Un de mes grand-père en a possédé 2. Douloureux souvenir, je me souviens étant petit avoir laissé passer un doigt en voulant fermer l’unique porte coulissante…

Admin

« Renault le baptise “Estafette”; un nom créé à partir de l’italien “stafetta” (messager.)  »

Sans aller jusqu’en Italie, il y a eu de tous temps des estafettes dans l’armée. A pied, à cheval ou en motocyclette…

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