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F1: Fuji et Budapest sur la sellette

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D’ordinaire, un circuit retiré du calendrier du F1, c’est triste. Deux, c’est encore pire. Sauf lorsqu’il s’agit du Fuji Speedway et du Hungaroring, deux des circuits les moins intéressants du championnat.

Le Fuji Speedway possède une histoire tortueuse. Au milieu de années 60, Nascar Japan souhaite construire un anneau en vue d’accueillir la discipline Américaine.
La société fait faillite alors que seules une ligne droite et un demi-virage sont bâtis. Mitsubishi Estate rachète les lieux. Don Nichols (ex-agent de la CIA et futur fondateur de l’écurie Shadow) est embauché pour créer un tracé « routier », avec l’aide de Stirling Moss.

Au milieu des années 70, la F1 souhaite aller au Japon (son industrie automobile étant en plein boom.) Le mont Fuji n’a accueilli que des courses locales, mais les F1 y débarquent en 1976.

L’épreuve est marquée par des pluies torrentielles et Niki Lauda (Ferrari) préfère renoncer après 3 tours, du coup, il offre le titre à James Hunt (McLaren.) Notez que le vainqueur fut Mario Andretti (Lotus.)

En 1977, James Hunt s’impose. Mais la course est surtout marquée par l’accrochage Ronnie Peterson (Lotus)-Gilles Villeneuve (Ferrari.) Le Québécois perd le contrôle de sa voiture et fauche 2 personnes.

Amateurisme de l’organisation (faute de chronométrage fiable, personne ne connait réellement le meilleur tour 1976), dangerosité de la piste, site trop pluvieux… La F1 quitte Fuji sans regrets et le Grand Prix du Japon ne reviendra qu’en 1987 et à Suzuka.

Toyota racheta le circuit et fit du lobbying pour l’intégrer au calandrier de F1 (au dépend de Suzuka, propriété de Honda.)

Le tracé est redessiné par Hermann Tilke (proche de Bernie Ecclestone) et la F1 y revient en 2007. Le Grand Prix fut marqué par de fortes pluies, avec de nombreux tours derrière le safety car. Lewis Hamilton (McLaren) surnagea. Alors que les griefs de 1976-1977 étaient presque tous encore d’actualité.

L’année suivante, ce fut à Fernando Alonso (Renault) de s’imposer, tandis que les deux candidats au titre (Felipe Massa, sur Ferrari et Hamilton) commettent erreurs sur erreurs.

Pour 2009, Suzuka obtint une alternance. Néanmoins, Fuji a annoncé qu’il abandonnait de nouveau la F1. En prévision d’un retrait de Toyota?

Le tout premier Grand Prix de Hongrie eu lieu dans les rues de Budapest, en 1936. Mais ce n’était évidemment pas le côté historique qui animait la FOCA.

Au début des années 80, malgré la guerre froide, Bernie Ecclestone rêvait d’un Grand Prix à Moscou (un rêve qu’il entretient encore.) Thomas Rohonyi, un homme d’affaires Hongrois, le convainc d’aller faire un tour à Budapest, faute de Moscou.

Un circuit est bâti à Mogyorod dans la banlieue de la capitale. La piste est étroite, ses virages sont lents, ses lignes droites trop courtes… Au point que dans le jargon de la F1, un « Budapest » est synonyme de mauvais circuit (par exemple: « Magny-Cours est le Budapest Français. »)

En 1986, le temps que les peintures ne sèchent et les F1 y arrivent. Nelson Piquet (Williams) s’impose devant Ayrton Senna (Lotus) et Nigel Mansell (Williams.)

Notez que mis à part le Grand Prix de F1, le Hungaroring est rarement utilisé.

En 23 ans de F1, il ne s’est pas passé grand chose à Budapest. On notera juste le podium de Teo Fabi, en 1987, avec l’oubliable Benetton à moteur Ford turbo, la victoire de Mansell (Ferrari) en 1989, alors qu’il partait 12e, celle de Thierry Boutsen en 1990 (la première du Belge et la première de Williams/Renault), lorsque Damon Hill a failli imposer sa modeste Arrows/Yamaha en 1997 (ci-dessous) ou l’improbable victoire de Jenson Button (Honda), en 2006.

La Hongrie resta au calendrier en tant qu’unique étape « dans les pays de l’est ». A la fin des années 90, ce fut également l’une des rares manches Européenne où les cigarretiers pouvaient s’afficher librement. Par tradition, les supporters Finlandais d’Hakkinen et de Raikonnen considèrent que c’était leur « Grand Prix à domicile » (les Magyars étant linguistiquement proche des Finlandais.) Enfin, Budapest est réputé pour ses prostituées (plus ou moins tolérées par les autorités) aux abords du circuit.

Aujourd’hui, l’état Hongrois manque d’argent. La volonté de garder la F1 est là, mais le budget pourrait manquer pour signer un bail sur la période 2012-2016. Une F1 sans Budapest, ça serait presque un rêve…

Source:
GrandPrix.com

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