Accueil Ferrari Décès de Sergio Scaglietti

Décès de Sergio Scaglietti

178
7
PARTAGER

Sergio Scaglietti est décédé hier à l’âge de 91 ans. Scaglietti, c’est l’un des astres du firmament Ferrari, aux côtés de Pinin Farina, Nuccio Bertone ou Leonardo Fioravanti, peut-être le plus éclatant de tous. C’est lui qui a créé, martelant l’aluminium comme un sculpteur le marbre, les formes des plus révérées de toutes les voitures frappées du cheval cabré.

L’histoire de Scaglietti est intimement liée à celle de Ferrari. Gamin modénais, sorti de l’école a 13 ans pour aller travailler et mettre le pain sur la table familiale, il s’embauche chez un carrossier à Maranello où il apprend le métier. Il y est repéré par hasard en 1939, alors qu’il a juste 19 ans, par Enzo Ferrari venu faire redresser un garde-boue et dont l’usine est à deux pas. Impressionné par la qualité du travail, Ferrari confiera des tâches de plus en plus importantes au jeune Scaglietti qui prend son indépendance en créant la Carrozzeria Scaglietti en 1951, toujours à Maranello où Ferrari le met en charge de créer des carrosseries pour ses voitures de course. Si c’est via cette activité que le carrossier est principalement célèbre, il créera également des Ferrari de route légendaires, son coup d’essai étant la 375 MM commandée par Roberto Rossellini pour son épouse Ingrid Bergman. On lui doit également la sublime 250 GT California.

Il fera une rare infidélité à son voisin de Maranello en carrossant en 1959 une Corvette pour le compte de Jim Hall. La voiture, au style très italien, ne sera pas du tout du goût d’Enzo Ferrari qui ramènera fermement Scaglietti à des préoccupations plus modénaises. Mais c’est avec la 250 Testa Rossa et surtout la 250 GTO que Scaglietti tutoie les anges. Nées de son oeil et de sa main, comme il aime a le dire, transcrites directement de l’imagination en formes d’aluminium sans passer par le crayon et le papier, ces deux autos catalysent mieux qu’aucune autre le concept de la voiture de course idéale, celle d’avant la dictature des aérodynamiciens, celle qui se fonde sur le précepte que la vitesse découle naturellement de la beauté. Ce n’est pas par hasard que ces deux modèles atteignent des sommes fabuleuses lorsqu’elles sont mises aux enchères.

Les relations entre Enzo Ferrari et Scaglietti furent profondes. L’Ingegnere, qui finança l’expansion du carrossier, lui confia son fils Dino en apprentissage. La légende veut que Dino soit, lors de son passage chez Scaglietti, l’inspirateur du fameux appui-tête fuyant qui caractérise les sport prototypes ouverts Ferrari des années cinquante.

Scaglietti restera à la tête de son entreprise jusqu’au milieu des années 80, l’ayant vendue entre temps à Ferrari. Luca di Montezemolo, conscient de ce que doit la marque à ce pilier de son histoire, lui rendra hommage en baptisant la 612 de 2004 Scaglietti. Il s’est fendu hier d’un chaleureux hommage pour ce compagnon de route historique d’Enzo: « C’est un triste jour pour Ferrari. Nous avons perdu un ami, un compagnon de voyage, un homme dont le nom est pour toujours associe au cheval cabré. Sergio Scaglietti laisse derrière lui l’oeuvre d’un artiste dont le talent est à l’origine de quelques unes des plus belles voitures de notre histoire. Ceux qui comme moi ont eu la chance de le connaître se souviendront de lui comme d’un homme droit et honnête, entièrement dédié à son travail. Il nous manquera ».

Source : Ferrari

Poster un Commentaire

7 Commentaires sur "Décès de Sergio Scaglietti"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
leelabradaauto
Invité
De L’hommage le plus distingué à l’hommage le plus humble ne suffiront pas, à l’heure du numérique et des pupitreurs informatiques pour évoquer, parler, vouloir résumer le génie des gens de la trempe de Sergio Scaglietti. Par bonheur, je connais encore, mais il en reste peu , des artistes qui ont le talent, mais qui n’atteindront pas le firmament, à cause de l’ère que nous traversons…. Qu’on aime ou pas Ferrari, ça n’a pas d’importance. Le monde entier de l’automobile va s’incliner à la mémoire de cet artisan devenu artiste. Tous les meilleurs artisans n’ont pas la reconnaissance des hommes.… Lire la suite >>
carrera6
Invité

Qu’il est loin le temps ou les tas et marteaux permettaient de former les carrosseries des Ferrari les plus mythiques dans ses ateliers. Merci Monsieur Scaglietti pour tous ces chefs d’oeuvres…
La fin d’un époque…

cycledelic
Membre

Bravo et merci pour ce chaleureux hommage. Scaglietti est un pilier de l’histoire de Ferrari et de l’histoire de l’automobile plus généralement. Paix à son âme.

TheWan
Invité
Hommage au grand homme qu’était M. Scaglietti. Cependant, si j’ai bien comprit votre réaction leelabradauto, de là à évoquer que tout l’arsenal électronique d’aujourd’hui empêche la réalisation d’artisans et de personnalités hors normes comme il l’était, je trouve cela bien triste. Un ordinateur, un marteau, un crayon, une pioche ou un silex, tout ces objets ne sont que des outils. Ce ne sont pas les outils qui font les chef d’œuvre, mais les hommes. Des hommes comme M. Scaglietti, des hommes brillants, il y en avait hier, il y en a aujourd’hui, il y en aura demain, pour continuer à… Lire la suite >>
leelabradaauto
Invité
@TheWan – Vous réagissez à la page d’une époque tournée que je souligne, il est vrai avec nostalgie. Par bonheur, vous me rassurez dans votre assertion qu’il y aura demain des jeunes gens qui seront les toliers formeurs créateurs de demain, ne serait-ce que pour le patrimoine automobile du siècle passé, j’en ai dans mon tout proche entourrage, qui sont capables.Mais… Les méthodes de travail ayant changé, le savoir faire , dans presque tous les corps de métier a disparu. Il n’y a hélas pas que moi pour l’avouer. Mon pragmatisme m’a hélas enseigné dans la vie professionnelle que plus… Lire la suite >>
wpDiscuz