Accueil F1 Sebastian Vettel: baby boom

Sebastian Vettel: baby boom

404
4
PARTAGER

Plus jeune pilote à marquer un point, plus jeune pilote en tête d’un Grand Prix, plus jeune poleman, plus jeune vainqueur d’un Grand Prix: il semblait logique que Sebastian Vettel devienne également le plus jeune champion du monde de l’histoire. A Abu Dhabi, le pilote Allemand a donc remporté son premier titre (d’une longue série?) Paradoxalement, ce blondinet est aussi un pilote à l’ancienne: fidèle en amitié, prompt à remercier son équipe, souriant (l’inverse d’un certain Espagnol…), s’exprimant sans que son RP lui aie rédigé son discours et sans romance plus ou moins bidon avec une chanteuse  (contrairement à un pilote Britannique…)

On pourrait croire que Red Bull est une usine à champion. En fait, Dieter Mateschitz a rarement eu le nez creux.Vettel est à ce jour le seul pur produit Red Bull qui ne se soit pas liquéfié une fois arrivé en F1.

Son premier poulain fut Norberto Fontana, en 1997 (ci-dessous.) Il plaça l’Argentin chez son copain d’alors, Peter Sauber, où il effectua 4 courses à oublier.

Fin 2000, Mateschitz a trouvé un nouveau « grand »: Enrique Bernoldi. Peter Sauber a testé un jeune Finlandais qui affole les chronos alors qu’il n’avait piloté jusqu’ici qu’une FR 2.0. Mateschitz ne veut pas entendre parler de cet obscur « Kimi Raikonnen ». Il retire ses billes de Sauber et va avec son poulain chez TWR-Arrows. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Sauber a eu raison de ne pas écouter Mateschitz…

Sebastian Vettel nait à Heppenheim en 1987. Son premier héros s’appelle Michael Jackson, mais Vettel est conscient qu’il a une voix de casserole. Son deuxième héros est Michael Jordan, mais il lui manque des centimètres pour jouer au basket…

Au milieu des années 90, il entend parler d’un troisième Michael, Michael Schumacher. Dans son sillage, de nombreux jeunes Allemands veulent devenir pilote. Vettel, comme d’autres, se glisse dans un karting.

A 13 ans, première émotion: son idole lui remet la coupe!

En 2003, à 16 ans, il débute en automobile via la Formule BMW. Avec 5 victoires au compteur, le bilan est plutôt flatteur.

Notez qu’il était déjà suivi par Red Bull.

En 2004, il redouble et lance une O.P.A. sur la discipline: 18 victoires en 20 courses! Mario Thiessen, responsable de la compétition chez BMW, lui remet son titre de champion. Thiessen a sans doute du penser: « Je vais me souvenir de son nom, au cas où, un jour… » Il ne savait pas que ce « un jour » viendrait très vite…

En récompense de son succès, BMW lui offre un test chez Williams (alors partenaire du motoriste.)

En attendant un volant en F1 à temps plein, Vettel doit se contenter d’un Dallara/Mercedes de F3.

Il décroche 5 podiums en Euro F3 et un podium à Macao.

En 2006, il repart logiquement pour une campagne en Euro F3. Il est vice-champion, derrière son équipier, Paul di Resta…

Mais à mi-saison, Red Bull décide de le faire également disputer la WSR (actuelle FR 3.5.) Deuxième de sa première course, il est déclaré vainqueur suite au déclassement de Pastor Maldonado.

A Spa, il est victime d’un sale accident et manque d’y laisser un doigt. Ca ne l’empêche pas de disputer les Masters F3 de Zandvoort une semaine après.

En prime, chez BMW F1, Robert Kubica (jusqu’ici troisième pilote) a pris le baquet de Jacques Villeneuve. Thiessen place Vettel comme cobaye de l’écurie.

A l’époque, les doublures roulent le vendredi. Au Grand Prix de Turquie, l’Allemand devient à 19 ans le plus jeune pilote ayant disputé une séance officielle. 15 jours après, à Monza, il réalise un temps qui restera inégalé durant le week-end.

Vettel pensait sans doute que 2007 allait être dans le prolongement de 2006: WSR 3.5 et troisième pilote chez BMW F1.

Sauf que lors du Grand Prix du Canada, Robert Kubica sort violemment. Le Polonais se sent bien, mais les médecins lui conseillent de manquer la course suivante, aux Etats-Unis.
Vettel se retrouve titulaire. 7e aux essais, il termine 8e. A 15 jours de son vingtième anniversaire, il est le plus jeune pilote ayant marqué un point.

Au lendemain d’Indianapolis, le portable de Vettel fume! BMW, Ferrari, McLaren, Red Bull et d’autres veulent l’embaucher pour 2008! En prime, l’Allemand n’a pas de manager et il semble étranger aux questions monétaires.

Dieter Mateschitz sonne la fin de la récréation: Vettel est un pilote Red Bull, point. Tant pis pour Mario Thiessen, qui rêvait de le voir dans la voiture de Nick Heidfeld…

En fin de saison, Mateschitz juge que Scott Speed porte mal son nom. En conséquence, Vettel est parachuté dans sa Toro Rosso.
A Suzuka, il est le plus jeune pilote en tête d’un Grand Prix. Hélas, il s’accroche avec Webber (déjà…)
A Shanghai, il fait un autre festival et termine 4e.

En 2008, il a cette fois un baquet à temps plein chez Toro Rosso. Les résultats sont moyens: 6 abandons et deux 5e place à Montréal et à Spa. La presse Britannique ricane: « Il est où, le « baby Schumi »? »

Il leur répond à Monza: la pole le samedi et la victoire, sous la pluie, le dimanche. Évidemment, il empoche deux autres records de précocité au passage.

Quant à son équipier, Sébastien Bourdais, il semble carrément à l’arrêt.

Pour 2009, Red Bull lui offre une promotion dans l’équipe « A », Red Bull Racing. Très motivé, il n’a aucun complexe vis-à-vis de son équipier, l’expérimenté Mark Webber.

Après deux courses oubliables, Vettel s’affirme comme l’outsider de la Brawn GP de Button. Vainqueur à Shanghai, Silverstone, Suzuka et Abu Dhabi, il décroche finalement l’argent.

L’année suivante, Vettel se voit déjà champion du monde.

Vainqueur en Malaisie, il est régulièrement trahi par sa mécanique et par son propre enthousiasme. Alors que Webber, plus régulier, caracole en tête du classement.

A Istanbul, alors 3e, il tente un dépassement osé sur son équipier, 2e. L’Australien lui ferme la porte et les deux voitures s’éliminent.

Une deuxième victoire à Valence réussit à peine à le remettre en selle. Officiellement, tout va bien. En coulisse, Red Bull Racing est coupée en deux: Christian Horner et l’ensemble de l’équipe de F1 soutiennent Webber, alors que Mateschitz et ses éminences grises sont derrière Vettel. Contrairement à Button chez McLaren et à Massa chez Ferrari, Vettel n’a pas à s’effacer devant son leader.

En parallèle, Vettel n’a pas oublié BMW. Il pose avec Glock, Hulkenberg, Sutil et tous les anciens de la Formule BMW.

Notez que Mario Thiessen s’est fendu d’un communiqué de presse pour féliciter l’Allemand pour son titre.

En fin de saison, il reste en lice pour le titre, face à Webber, Alonso et Hamilton. Vainqueur à Suzuka et à Interlagos, il a largement profité des faux-pas de ses rivaux pour revenir au classement.

Lorsqu’il débarque à Abu Dhabi, on lui demande ce qu’il va faire pour aider l’Australien à être titré.

La suite, vous la connaissez: Vettel en balade à Yas Marina, jamais réellement inquiété par les autres prétendants. Il remporte sa dixième victoire et à 23 ans, il est le plus jeune champion du monde de F1.

A lire également:
GP d’Abu Dhabi: Vettel consacré

Poster un Commentaire

4 Commentaires sur "Sebastian Vettel: baby boom"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Pascal MICHEL
Membre

Sacré parcours quand même !

leelabradaauto
Invité

la course est un truc de fous, Mais ce fou là, malgré son jeune âge a ce sixième sens, celui de l’équilibre. Il roule comme un fou, mais il tient la route. Il démarre en 2010 son 1er titre. Il y en aura d’autres. Un grand bravo! c’est émouvant ce gamin déjà couronné.Oui l’avenir, c’est les jeunes!

Invité

Ce magnifique parcours c’est aussi se que j’aime chez des mecs comme lui et Hamilton ils ont gagné partout ou ils sont passés et ne sont pas arrivés en F1 grâce à leur portefeuille (même s’ils ont bien été aidés pour gravir les échelons au moins ils ont prouvés leurs talents sur la piste))

Enzo283
Invité

Un bien beau champion comparé à Hamilton: il a l’intelligence de rester discret et humble… Pour l’instant! J’espère que ca durera!

wpDiscuz