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Brève rencontre: Mercedes C112

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Lorsque le public la découvrit au salon de Francfort 1991, le projet C112 était déjà au placard. Dans une Allemagne dont l’absorption de la RDA tournait à l’indigestion, le potentiel commercial d’une supercar était plus qu’incertain. Alors, officiellement, la C112 n’était plus qu’un banc d’essai à roulettes. Le symbole d’un bref passage à vide de Mercedes.

Depuis le fameux accident du Mans en 1955, Mercedes n’osait plus venir sur les circuits. Son retour s’est fait presque par hasard. Peter Sauber cherchait une soufflerie pour tester ses Groupe C. Il se rendit chez Mercedes et en profita pour demander le V8 des 500SLC de DRM. En 1987, Sauber engagea au Mans des voitures équipées du moteur des 190 groupe A. En 1988, Mercedes en fit son team « usine » et les voitures de prendre la couleur des fameuses « flèches d’argent ». Fin 1990, le bilan est d’une victoire au Mans, 2 titres pilotes et 2 titres constructeurs.

Mercedes se prend alors à rêver de F1 et d’une supercar dérivée des protos du Mans. Karl Hoel parti d’un châssis monocoque en aluminium, équipé d’un arceau cage. Bruno Sacco lui dessina une ligne proche des groupe C avec quelques clins d’œil à l’histoire de la marque (portes papillons façon 300 SL, phares avant façon C111, etc.) et surtout une faible trainée aérodynamique.

Sous le capot, un V12 6,0l de 408ch. Ce bloc en aluminium est alors le plus puissant de la production. Il permet à la C112 d’abattre le 0-100km/h en 4,9 secondes et d’atteindre 307km/h. Tout est inédit, sauf les suspensions arrières, issues de la Classe S. Elle ne possède ni coffre, ni roue de secours, mais Mercedes l’a équipée d’un autoradio Blaupunkt Mexico.

Le temps que le projet aboutisse, la conjoncture économique a bougé. Plus question de dépenser sans compter. Mercedes quitte le sport-proto (tant pis pour la C292 ci-contre) et ne soutient que de loin l’arrivée de Sauber en F1.

La C112 n’est plus qu’un laboratoire roulant. Effectivement, elle disposait de l’Active Body Control (qui ajuste les suspensions au terrain), ainsi qu’un ABS avec ASR (alors inédit.) Au salon de Francfort, 700 acheteurs se seraient manifestés. Mais Mercedes restait inflexible: plus question de la produire en série. De toute façon, en 1996, la marque présentait la CLK-GTR, qui fut produite. Et d’aucun oublièrent la C112.

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