Accueil Constructeurs Enquête: l’incroyable histoire de 999Motorsports

Enquête: l’incroyable histoire de 999Motorsports

406
0
PARTAGER

Il y a quelques mois, nous évoquions la Supersport du 999Motorsports. Derrière cette voiture de course Thaïlandaise se cache une histoire qui dure depuis une douzaine d’années, passants de mains en mains et de pays en pays!

Dans le monde du sport automobile, d’aucuns se focalisent sur les écuries de F1 et les grosses structures. Elles disposent de bataillons d’ingénieurs, de gros moyens technologiques et souvent, d’un beau service marketing.

Et puis, il y a les artisans. Souvent, les gérants y font office de mécanicien, de concepteur et de pilote d’essai. C’est le domaine de la passion, de l’intuition, du sur-mesure, de l’amateurisme, du quasi-bénévolat et faute de moyens, de la sous-traitance en cascade.
N’allez pas croire que les Anglais ont le monopole du « speciality manufacturing ». On en trouve aussi chez nous!

Chapitre 1: Nogaro Technologies

Claude Fior (alias « Pif ») est le fondateur de Nogaro Technologies. Cette société est bien connue des motards pour sa participation au Moto GP.

Côté auto, on lui doit principalement la conception du Spider Renault Sport et de la Formule Campus:

En 1999, Renault arrête la production du Spider. Néanmoins, Nogaro Technologies tente de poursuivre l’aventure et d’en faire une voiture de piste. C’est la « Fior F99 ».

Kenneth Ma, un pilote Hong-Kongais, achète 30 (!) F99. Il s’établit au circuit de Zhuhai, en Chine et ouvre une école de pilotage, sous l’enseigne FRD.

Au même moment, les Ghirardelli père et fils (alias « team N’genering ») récupèrent une Campus sans moteur. Le père y installe une mécanique de moto.

Le résultat est une voiture au cout relativement peu onéreux, mais qui surclasse les Formule France et autres Furia.

Ghirardelli fils travaille chez Nogaro Technologies. Sa Campus à moteur de moto plait.

On lui demande de l’amener à l’atelier, pour une inspection en détail.

Puis, il sert de base à un projet confié à un bureau d’ingénierie local, Technical Studio.

En 2001, Claude Fior meurt. Fabien, son fils, prend la suite. Nogaro Technologies reçoit d’autre contrats (RC Cup, utilitaire électrique…) Et donc, la monoplace passe au second plan.

Le projet ressort des cartons en 2004. Mais entre temps, la monoplace est devenue une barquette, la F05.

Technical Studio la conçoit en vue du salon de Francfort 2005. Son moteur est un Honda 2l de 250ch.

Chapitre 2: Chinese connection

En 2005, Fabien Fior décide de s’installer en Chine. Il revend ses parts de Nogaro Technologies, qui prend le nom de Fior Concept.

En Chine, Fabien Fior fonde Dynatem Motorsports. L’entreprise est à la fois une écurie de course et un bureau d’étude.
2005 n’était pas le bon moment pour créer une écurie en Chine: les championnats poussent comme des champignons et disparaissent aussi vite. Dynatem participe à l’Asian Formula V6 et Asian GT3 Series. Autant de compétitions éphémères et autant de voitures qui restent sur les bras.
Après une ultime tentative en Asian Formula Renault, en 2009, Dynatem arrête la compétition.

Côté bureau d’étude, Dynatem tente de « vendre » le Spider F99 (rebaptisé « Helem ».)

Parmi les courses disputées à Zhuhai, il y a le Superlight Challenge (ex-Lotus Challenge.) Dynatem songe à une monoplace ultra-légère, capable d’y battre les Caterham (ci-dessous), Lotus Elise et autres Radical: la Hacker.
La Hacker doit débuter en piste en 2009, mais le projet fait long feu.

C’est en Chine que Fabien Fior rencontre Christophe Martin. Martin est intéressé par la barquette F05.

Il veut la produire en Thaïlande (afin de bénéficier de coûts « Asiatiques »), via sa société, 999Motorsports. Dynatem se chargera de finaliser la conception et Fior Concept la commercialisera en Europe.

Fior et 999Motorsports dévoilent ainsi les dessins de la F 999, début 2009.

Chapitre 3: la Hacker

Le projet F 999 capote.

Martin demande alors à Dynatem de revitaliser la Hacker. Cette voiture est très « inspirée » de la Furia vue dans les années 90.
Le moteur est issu d’une moto et il développe 200ch.

La Hacker est présentée début 2010. On reconnait Christophe Martin à droite.

Patrice Nouvel, un ancien pilote, est alléché par le prix de vente de la Hacker. Il monte une société, Lohéac Evénements, pour commercialiser la Hacker en France et organiser un championnat.

Il commande 20 voitures à 999Motorsports. Il en reçoit 13, sur lesquelles il y a de gros soucis de finitions.

Lohéac Evènements annonce néanmoins le début du championnat d’Hacker Series 2010 en mars, à Haute Saintonges. L’épreuve est annulée juste après les essais.

Le budget de 800 000€ du promoteur est explosé. Lohéac Evènements est dans le rouge.

999Motorsports se voit dans l’obligation de trouver un nouveau distributeur Français. Il choisi J-Cap, une école de pilotage.

Christophe Anquetil, responsable de J-Cap, fait modifier la Hacker: un 1,5l Toyota 130ch remplace la mécanique de moto.

Chapitre 4: le futur

En tant que pilote, Anquetil va disputer le Trophée Andros avec une Skoda ex-Villeneuve. Pour des raisons commerciales, elle est désignée comme une « 999Motorsports », bien qu’elle n’ait rien à voir avec la Hacker.

Quant au futur de 999Motorsports, c’est la Supersports, que nous vous avions présenté ici.

J-Cap n’ose pas encore annoncer de calendrier précis. 2012 sera avant tout une année de rodage.

Merci à Christophe Anquetil, N’Genering et Patrice Nouvel pour leurs précisions.

Crédit photos: 999Motorsports (photo 1, 10, 12, 13 et 14), Sébastien Bourdais (photo 2), FRD (photos 3 et 7), N’Genering (photo 4), Technical Studio (photos 5 et 6), ZIC (photo 8), Fior Concept (photo 9) et Thomas Vernhes (photo 11)

A lire également:
Brève rencontre: Spider Renault Sport
999Motorsports Supersport

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Notification de
avatar
wpDiscuz