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Audi / Peugeot : 6 leçons à tirer de Sebring

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Vous le savez peut-être déjà en tant que fan d’endurance : ce samedi, Audi a remporté les 12 Heures de Sebring… Une victoire clé, lors de la première apparition en piste de la nouvelle R15. Retour sur le film de la course et surtout réflexions sur les conclusions à tirer en vue des 24 Heures du Mans.

Le film de la course
Dès le départ, McNish fait parler la puissance de son moteur Diesel, et dépose Gil de Ferran dans son Acura. Lamy lui aussi double de Ferran… mais de Ferran repasse. Pedro Lamy veut rester dans le rythme de McNish, dès le début. Il passera dans la ligne droite opposée, dès le premier tour. Ainsi, les deux R15 et la Peugeot n°07 sont toutes les 3 en tête, dès le premier passage sur la ligne… L’autre Peugeot, suite à des problèmes hydrauliques, est partie des stands. Franck Montagny dépasse les GT2 très vite, et impose son rythme pour recoler au peloton. La hiérarchie des premiers tours est la suivante : McNish, Lamy, Rockenfeller, Diaz (Acura).

Pedro Lamy ravitaille dès le 25e passage. Rockenfeller suit. Première indication : chez Audi comme chez Peugeot, pas de double relais avec les pneus. Eprouvés pendant les qualifications, ces pneus sont sollicités et ne peuvent pas tenir sur une trop longue distance. Franck Montagny, qui a fourni son effort, passe en tête. McNish sort des stands et se retrouve dans les roues de la Peugeot… de Pedro Lamy. Chez Peugeot, on a très bien ravitaillé.

Les deux diesel sont roues dans roues, a 1 dixième. Mc Nish rate un freinage, la bataille est belle, et équilibrée. La 908 profite de son aéro en ligne droite et domine dans le domaine de la vitesse. L’Audi, elle, est souple et maniable. Elle recolle dans les virages.

McNish passe après la 1ere heure. McNish et son flaire légendendaire dans le trafic profite de la vitesse d’entrée en courbes de la R15. Collé dans l’aileron arrière, profitant de l’aspiration, il dépasse Pedro Lamy dans le virage 17. Quelques minutes plus tard, Mike Rockenfeller profite d’un petit écart de Pedro Lamy, les deux Audi R15 sont en tête après 1h20 de course.

Une neutralisation intervient, suite à un accrochage entre l’Acura Patron et la Ford GT 40… Nico Minassian repart en tête devant Dindo Capello car la Peugeot garde ses pneus.

Minassian / Capello / Sarrazin / Werner, les diesel sont groupés en 2 secondes. Marco Werner se fait une frayeur et monte sur ses freins en voulant doubler une corvette GT2… il part en toupie. Plus qu’une Audi entre les 2 Peugeot. Audi joue la prudence au fil des relais. La R15 ne fait pas de doubles stints avec ses pneus, tandis que la 908 elle, semble plus à l’aise avec ses gommes.

Lors d’une neutralisation à la 3e heure de course, Audi change le bloc extracteur-aileron arrière de la n°1. Sur la n°2, c’est le capot avant et des soucis d’équilibrage de freins qui surviennent. L’impressionnant changement du bloc arrière montre à quel point un souci peut être changé, corrigé, en quelques instants. La bataille est belle, les Audi et les Peugeot sont très proches, dans les mêmes temps. Klien part à la faute, alors qu’il était en tête et auteur jusqu’à lors d’un superbe relais. Bourdais passe devant Kristensen, Klien se remet vite et Luhr suit, le tout est groupé en moins de 5 secondes. La course folle se poursuit, la Peugeot de Bourdais s’échappe. Klien et Luhr se battent et échangent leur position… Après 4h15, les deux pilotes sont coté à cote, sensationnel.

133e tour : la Peugeot n°08 de Sébastien Bourdais part à la faute... La fin de relais semble plus difficile. L’arrière de la Peugeot est instable, le Sarthois perd une douzaine de secondes dans l’affaire et reste en tête. Après 6 heures de course, Montagny domine McNish d’une quinzaine de secondes, suit l’autre Audi. Sur la n°7, la climatisation donne des signes d’inquiétude. La 908 est à son box et perdra beaucoup trop de temps dans l’opération. 9 tours de retard, cette 908 est définitivement hors jeu.

McNish et Montagny se livrent une bataille extraordinaire. Franck passe dans la ligne droite, puis l’écossais reprend son bien 3 virages plus tard, profitant de la présence d’une Porsche à l’intérieur…

Bourdais relaie Montagny et est en tête devant McNish à 1h40 de la fin. Il compte 40 secondes d’avance sur la première Audi. Avant de céder son volant à Franck Montagny de nouveau, Sébastien aura même porté l’écart à 45 secondes.

McNish repasse à la faveur de cet arrêt aux stands. Plus lent, Montagny est à bonne distance, mais encore une fois, au jeu des arrêts aux stands, il repasse en tête à 1 heure du but. Peugeot tente un ultime coup de poker avec ses pneus, et conserve les pneus rodés sur la 908. Montagny repart en piste, mais avec ses gommes, se fait distancer par l’écossais. L’écart montera à 1 minute, suffisant pour que l’Audi refuel et termine en tête… de 22,279 secondes. La victoire a encore choisi le camp Audi.

Stratégie, erreur des pilotes, gestion du trafic ??? La victoire d’Audi et la superbe prestation de Peugeot nous permettent de tirer plusieurs conclusions pour le grand rendez vous de juin prochain.

Les enseignements que l’on peut tirer de Sebring

1. Au Mans, comme en 2008, les Peugeot et Audi seront fiables
Sebring impose aux équipes d’être très consciencieuses avec leur matériel. La piste, très bosselée, et composée de plaques de bétons et de bitumes, est éprouvante. Sebring est un laboratoire, et a ce gout d’immense test. Audi l’a bien compris, et c’est pourquoi la marque aux anneaux s’y inscrit depuis le début des années 2000. Pour sa deuxième participation, Peugeot a acquis de nombreuses informations, qui seront utiles en Juin coté fiabilité (climatisation, suspensions, etc…). Les courses de 1000km permettent de préparer les équipes et de se sentir en compétition, mais le Petit Le Mans 2008 et ces 12 Heures de Sebring à elles seules apportent plus d’expérience. En octobre dernier tout comme à Sebring, Peuget a perdu, mais de peu. En juin prochain, les Peugeot seront affutées comme jamais.

2. La météo fera un heureux, et un malheureux
Le chrome, qui a fait son apparition cette année sur la Peugeot 908, n’a pas été totalement fiable… Le nouveau règlement impose une température maximale dans l’auto, le chrome est destiné à limiter la stagnation et l’accumulation de la température à bord… Mais avec une voiture fermée, les problèmes de climatisation sont normaux… Arrivés à Sebring, ils permettront sans doutes de trouver une solution pour Juin, mais si l’édition Mancelle est très ensoleillée, qui sait quel rôle pourrait jouer la clim… Du coté Audi, pas de souci à avoir avec la climatisation. Espérons que ce secteur sera réglé et que peu de développement sera nécessaire… A moins qu’il pleuve en Sarthe, et que le froid s’invite.

3. La Peugeot est plus rapide
La nouvelle R15 est bien née… le mat d’aileron arrière, la nouvelle aéro, le poids réduit du V10 (comparé au V12 de la R10), l’accessibilité à l’auto. La R15 semble très à l’aise en piste, en tout cas dans les conditions de course relatives à Sebring. Piste bosselée, trafic, l’Audi semble confortable. Mais la polyvalence de la R15 semble lui couter (un peu) de sa vitesse de pointe. En ligne droite, la Peugeot est toujours plus rapide. De 5 à 6 km/h en 2008, la marge s’est peut être réduite en 2009… Mais Peugeot pourra toujours compter sur cet avantage en 2009.

4. Double, triple relais ?
Le talon d’achille de la R15 serait-il ) chercher du coté des pneus ? Audi a joué la prudence pendant la course. En pneus medium, Audi a souvent changé ses gommes, tandis que les 2 PEugeot ont enchainé les doubles relais… Le nouveau règlement qui prendra place en juin (avec moins de mécano autour de la voiture), va pénaliser énormément les équipes qui changeront leurs pneus à chaque relais. Audi, champion dans ce domaine, pourrait ne pas être prêt à temps avec la R15… Si l’Audi ne peut pas enchainer les relais avec les mêmes gommes, comme à Sebring, Peugeot pourrait vite en tirer profit.

5. La R15 sera moins fatiguante…
« Je retrouve les sensations d’un karting avec l’Audi R15. C’est très facile à conduire, très facile à positionner » explique Allan McNish à propos de sa nouvelle monture. La polyvalence de la R15 et son coté ludique seront-ils décisifs… la 908, de conception plus ancienne, sera plus « fatiguante » et sur 24 Heures, cela a son importance…

6. Le rôle des privés
Bouillon / Pagenaud / Treluyer ??? Voila à quoi pourrait ressembler l’équipe de la 908 Pescarolo lors des prochaines 24 Heures du Mans. Simon Pagenaud devrait prendre le volant de la 908 lors des 1000km de Spa (information Motors TV) et ainsi bien prendre en main l’auto. Habitué aux Audi (en ALMS 2008), Simon Pagenaud pourrait être l’élément perturbateur de la lutte Audi / Peugeot en apportant sa pointe de vitesse et la finesse de son pilotage… En l’absence de team privés adversaires à Sebring, Audi et Peugeont ont joué dans leur bac à sable. La R10 devrait être un ton en dessous, mais Pescarolo disposera d’un matériel plus ou moins équivalent à Peugeot… Les privés seront à surveiller, plus que jamais.

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