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Grand Challenge d’Alès : réinvention réussie du sport automobile

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La course automobile sur circuit, c’est fun. Le rallye, c’est tout aussi amusant et même très joli à observer. Seul problème, ces deux disciplines sportives semblent à peu près impossibles à concilier, même pour Kimi Raikkonen. Et pourtant, il existe un endroit en France où en plus d’avoir de bonnes idées et des infrastructures capables de se plier à la plupart des utilisations sportives automobiles, on a carrément réussi à associer piste et rallye pour proposer un défi réellement intéressant à suivre. Petit retour sur la seconde édition du Grand Challenge d’Alès qui s‘est tenue le week-end dernier.

Au Blog Auto, on commence à bien connaître le pole mécanique d’Alès. Formidable outil pour les professionnels du sport automobile, il est surtout localisé dans l’un des endroits en France où la passion de l’automobile est probablement la mieux répandue. Dans une région équipée d’une sorte de microclimat où gravitent tout un tas de pilotes avec pour meilleurs représentants Romain Dumas ( fer de lance de Porsche en compétition, pigiste de luxe pour Audi aux 24 Heures du Mans ) et Stéphane Sarrazin ( membre incontournable de l’escadron Peugeot Sport ).

Au milieu de ce complexe, un grand circuit vallonné et technique accolé à une piste de rallye asphalte en forme de toboggan où nous essayions récemment la dernière Renault Clio RS.

La brillante idée des organisateurs est tout simplement de combiner le circuit avec la piste rallye en traçant une boucle qui utilise d’abord la partie circuit et son revêtement lisse et plat, puis qui bascule sur le tarmac bosselé, étroit et plus ou moins dégradé de la spéciale rallye. Un parcours semé d’embûches qui impose de choisir précisément quelle sera la monture la plus homogène sur les deux tracés ( le choix des voitures est complètement libre ), condition nécessaire pour terminer chaque passage chronométré en tête. Celui qui remporte le Grand Challenge est logiquement celui qui réalise les quatre passages du week-end le plus rapidement ( les temps sont cumulés ).

Select your car

Devant la grande liberté réglementaire, chaque challenger venait présenter une arme différente. Certains venaient simplement s’amuser au volant de petites citadines sportives plus ou moins préparées. D’autres se régalaient en vieille Ford Escort ou BMW Série 3 Coupé.

Enfin, les plus sérieux de la petite centaine d’autos engagées opéraient des choix stratégiques très variés. Parmi eux, un essaim de Caterham. Eric Helary, Nicolas Bernardi ou encore Vincent Beltoise privilégiaient ainsi le light absolu pour attaquer le Grand Challenge. En face d’eux, une poignée de WRC très bien préparées. Stéphane Sarrazin -second l’année dernière lors de la première édition- n’a pas refait le déplacement et pour le remplacer, un duo de 307 WRC pilotées par Alexandre Bengué et Fabrice Morel. D’autres enfin, tentaient leur chance au volant de surpuissantes montures issues du rallycross.

Bref, difficile de prévoir quel allait être le meilleur choix pour affronter le Grand Challenge, surtout dans des conditions aussi changeantes qu’en ce week-end alternant beau temps le samedi puis froid et pluie le lendemain.

Ringmeister

Au final, c’est Romain Dumas qui l’emportait de très peu au volant de sa 911 GT3 Cup. Lui le local du circuit et qui connaît par cœur le tracé de l’épreuve, avait déjà triomphé l’année dernière face à la 207 WRC préparée par Peugeot Sport pour Stéphane Sarrazin. Les choses ont quand même été beaucoup moins faciles cette année puisque Romain Dumas ne retrouvera sa première place au classement général qu’après le tout dernier passage, avec une avance finale de seulement 2,9 secondes sur la 307 WRC d’Alexandre Bengué, lui-même seulement quatre dixièmes devant la seconde 307 WRC.

Romain Dumas avait hésité à revenir avec la Porsche, estimant qu’elle devait être un peu juste face à une concurrence devenue plus féroce. Ses soupçons semblent se confirmer : il ne doit probablement sa nouvelle victoire qu’à un talent rare et à une connaissance parfaite du tracé, chose qui faisait défaut à Alex Bengué. L’année prochaine, ce sera logiquement encore plus dur et la Porsche sera sans doute cette fois insuffisante face à une WRC idéalement préparée. Dumas l’a bien compris et a annoncé qu’il reviendra avec une autre mouture que la Porsche. Question intelligente : quelle est la voiture idéale pour se plier à cet exercice avec la plus grande efficacité possible? Une Radical SR8? Une Caterham CSR260 préparée? Une Exige modifiée ? Le but du jeu est forcement de rouler le plus vite sur la partie circuit en perdant le moins de temps sur la partie rallye. C’est ce qu’a réussi Dumas cette année, même si les WRC dominaient largement la partie rallye.

Une chose est sûre : le concept sur la polyvalence sportive est juste génial et la liberté réglementaire totale autorise une appréciable diversité mécanique qui permettait cette année de côtoyer des autos toutes bien différentes les unes des autres. Ajouté à la gratuité pour les spectateurs et à l’ambiance chaleureuse même malgré une météo affreuse, ça donne un événement unique qui mérite de grossir encore et encore. Ne serait-ce que pour voir comment se comportent toutes ces autos face à une telle épreuve…

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