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Osamu Suzuki se paye publiquement VW

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Il y a maintenant 18 mois que VW est devenu le plus gros actionnaire de Suzuki avec 19,9% des parts de l’entreprise japonaise. Le scénario était classique : le groupe conquérant qui absorbe le petit constructeur régional à la satisfaction de tous, l’acheté reconnaissant et l’acheteur magnanime, bienvenue dans la famille, etc. Grossière erreur d’appréciation. Osamu Suzuki, le patron de l’entreprise, est un souriant petit homme provincial à l’apparence affable et inoffensive, mais cache sous son air matois un farouche indépendant, un esprit libre à la volonté de fer qui n’a peur de rien ni de personne. La chose est bien connue au Japon depuis longtemps, mais l’information n’est apparemment pas arrivée jusqu’à Wolfsburg à temps avant la signature et Volkswagen n’a pas fini de s’en mordre les doigts.

Osamu Suzuki, comme d’autres dirigeants japonais importants, tient un blog sur le site du grand quotidien économique Nikkei où il dispense régulièrement ses pensées du moment. Il vient d’y écrire un post incendiaire que le site The Truth About Cars a aimablement traduit. Il s’agit d’une réponse on ne peut plus claire aux signes d’impatience des Allemands qui sont renvoyés dans leur buts sans ménagement.

Morceaux choisis :
« Dernièrement, les dirigeants de Volkswagen assurent à leurs actionnaires que Volkswagen peut influencer largement la politique d’entreprise de Suzuki. Je ne suis pas très à l’aise vis à vis de cette affirmation, étant donné que nos deux entreprises ont accepté de rester indépendants et sur un pied d’égalité lorsque nous avons signé l’accord de partenariat. Puisque les deux sociétés sont de tailles très différentes, les gens de Volkswagen ont pu acquérir l’impression erronée que Suzuki rentrerait dans leur giron. Il n’en est rien. Suzuki a signé l’accord sous la condition d’être partenaire à égalité. »

« Est-ce que Suzuki fait face à des difficultés immédiates ? Absolument pas. Nous avons pris connaissance des technologies de Volkswagen, mais n’avons rien trouvé de suffisamment intéressant pour être adopté immédiatement. Suzuki travaille sur ses propres technologies vertes. Nos ingénieurs acquièrent plus de capacités que je ne m’y serais attendu et développent des technologies étonnamment performantes. »

« Pour l’instant, et particulièrement pour les marchés importants comme les petites voitures et le marché indien, nous ne sommes pas pressés de collaborer avec Volkswagen. »

« Si nous avions besoin d’une technologie quelconque, nous avons la possibilité de demander à d’autres constructeurs avec lesquels nous bénéficions d’échanges de technologies. La fourniture de moteurs diesels par Fiat, qui vient d’être annoncée, en est un exemple. La course à la technologie s’intensifie dans l’industrie automobile. Le modèle de la simple participation au capital pour prendre le contrôle d’un autre constructeur ne pourra plus marcher. »

« Je suppose que beaucoup d’entre vous se demandent ce que va devenir la relation de Suzuki avec Volkswagen. Nous avons l’intention de continuer à dialoguer en toute sincérité avec notre partenaire pour bâtir une relation d’égal à égal. Après tout, c’était là l’objectif premier de se joindre à Volkswagen. »

« Je suis de plus en plus motivé face à de multiples challenges. L’urgence est de se remettre du tremblement de terre. Il faut s’en occuper MAINTENANT. Je ne suis plus très jeune, mais je suis prêt à continuer à travailler dur avec les employés de Suzuki. »

En d’autres termes: « Soyez content d’être actionnaire de Suzuki mais pour le reste foutez nous la paix. Nous sommes parfaitement capable de nous débrouiller tous seuls et nous avons d’autres choses plus importantes à faire que de nous occuper de vous en ce moment. Et si vous croyez que le vieux grincheux va bientôt partir sucrer les fraises ailleurs, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Je ne bougerai pas d’un iota. »

Vous avez entendu ce bruit ? Etait-ce l’ordinateur portable de Martin Winterkorn s’écrasant sur le mur de son bureau ou la tasse de café se fracassant dans la main de Ferdinand Piëch ?

Source : Nikkei via The Truth about Cars
Montage : PLR/le blog auto

Lire également:
Suzuki ne veut pas devenir une marque du groupe Volkswagen

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39 Commentaires sur "Osamu Suzuki se paye publiquement VW"

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jlgx
Invité

Quand Porsche vend plus de véhicules,mensuellement, en Amérique du Nord;que
Suzuki, le vieux grincheux devrait etre plus respectueux dans ses affirmations…

Mars Avril mai
Invité

[Edité pour non-conformité à la charte] Un actionnaire à 20%, reste un actionnaire à 20% et se pointer avec ses gros sabots (je connais très bien les entreprises allemandes rachetant des étrangers) n’est clairement pas la chose à faire avec des dirigeants qui en ont!

sunseeker
Invité

jlgx: Et la production de Porsche vs celle de Suzuki? Le nombre de Porsche vendues en Inde? Bref votre argumentaire ne tient pas la route. Suzuki est l’un des meilleurs constructeurs de petite voiture et la demande pour ce genre de vehicule va augmenter.

r.burns
Membre

Si VW a acheté 20% de Suzuki c’est parce qi’il est confiant en Suzuki

Donc le vieux il se victimise complètement, il n’a plus que ça pour tenter se faire valoir mais c’est de l’orgueil mal placé

Mars Avril mai juin
Invité

Il est certain que si ce monsieur baissé son pantalon ça t’aurai bien plus plu M. R.Burne

dallas
Invité

au moins il y a n’a un qui se rebelle! vw veut tout acheter et il en a les moyens…
certain on baissé les pantalons… d’autre résiste….

Mars Avril mai juin
Invité

Chut! M. Dallas, « Résister » en France c’est mal vu… faut gagner la guerre d’abord.

Pat
Invité

Cela ne veut rien dire, si on gagne la guerre d’abord, a quoi sert de résister ?????

Résister, c’est accepter d’affronter quelqu’un que tous le monde voient comme facile vainqueur.

Les allemands l’ont jouée comme avec un panzer dans les plaines de Russie. Ça risque de finir pareil pour eux.

Peut être un peu de psychologie et une approche plus douce (comme Renault avec Nissan ou Air France avec KLM) leur aurait éviter cette humiliation.

Frederic.E
Invité

je vois mal Winterkorn fracasser son PC Siemens contre le mur de son beau mais sévère bureau , par contre Piech piquer une colère noire et fracasser, non pas une tasse mais toute la machine à café Braun à grands coups de pieds, je le vois bien !
Pour le reste, joli article PLR. 😉

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