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La Datsun 240Z Baja de Pete Brock

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Après le Ford Bronco avec caravane et l’Oldsmobile 442, voici un troisième véhicule étonnant vu en baja. Cette Datsun 240Z signée BRE (Brock Racing Entreprise) a disputé la Baja 1000 de 1972.

L’histoire de Pete Brock (à ne pas confondre avec le pilote Australien Peter Brock) débute en 1955. Cet étudiant passionné de course auto s’ennuie à l’université de Stanford. Il faut avoir 21 ans pour courir et il n’en a que 19. Que faire d’ici là? Un jour, il entend parler d’une école de « design automobile près de Los Angeles » (en l’occurrence l’Art Center School de Passadena, ZE école de design US.) 800km en voiture plus tard, il frappe à la porte du bureau d’admission: « Vous avez un book à nous montrer? – Un quoi? » Il disparait, revient une heure après avec un classeur noirci de dessins de hot-rods et est admis!

A la fin du semestre, l’école lui tend une facture. Il n’a pas de quoi payer. Un recruteur de la GM (Chuck Jordan, futur patron du bureau de style) passait par là. Brock lui explique ses soucis financiers et Jordan l’embauche!

A 19 ans, Brock a ainsi le privilège de travailler pour Harley Earl (premier vrai patron d’un bureau de design) et son adjoint Bill Mitchell (qui prendra sa suite à la fin des années 50.) Un soir, Earl vient le voir et lui demande ce qu’il pense des voitures de General Motors. Culotté, ce débutant lui explique que côté design, GM est dans le faux et qu’il leur faudrait une voiture plus petite.
Impressionné par cet aplomb, Earl confie à Brock un projet de « voiture pour étudiants », la Cadet (aucun lien avec l’Opel Kadett.) GM n’en veut pas, mais elle préfigurera la Corvair. Notez aussi la partie arrière qui annonce la Corvette C2.

Peu après, Bill Mitchell organise un concours interne pour imaginer la remplaçante de la Corvette. La proposition de Brock est retenue. Ce sera la future Stingray. Elle débute en course à la fin des années 50 sous le nom de « Stingray racer ». Hélas, peu après, Chrysler, Ford et GM s’engagent à renoncer à la compétition. Brock claque la porte.

En 1960, il investi ses économies dans une Copper-Monaco qu’il pilote en SCCA. Pour vivre, il travaille pour son préparateur, Hollywood Motors. Caroll Shelby arrive chez Hollywood Motors pour tenter de convaincre le patron, Max Balchowsky, de construire avec lui une voiture de course.
Balchowsky refuse. Alors Shelby monte une école de pilotage et il prend Brock comme pilote.

Plus tard, Shelby fait courir des Cobra. Brock le persuade qu’avec une carrosserie profilée, la Cobra serait redoutable. Cela donnera la Cobra Daytona de 1964. Ironie de l’histoire, son homonyme, Peter Brock, se tuera à bord d’une Cobra Daytona.

En 1965, Shelby postule pour sous-traiter la GT40. En parallèle, il fait construire une voiture en vue des 24 heures du Mans 65. Shelby remporte le contrat de la GT40 et la type 65 est oubliée.

Brock n’a pas sa place dans le programme GT40. Alors il quitte Shelby et fonde sa propre structure, Brock Racing Entreprises. BRE débute avec l’engagement d’Hino Contessa en SCCA, sous la bannière du « Sumarai Racing ».
Puis BRE construit un projet plus ambitieux: la sport Samurai. Objectifs: le Grand Prix du Japon 1967 et les 24 heures du Mans.

Mais les tuiles s’enchainent. Au Grand Prix du Japon, la Samurai est disqualifiée pour garde au sol insuffisante. Peu avant, le président de Hino est mort et sa firme fut absorbée par Toyota.

Brock présente à Toyota un nouveau projet, la JP6, qui deviendra donc une Toyota. Mais le constructeur décide de confier le projet (ainsi que l’engagement en course des 2000 GT) à Caroll Shelby (proche de Yamaha, qui a conçu la 2000 GT.)

Pour faire enrager Toyota, Brock souhaite faire courir des Datsun. Il pense que le roadster Fairlady peut faire une bonne voiture de course. Mais il découvre que l’actuel team Datsun aux Etats-Unis est géré par le gendre d’un des responsables de Datsun USA! Donc, pas question de monter une équipe concurrente.
Brock fait jouer son carnet d’adresse et il se trouve que son ex-contact que Hino est un ami d’enfance du président de Nissan. Ce dernier donne deux Fairady roadster au BRE et d’emblée, elles triomphent en SCCA.

Le BRE devient le représentant exclusif de Datsun en course, pou les Etats-Unis. En 1970, ainsi, ils ont la primeur des nouvelles 240Z.

John Morton (à droite), pilote emblématique du BRE, moissonne en SCCA.

En 1971, la TransAm crée une catégorie « 2,5l ». Le BRE y engage des Datsun 510 et elles remportent deux titres consécutifs, malgré la présence de BMW et d’Alfa-Romeo « usine ».

En parallèle, le BRE est présent en baja. Pour la première édition de la Baja 1000, en 1967, le BRE engage une 510 4 portes pour une ex-motarde.

L’équipe devient un concurrent régulier des baja. Les coupés 510 arrivent, mais elles sont trop fragiles. L’usine Nissan refuse d’écouter les doléances de Brock. Ils ne vont quand même pas prendre des leçons d’un gaijin, non?

Pour la baja 1000 1972, Brock a un nouveau projet: une 240Z surélevée, avec des pneus tout-terrain et équipée de longues portées. Brock la pilotera lui-même.

Il fut peut-être inspiré par la victoire au Safari Rally 1971 de la 240Z pilotée par Edgar Hermann.

La 240Z fut avant tout un succès publicitaire.

En piste, en revanche, Brock ne put rien faire face à Bill Stroppe et son invincible Bronco « Big Oly ».

Ensuite, le BRE connait de nouveau une période de galères. Après les deux titres des Datsun BRE, la TransAm liquide la catégorie 2,5l et avec la crise du pétrole, Datsun décide de se retirer de la compétition.

Le BRE tente alors d’engager une Lotus/Ford de F5000 pour John Morton. Mais après deux courses, il détruit la voiture et Brock n’a plus les moyens de la réparer. Le BRE est liquidé.
Pour l’anecdote,la Lotus/Ford fut ensuite féraillée, mais une voiture portant le même numéro de châssis est réapparue il y a quelques années…

Quant à la Datsun 240Z de Baja, elle fut restaurée et Brock a même pu en reprendre le volant:

Source:
Brock Racing Entreprises

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