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Chine: les différents degrés de la copie

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Vous avez sans doute déjà reçu un diaporama Powerpoint avec un florilège des voitures Chinoises. Ainsi, toutes leurs productions seraient des copies. En fait, il y a toutes une série de situations, qui vont de la production avec l’accord du constructeur, jusqu’à la copie pure et simple.

Voici les 8 cas principaux. Sachant que certains constructeurs peuvent rentrer dans plusieurs catégories.

Ainsi, Zotye produit son SUV avec l’outillage d’une ex-usine Thaïlandaise du Dahatsu Terios (cas N°6), sans rien payer à Daihatsu. Pour son Multiplan, il a racheté l’outillage à Fiat et le produit avec l’accord du constructeur (cas N°3.) Quant à sa Jiangnan, c’est un clone de l’ancienne Suzuki Alto (cas N°7.)

De même, les constructeurs Chinois ont un rapport complexe. Les uns disent, pour paraphraser Valérie Lemercier: « Et c’est moi qui l’ai fait! » Alors que d’autres avouent carrément: « Oui, c’est une X, mais made in China! »

1. Les joint-ventures

Une usine BMW en Chine? Rassurez-vous, le constructeur Bavarois est au courant. Il est même actionnaire de l’affaire.

La législation Chinoise est très protectionniste. Les importations sont surtaxées et si un constructeur veut produire sur place, il doit s’associer avec un constructeur local. Ainsi, la voiture ci-dessus est une Brilliance-BMW. Ce qui ne veut pas pour autant dire que Brilliance est une filiale de BMW. La plupart des grands constructeurs sont aujourd’hui présents en Chine à travers des joint-ventures (souvenez-vous du schéma…)

2. Production sous licence

On dirait un Hyundai Sante Fe ancien modèle, non? Pourtant, c’est un Huatai Santa Fe (depuis, la marque est devenue « Hawtai »)!

En fait, Huatai/Hawtai assemble des SUV Hyundai sous licence. Un constructeur étranger ne peut avoir plus de 2 joint-ventures en Chine. La production sous licence permet de contourner la loi. D’ailleurs, dans certains cas, le constructeur étranger est actionnaire minoritaire du constructeur Chinois (ce qui est le cas entre Hyundai et Huatai/Hawtai.)

3. Le recyclage

Les constructeurs qui possèdent des joint-ventures avec les étrangers ont souvent des marques propres atrophiées.

Pour produire sous leur propre marque, la solution de facilité consiste à reprendre à son compte un modèle dont le partenaire ne veut plus. Ainsi, à la fin des années 90, VW décidait que l’Audi 100 avait fait son temps. Hong Qi, son partenaire, en a poursuivi la production, sous son propre badge, avec l’accord de VW.

4. L’aide technique

Vous ne trouvez pas que cette Haima 2 a de faux airs de Mazda 2?

Néanmoins, le service juridique du constructeur Japonais reste calme. Et pour cause: Mazda a aidé Haima lors de la conception du modèle.

5. Les licence non-payées

C’est une dérive « grise » du cas N°2. Le constructeur Chinois produit un modèle sous licence, puis il y apporte quelques changements. Alors, il considère que c’est désormais « sa » voiture et qu’il n’a plus a rémunérer le constructeur étrangers.

C’est le cas de cette Xiali N3, qui était à l’origine une Daihatsu Charade.

6. L’outillage trouvé

C’est un cas proche des cas N°3 et N°5. Le constructeur met la main sur une usine en faillite. Il déménage son outillage en Chine et produit le modèle autrefois produit par l’usine.

D’où cette Chery Windcould, issu d’un projet mort-né de production de la Toledo au Brésil.

Ce n’est pas légal, mais ce n’est pas pour autant une copie stricto sensu.

7. La copie pure

Là, pas de doute, ce Shuguang Aurora est un vil clone du Ssangyong Rexton. Le constructeur Coréen n’a pas participé à sa conception et Shuguang ne lui a jamais donné un cent pour produire ce véhicule.

La pratique tend tout de même à disparaitre, car les Chinois ne sont pas dupes du fait que c’est une copie. En plus, si les juridictions Chinoises ferment les yeux, les constructeurs Chinois ont bien compris que s’il met une roue à l’étranger, le constructeur floué l’attend.

8. Le mash-up

Il prend le pas sur le cas N°7. Les constructeurs pensent qu’en empruntant des éléments à droite et à gauche, ils peuvent se prémunir des poursuites. Il est vrai qu’en général, parmi les copiés, un seul ose se plaindre et il est plus compliqué de hurler à la contrefaçon lorsqu’on ne vous a repris qu’une cellule centrale ou un avant.

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