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Essai Ford Focus RS : Born to be wild (3/3)

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Si je devais résumer la Focus RS en quelques mots, je dirais que peut importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse… Et pourtant, au démarrage, on pourrait presque la prendre pour une voiture sage.

En effet, si on n’utilise pas toute la course de la pédale d’accélérateur, le cinq cylindres s’avère très discret et doux, autorisant un usage civilisé. Elle n’est toutefois pas très à son aise en ville, du fait de son rayon de braquage catastrophique et de ses suspensions plutôt sèches. Ce n’est pas inconfortable mais on est loin du pullman, surtout sur des pavés défoncés comme ceux qui ornent le devant du château de Versailles. Il paraît que c’est pire à l’arrière, dixit les malheureux passagers qui ont testé la chose.

A ces allures raisonnables, une accélération un peu plus franche en ligne droite impose de sensibles remontées de couple dans le volant, laissant craindre le pire pour la suite, plus réjouissante, du programme. En effet, il est temps d’attaquer les petites routes tortueuses, qui révèlent vraiment la Focus RS. L’horizon étant dégagé, on appuie à fond et le moteur révèle son tempérament. Bien sûr, il est dérivé du placide cinq cylindres Volvo. D’ailleurs, on en reconnaît un peu le timbre. Mais si la sonorité se faisait feutrée et élégante dans ce break de luxe qu’est le V70, elle est ici caverneuse et… carrément sauvage !

Ici, la Focus RS ne se laisse plus aller à une certaine mollesse politiquement correcte, qui peut être utile dans un centre-ville peuplé. Elle vous catapulte littéralement de virage en virage avec une efficacité diabolique. S’il faut tout de même se cramponner au volant, rapport aux remontées de couple, on est bluffé par la motricité, qui arrive à passer au sol les 305ch sans glisser ou presque et avec des à-coups au changement de rapport tout ce qu’il y a de plus raisonnable. Il faut dire que les Continental ContiSportContact plutôt tendres sont d’une précieuse aide.

Arrivent les enchaînements de virages serrés voire très serrés. Dans ces conditions la RS démontre avec un brio époustouflant qu’elle n’est pas juste une Focus avec un gros moteur. L’adhérence est diabolique et les vitesses de passage en courbe vous centrifugent. Merci les renforts latéraux des Recaro, qui vous évitent de vous écraser contre la vitre. Bizarrement, en réaccélérant les roues légèrement braquées, juste après le point de corde, les remontées de couple dans le volant disparaissent totalement. Les efforts conjuguées du train avant à pivot découplé, du différentiel à glissement limité et certainement de la suspension alors en compression et donc moins sensibles aux imperfections du revêtement.

Manque d’habitude au premier virage, on est un peu timoré. Au deuxième, on freine plus tard et on s’aperçoit que le freinage est à la hauteur du train avant, ce qui est un extraordinaire compliment. Sachant cela, il est temps de s’amuser vraiment, en enchaînant les lacets à des vitesses incroyables, bercé par les grondements du cinq cylindres. Quelle que soit la route, la Focus RS reste saine et équilibrée. Facile à rattraper en cas de pépin, elle demande toutefois de la rapidité. En effet, si vous dépassez les limites d’adhérence, c’est que vous allez déjà très, très vite.

Il convient donc de féliciter Ford d’avoir réalisé une vraie sportive, totalement utilisable et au rapport prix-comportement imbattable. Vendue 33 650€ (sans compter le malus écologique de 1600€). Elle s’affiche environ 10 000€ de moins que ses rivales japonaises à transmission intégrale. Attention toutefois, qui dit sportive de haut niveau dit budget en conséquence. Ainsi, la moyenne de notre essai (moitié dynamique, moitié pépère) s’est élevée à 18l/100km. Quant aux pneus, déjà bien entamés au bout de 5000km, ils se négocient 250€ l’unité. La Focus RS a finalement un intérêt limité en usage quotidien. Mais sur des petites routes façon spéciale de rallye, elle n’est sans doute pas loin d’être l’arme ultime.

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