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Le Mans 2010 : mon analyse du duel Audi / Peugeot

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Un peu plus d’une semaine après l’édition 2010 des 24 Heures du Mans, la pression est retombée. Après vous avoir fait vivre la course sur Le Blog Auto, je me livre ici à une analyse à froid de la course, qui a vu cette année un duel Audi / Peugeot d’une intensité rare.

Un duel d’une intensité inégalée
Jamais le duel Audi / Peugeot n’aura été aussi fort. On l’a dit avant, pendant, mais il est important de le redire après cette édition 2010. Alors qu’en 2007, Peugeot découvrait Le Mans (avec la 908 s’entend), 2008 était le premier gros affrontement. 2009 devait être le grand combat, mais des R15 un peu limitées et des 908 très bien préparées ont limité la bataille. Qu’on se le dise, de ces 4 années de duel Audi / Peugeot, 2010 fut sans doutes la plus belle édition. Ce fut aussi la plus meurtrière, avec aucune 908 à l’arrivée. Un temps pourtant, j’ai cru que nous allions revivre le même schéma qu’en 2008. Rappelez-vous. Pendant cette édition, les Audi R10 sont plus lentes que les 908, et trouveront leur salut avec l’arrivée de la pluie. Mais toutes les Peugeot et toutes les Audi étaient à l’arrivée. En effet, les machines officielles avaient trusté les 6 premières places, montrant alors leur supériorité.

Alors oui, un temps j’ai cru que nous aurions un remake : les Peugeot, agées de 5 ans, sont fiabilisées, rapides, et iront au bout. Audi a eu un an pour revoir sa copie, elles iront au bout, aussi. Ma surprise, comme vous je l’imagine, est venue de cette hécatombe des Peugeot. La guerre entre les deux géants s’est transformée en une guerre d’usure fatale à Peugeot ! Peugeot a signé un quadruplé en qualifications et les 908 ont réalisé les trois meilleurs tours en course. A quoi bon ?

Depuis 4 ans, il faut s’y habituer, Peugeot est heureux de sa pole position, et c’est une véritable hystérie de photographes pour immortaliser l’équipage des poleman… Joli coup de pub du Maine Libre, qui a placé son logo avec les pilotes, profitant ainsi de cette frénésie aussi ridicule qu’inutile. Il faut un premier, il faut un dernier. Mais je trouve le principe de pole-position à l’opposé même de ce qu’est l’endurance de 24 Heures. A quand Q3, Q2 et Q1, comme en Formule 1 ? Je m’égare. Longtemps, comme je vous le disais, j’ai cru à un remake de 2008.

Samedi, 15h.
Là, je le tiens mon remake. Posté au bout de la ligne droite des stands, je fixe sur la pellicule la carte mémoire de mon appareil photo, le départ. Les Peugeot 908 sont devant, tranquilles. Elles déroulent. Est-ce la « douceur » du son du passage d’un diesel, ou la souplesse avec laquelle les pilotes Peugeot manœuvrent, mais à cet instant, je sais que les 908 sont invincibles. Elles n’auront pas de pépin mécanique, j’en suis sur, et à ce rythme (3:21, 3:22), elles auront battu le record de la vieille 917 à 13h30, demain !

C’était sans compter sur l’abandon de la 908 n°3, celle là même qui avait décroché la pole ! Pas même un tour en course pour Sébastien Bourdais, pourtant si heureux de sa pole ! Paradoxal. L’abandon de cette 908 en particulier remet tout en question. A 17h24, c’est donc l’attache de suspension qui est en cause, et bloque au stand, définitivement, la n°3. Si la 908 Oreca avait abandonné, je n’aurai pas été surpris. Soucis de air jack au Castellet, sortie (poussé) à Spa, le début de saison de la Peugeot Oreca est émaillé de soucis. Un de plus aurait été logique. Le Mans fera tout le contraire, préservant la n°4 le plus longtemps !

Bref l’abandon de la n°3, auquel j’assiste devant le box, remet tout en question, car il s’agit d’une voiture officielle. Une voiture sur laquelle il y a du monde, avec Lamy, Pagenaud, et Seb donc. Peugeot n’est pas infaillible cette année, je commence à la comprendre. Tom Kristensen part à la faute au Porsche en voulant éviter une oeuvre d’art roulante (la BMW M3 n°79). Je crois voir à ce moment une R15+ touchée, et condamnée à finir dans le ventre mou de la course, comme l’an passé… Mais en salle de presse, certains n’hésitent pas à murmurer… « la course est encore longue ». Après des photos et quelques aller / retour dans le paddock, le village, les hospitalités, mais toujours à l’affut de la course, je me passionne pour les Audi.

Audi mon amour
Excusez-moi par avance au service de presse Peugeot, mais j’ai toujours eu une admiration particulière pour Audi. Je ne sais pas si cela remonte à la R8C, de gris et de noir vêtue, ou aux magnifiques R8 de 2001, sous la pluie. Cela est peut-être du aux relais de folie de McNish, dont j’ai croisé l’espace d’un instant le regard au virage Playstation, en 2008… Non cela vient plutôt du look de Frank Biela, fumant dans le paddock, et de la disponibilité de Tom Kristensen, un monsieur Le Mans que l’on peut tutoyer.

Bref j’ai une attirance pour Audi, et alors que la nuit est plus qu’installée, je suis les chrono des n°7, 8 et 9. Elles tournent comme des horloges vous dis-je, vers 5 heures du matin, alors que je suis rivé à leurs temps. Là, j’ai des images de Truth in 24 qui passent par ma rétine, au moment ou mes yeux se ferment de fatigue. Je vois Howden Haynes, Ralph Jüttner et le Dr Ullrich… Un fait de course va arriver, j’en suis sur. Au petit matin, là ou les choses se gatent souvent, je m’attends à « quelquechose ». 7h02, voila mon « quelquechose » qui arrive. La Peugeot 908 n°2 abandonne, au début des Hunaudières, avec Franck Montagny au volant. A cet instant, la question est simple : quand va tomber la seule 908 restante.

Gené/Wurz/Davidson partiront à deux heures du terme, sur casse moteur, comme leurs petits copains français de la n°2. Mais l’essentiel est fait, au sortir de la nuit, les Audi sont en tête. D’ou doublé, le succès passe au triplé à 13h, une humiliation pour Peugeot. Encore tout chaud, Le Main Libre, avec sa traditionnelle liste des abandons, arrive en salle de presse à 8h. Bouclé à 2 ou 3 heures du matin, il titre judicieusement « Peugeot sous pression ». Effectivement oui. Le temps que la machine si bien rodée de l’impression de la presse se fasse, une 908 de plus aura rendu l’âme.

Une course au couteau
Je viens de vous le dire, j’ai un faible pour Audi, mais ce que j’aime par dessus tout, ce sont les belles histoires, les belles batailles, les beaux efforts. En ce sens, la course de la Peugeot 908 n°1 est sublime ! Beaucoup misaient sur la n°3. La n°2 était la chouchou du public, car 100% française. Mais comme l’an passé, c’est la voiture de Wurz et Gene (avec Davidson qui remplace Brabham) qui s’en sort le mieux. Une course superbe, notamment le dimanche matin, à la chasse aux Peugeot. 30 minutes après l’abandon de la n°2, Davidson entre dans la voiture, avec pour consigne d’attaquer, quitte à tout casser. Le petit Davidson, pas forcément l’homme le plus rapide au volant d’une Peugeot, car le moins expérimenté, tire fort, et fait descendre les chrono. Son dépassement trop viril sur Collard est à retenir, pour ne pas le reproduire, mais c’est surtout sa détermination qui fut superbe. Il faudra lui en reparler dans 10 ans, car ce relais, il s’en souviendra !

La n°1 rendra finalement l’âme, et les 3 Audi finiront, comme à la parade, se payant le luxe d’un triple ravitaillement. Un moment rare ! Marquant la fin d’une période de course à la puissance (ou plutôt à l’efficacité car la puissance est bridée par l’organisateur), cette édition marque le début d’une nouvelle ère de l’affrontement Audi / Peugeot. Comment va t-on tirer les leçons de cet échec chez Peugeot ? Les deux marques vont débarquer avec de nouvelles voitures en 2011. La 90X et la R18, de nouvelles auto pour un duel ou chacun sera, plus que jamais, à égalité. On remet ça en 2011 ?

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