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Plan auto de Sarkozy : les Tchèques invoquent le Traité de Lisbonne

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Aygo_c1_107_psatoyota Franchement cela ne ferait-il pas un peu “mauvais genre” ?

Alors que Nicolas Sarkozy s’est voulu être “l’apôtre” de l’Europe les six derniers mois écoulés … voilà que le relais à peine passé à la République Tchèque, le premier grand oral de l’année du Président français – certes destiné à un public plutôt “national” – heurte en tout premier chef les oreilles de ce pays “phare” de la délocalisation.

Dur, dur d’être un Président n’est-il pas ? Et de concilier discours de politique intérieure avec engagements internationaux … et communautaires. Voire au Traité de Lisbonne selon la Tchéquie.

Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a estimé lundi que le souhait du Président français de stopper le processus qui prévaut actuellement en France de délocaliser l’industrie automobile et de "si possible" relocaliser était une menace pour la ratification du traité européen de Lisbonne. "Ce que Nicolas Sarkozy a dit était incroyable" a-t-il ajouté.

"Si quelqu’un voulait vraiment compromettre la ratification du Traité de Lisbonne, il ne pouvait pas choisir un meilleur prétexte et un meilleur moment", a ainsi estimé Mirek Topolanek dans le quotidien tchèque Hospodarske.

"Je ne veux pas être alarmiste, et je voterai en faveur (du traité) de Lisbonne, mais il y a un grand pays qui prend des décisions qui va affecter nos vies", a-t-il indiqué dans un entretien au quotidien. La République Tchèque, qui préside jusqu’au 31 décembre l’Union européenne, est le dernier Etat de l’UE à ne pas avoir ratifié ce texte destiné à consolider l’Union européenne. Vaste défi …. alors que le président tchèque lui-même, Vaclav Klaus, qualifié d’”eurosceptique”, redoute que le pays ne perde une partie de sa souveraineté en cas d’entrée en vigueur du dit Traité.

Les Tchèques et les Slovaques ont par ailleurs qualifié vendredi à Prague de "protectionniste" la proposition de Nicolas Sarkozy – faite le 5 février au cours d’un entretien télévisé – de "relocaliser" en France les usines automobiles françaises, en réponse à la crise qui frappe durement le secteur.

Ils réagissaient ainsi aux propos tenus par le Chef de l’Etat français jeudi soir, laissant entendre qu’il souhaitait "qu’on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise".

"Si on donne de l’argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n’est pas pour apprendre qu’une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs", avait-t-il ajouté. "Qu’on crée une usine Renault en Inde pour vendre des Renault aux Indiens est justifié, mais qu’on crée une usine en Tchéquie pour vendre des voitures en France, ce n’est pas justifié", avait estimé le Président français.

"Si la France insiste sur ses mesures protectionnistes, le sens de l’UE sera gravement menacé", avait déclaré à Prague, en signe de protestation, le chef de la chambre de commerce tchèque, Petr Kuzel. Vendredi, la présidence tchèque de l’UE a publié un communiqué dénonçant les "tentatives d’utiliser la crise financière pour introduire des formes de protectionnisme".

Petit rappel et non des moindres : c’est en 2001 que PSA et Toyota avaient décidé d’installer une nouvelle usine commune à quelques kilomètres de Prague, en République Tchèque.

Alors que la Hongrie et la Pologne étaient également en lice pour accueillir la future société, pour justifier leur choix, PSA et Toyota avaient alors fait valoir la position centrale de la Tchéquie, sa proximité de marchés importants et son expérience industrielle de haut niveau ….

Sources : AFP, LCI

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