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Rétromobile 2010: Mercedes SLS 1953

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Mercedes est un habitué de Rétromobile. Cette année, pour capitaliser sur le lancement de la SLS, ils ont dévoilé cet homonyme de 1953. Il s’agit d’un prototype de la fameuse 300SL « papillon » et à l’époque, elle n’avait pas été présentée au public.

En 1952, Mercedes faisait son grand retour en compétition, avec la 300SLR (W 194.)

Il y avait d’une part une motivation commerciale. Dans l’entre-deux guerres, Mercedes vendait presque exclusivement en Allemagne. Désormais, elle voulait exporter. Le championnat du monde des marques (futur championnat du monde de sport-prototype), avec ses courses en Amérique et en Europe, était un excellent vecteur de communication.

De plus, dans les années 30, les observateurs Anglais, Français ou Italiens disaient que si les Mercedes (et les Auto-Union) les battaient, c’était uniquement parce qu’ils disposaient des finances illimités de l’Allemagne nazie.
Mercedes voulait donc prouver qu’ils pouvaient gagner sans les nazis.

La chance de Mercedes, c’était une fenêtre idéale. Delahaye et Talbot étaient déjà au bord de la faillite et ils ne comptaient plus que sur les privés. Ferrari et Porsche n’en étaient qu’à leurs balbutiements. Quant à Aston Martin et Jaguar, ils ne viendront que plus tard.
D’où une marche triomphale des 300SLR en 1952 et 1953. Avec quelques coups de chance, comme au Mans 1952. Pierre Levegh (Boullin pour l’état-civil) mène tout seul la danse avec sa Talbot. Mais à la 23e heure, il passe le mauvais rapport (une faute d’inattention due à la fatigue?) Surrégime, abandon et un doublé sur un plateau d’argent pour la marque à l’étoile.

La 300SLR aurait du rester une voiture de sport-prototype. Rudolf Uhlenhaut, le directeur technique de Mercedes en avait néanmoins fait construire deux de série.

Max Hoffman, l’importateur Américain, aurait fait savoir qu’il y avait un marché pour une GT dérivée de la 300SLR. Il fait pression sur l’usine, qui développera la 300SL (W198) et la 190SL (W121.)

La 300SL fut vendue à un prix astronomique: 29 000 DM, à comparer au 7 900DM demandés pour une 170. Pourtant, il s’agissait d’une version « simplifiée » de la 300SLR.

La SLS de 1953 fut donc le chainon manquant entre les deux voitures. Stylistiquement, on retrouve ainsi les échappements latéraux et les baquets à motifs écossais de la 300SLR. Par rapport à la 300SL, le plus visible est l’avant, ce capot qui descend jusqu’à la calandre et l’absence de nervure sur les ailes.
Fait curieux: sur le coffre, il est inscrit « 300 SL » et non pas « 300 SLS ».

Et donc, le 6 février 1954, la 300SL telle qu’on la connait, débutait au salon de New York.

Mercedes en a apporté une à Rétromobile.

Personnellement, j’aime 1000 fois mieux la « vraie 300SL ». D’habitude, les voitures de série ont un design plus timide, voir plus anguleux, que les prototypes. Ici, c’est l’inverse.

De la même façon, je n’aime pas la SLS AMG (également présente à Rétromobile): trop massive. Au moins, aujourd’hui, j’aurais appris que sa calandre s’inspire de celle de 1953!

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Mercedes, Mercedes, Mercedes!

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