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Essai nouvelle Toyota Auris : elle ne supporte plus l’indifférence

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Ma Toyota est fantastique mais tout le monde s’en fiche. En substance, c’est un peu le problème du constructeur japonais qui peine à imposer son Auris sur un marché européen dominé par les berlines compactes du segment C, où règnent des stars indétrônables comme la Volkswagen Golf, la Ford Focus ou encore la Peugeot 308. Le segment C, ce sont quelques trois millions de véhicules vendus chaque année soit à peu près une voiture sur cinq. La voiture principale d’un foyer provient le plus souvent de cette catégorie de véhicules, catégorie tout simplement la plus visible d’entre toutes sur nos routes compte tenu du nombre d’exemplaires en circulation et de la distance moyenne qu’ils effectuent chaque jour. Bref, le segment C est capital, y compris pour Toyota qui l’a bien compris en apportant pour l’année 2010 quelques modifications plus ou moins profondes pour son Auris, histoire de poursuivre sereinement sa carrière et si possible, de se faire définitivement un nom au sein de sa catégorie.

Mon nom est personne

Jusqu’en 2007, c’est l’incontournable Corolla qui occupait le segment C chez Toyota. Un véhicule qui pour sa dernière monture, faisait largement honneur à sa longue lignée et disposait d’excellents atouts face aux références du segment C. Seulement voilà, pour un produit aussi important que l’automobile et particulièrement dans cette catégorie, les qualités techniques du véhicule sont très loin de suffire à motiver l’acte d’achat. C’est précisément là que les choses se sont compliquées pour Toyota : en terme d’image, la Corolla était devenue transparente. Le constructeur japonais la remplaçait alors en 2007 par un tout nouveau modèle assorti d’un patronyme inédit supposé moins oubliable auprès des clients, pour donner un nouveau départ commercial à la japonaise.

Rebelote : Auris première mouture était unanimement décrit comme un produit tout à fait digne d’intérêt au sein de sa catégorie mais la fadeur de son style, la transparence de ses lignes et le manque de communication et de publicité autour de l’auto n’en ont pas fait un hit commercial. Alors, comment diable sortir de cette spirale infernale de l’oubli ? Pour Toyota, la réponse tient dans ce restylage de mi-carrière présenté à la presse à Barcelone.

Les équipes du constructeur japonais se sont donc creusées la tête pour rendre l’Auris plus désirable aux yeux des gens, en même temps qu’une amélioration substantielle de ses qualités techniques. Le résultat passe d’abord par un style extérieur revu : l’Auris première mouture était critiquée pour sa fadeur extrême et il fallait impérativement se débrouiller pour lui donner une gueule plus personnelle à moindre coût.

Le résultat est donc sous vos yeux, mais il faudra être très observateur si vous voulez rapidement faire la différence avec l’ancien modèle. Les boucliers avant et arrière sont redessinés, l’agencement des phares est revu et la calandre est élargie. La volonté était de sortir de la transparence, mais j’ai du mal à dire que le résultat répond à cet objectif. Auris n’est pas moche, ni vraiment belle : elle est seulement insignifiante sur le plan du style. Moins qu’avant ? A peine. Est-ce là un défaut objectif ? Certainement pas, mais il faudra compter sur autre chose pour décider la plupart des acheteurs, qui ne craqueront sûrement pas sur cette Auris en raison d’un coup de foudre esthétique.

Fort heureusement, l’Auris compte sur bien d’autres atouts que ses lignes. Une fois à l’intérieur, l’ambiance est certes un peu austère, mais l’ensemble est de bonne facture et l’agencement n’est pas vilain du tout. L’écran de navigation ( tactile ) aurait peut-être gagné à une intégration plus soignée avec le reste de la console centrale. Le plastique gris autour des leviers de vitesses et de frein à main aurait pu être mieux fini lui aussi, mais de manière générale rien n’est vraiment critiquable.

Par rapport à la précédente mouture de l’Auris, Toyota a voulu augmenter la qualité des matériaux et changer quelques détails de style. Le volant est nouveau et cède inévitablement à la mode du dessin sportif façon GT. Installé à son bord, on trouve facilement une bonne position de conduite et l’ergonomie semble excellente. L’habitabilité générale est également très satisfaisante.

Accelerator

Il est maintenant temps de  démarrer le moteur via la traditionnelle clé de contact. Après deux ou trois blagues faciles sur les emballements d’accélérateur qui font actuellement cauchemarder les têtes pensantes de tout le groupe Toyota, on note tout de suite une insonorisation absolument bluffante. Au ralenti, on se croirait presque dans une Prius électrique, même avec une version D4-D où le claquement du moteur est à peine perceptible. Une excellente insonorisation qui vaut aussi lorsque l’auto se met en branle : le niveau sonore est admirablement maîtrisé quelque soit la phase de roulage.

Le maniement de la boite de vitesse surprend au début par la fermeté qu’il nécessite, mais on s’y fait très vite. Le parcours choisi par Toyota, mêlant voies rapides barcelonaises et petites routes savamment tortueuses, était parfait pour mettre à l’épreuve les qualités dynamiques de cette nouvelle Auris. De ce coté-là, difficile d’y trouver à redire.

La suspension bénéficie d’un très bon tarage, mix bien dosé entre souplesse et fermeté. Dans les courbes serrées du petit village de Castellet ( rien à voir avec celui du Var ), l’Auris est parfaitement à son aise grâce à un train avant très précis et un châssis très efficace, même lorsque le rythme devient soutenu. La prise de roulis est toujours maîtrisée et les trains roulants se jouent de tous les virages. Rien à dire, la base est on ne peut plus saine, très largement au niveau des références du segment C. En fait, il manque simplement un moteur plus épicé pour s’ amuser vraiment : la gamme de motorisations de l’Auris 2010 reste très large ( deux blocs essence VVT-i de 99 et 132 chevaux, trois versions D4-D de 90, 126 et 177 chevaux ), mais les amateurs de cavalerie sauvage devront se contenter de la plus grosse variante diesel. Dommage, car le châssis ne demande sans doute qu’une meilleure dotation équine pour venir chasser sur le terrain des meilleures compactes sportives.

L’Auris 2010 progresse encore un peu en comportement dynamique par rapport à une précédente mouture déjà très efficace dans ce compartiment. En fait, les ingénieurs ont retouché l’amortissement et les suspensions. Elle ne craindra certainement pas une Mégane dans ce domaine. Seul point un peu désagréable à l‘utilisation, la course de la pédale de frein qui surprend par sa dureté. De quoi alimenter, là encore, quelques mauvaises blagues sur la situation de Toyota depuis les événements survenus aux Etats-Unis. Mais vraiment rien de bien méchant.

Le juste prix

L’inverse aurait été difficile à comprendre compte tenu du statut de l’auto dans une catégorie où elle cherche avant tout à trouver sa place : la nouvelle Auris est toujours très compétitive sur le plan financier. Les tarifs débutent à 17 600 euros avec le petit bloc essence 100 VVT-i en trois portes, et grimpent  jusqu’à 26 250 euros avec le gros D4-D 177. Disponible en quatre finitions différentes en fonction des motorisations choisies, l’Auris 2010 est toujours très bien placée par rapport à ses concurrentes à équipement et motorisation équivalente.

L’hybride pour se faire un nom ?

Cette nouvelle Toyota Auris possède toutes les qualités de la parfaite berline compacte du segment. Ses qualités dynamiques sont excellentes, l’habitabilité est bonne et la vie à bord est plutôt agréable. Son placement tarifaire est très serré et l’auto est bien dotée mécaniquement avec des moteurs efficients même si le vrai amateur de sportivité restera sur sa faim de ce coté là.

Mais il subsistera probablement un problème d’identité pour cette Auris qui malgré son restylage, reste furieusement transparente dans un segment où certains se plaisent à afficher leur Golf. A voir si les grandes campagnes de communication et de publicité prévues par Toyota France pour le lancement commercial de l’Auris restylée parviennent à améliorer sa visibilité dans sa catégorie. Comment faire pour faire bouger les choses ? La vraie solution tient peut-être en cette nouvelle variante présentée à Genève et commercialisée dès cet été en France : l’Auris HSD, une version hybride reprenant le groupe motopropulseur essence / électrique de la Prius mais vendue nettement moins chère puisqu’on parle actuellement de 20 000 euros en entrée de gamme avec le bonus déduit. Une berline compacte « normale » full hybride, c’est une grande première dans la production automobile et cette avant-garde permettra peut-être à l’Auris de marquer enfin son territoire face à ses concurrente.

Son salut pourrait ainsi provenir de ses qualités écologiques à défaut du sport, puisque Toyota ne semble par ailleurs pas vraiment disposé à se lancer dans le développement d’une variante très sportive comme il en existe chez Ford avec sa Focus RS, Renault avec sa Megane RS, Seat avec sa Leon Cupra R ou encore Volkswagen avec sa Golf R. Le genre de produit certes sans grand intérêt commercial, mais bien utile pour dynamiser son image : le seul problème qu’il manque actuellement à l’Auris pour s’imposer définitivement.

Galerie : Essai Toyota Auris 2010

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