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Essai Mercedes SL63 AMG: Quand l’Etoile se fait Comète…

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L’Histoire d’AMG démarre en 1967, à Burgstall près de Stuttgart. Werner Aufrecht et Erhard Melcher, fondateurs de la société, modifiaient au fond de leur garage des véhicules prêts à en découdre sur circuits. Après quelques succès, logiquement, les deux hommes élargirent leurs activités, en proposant aux clients intéressés des préparations haut de gamme de leurs voitures. Il faudra attendre 1990 avant que Mercedes distribue dans son réseau des véhicules AMG. Puis en 1993 le premier modèle véritablement développé conjointement par les deux marques, voyait le jour : la C36 AMG. Aujourd’hui, Mercedes-AMG emploie environ 750 personnes sur son site d’Affalterbach. Le catalogue propose au moins une déclinaison AMG pour chaque modèle Mercedes, à l’exception des Classe A, B, GLK et GL. Nous nous sommes glissés derrière le volant d’un des plus redoutables véhicule de la gamme AMG,  le SL 63.

Un style plus agressif

Le roadster star de Mercedes, le SL, a vu son style évoluer il y a quelques mois, pour mieux coller au nouvel air de famille imposé par Stuttgart. Ainsi, le regard cacahuète définitivement relégué aux oubliettes, ne survit au coeur de la gamme à l’Etoile qu’avec les CLK et Classe E, deux voitures prochainement renouvelées. La face avant refondue du SL n’a pas fait l’unanimité, sans doute parce que ce toilettage n’a touché que l’avant, et finalement trop peu le reste le de la carrosserie. Toutefois, les feux avant plus acérés offrent un dynamisme plus expressif, souligné sur notre modèle AMG par un pack esthétique spécifique. L’interminable capot perd les deux bossages du modèle de base rappelant le glorieux 300 SL, pour un dessin plus athlétique.  La calandre accueille en son milieu une « énormissime » étoile barrée d’un jonc chromé, à l’instar du modèle pionnier de 1954. De profil, le SL 63 AMG transpire le sport, que ce soit par sa garde au sol minime, ou ses jantes de 19 pouces abritant des disques de freins de 360 mm à l’avant (330 à larrière). L’arrière enfin se veut plus impressionnant encore, au regard de l’imposant diffuseur qui intègre les doubles sorties d’échappement. Ainsi doté, le SL 63 AMG offre un plumage qui à coup sur, fait tourner les têtes.

L’habitacle se veut moins ostentatoire. L’extrême, AMG le réserve à ses véhicules spéciaux Black Series. Point donc de fins baquets dans le SL 63 AMG, Mercedes a préféré garder les sièges très confortables du modèle de base, avec néanmoins un dessin amélioré plus en adéquation avec une conduite dynamique. On recense quelques placages carbone, un volant 3 branches dédié intégrant deux palettes alu « Up » et « Down » pour imiter Bernd Maylander (pilote officiel du F1 Safety Car), ainsi qu’un pédalier sport et quelques badges AMG ici et là.  On se retrouve ainsi dans une ambiance feutrée et luxueuse, plutôt que dans un cockpit. Mention spéciale à l’équipement Airscarfe (chauffage de nuque permettant de rouler décapoté, même lors des journées fraiches), particulièrement apprécié par notre cadreur Alain, mon accompagnateur du jour.

Une transmission de haute technologie

Côté technique, le SL 63 AMG éclipse l’ancien SL 55 AMG, grâce à une transmission de haute technologie et un fabuleux V8 atmosphérique. Le « vieux » 5.5 à compresseur fait certes encore de la résistance au sein des SLK 55 AMG et G55 AMG, mais sous tous les autres capots de la gamme, il a été remplacé par le nouveau  6.3 ou 6.2 Tout le monde, même chez Mercedes ne semble d’accord sur son appellation, malgré la présence de badges 6.3. Aussi, afin d’être précis nous rappellerons que sa cylindré exacte est de 6 208 cm3. Ce bloc, construit par AMG, offre des performances dignes d’une supersportive. Sans faire appel à une quelconque suralimentation, ce V8 grimpe jusqu’à 7 200 tr/min, alors que le couple maxi de 630 Nm est atteint à 5 200 tr/min. Lors de l’essai de la C63 AMG il y a quelques mois, nous avions pu goûter au souffle de ce fabuleux moteur, dégonflé à 457 ch. Au coeur du roadster, il s’exprime à pleins poumons sans contrainte, fort de ses 525 ch, qui répondent présents  à chaque appel du pied droit.

Mercedes-AMG a doté le SL 63 d’une boite enfin à la hauteur. En effet, le constructeur a couplé au V8 une boite baptisée MCT (Multi Clutch Technology) transformant cette transmission en une super boite automatique. Exit le classique convertisseur de couple, à la place est disposé un embrayage multidisque bien plus efficace.  La MCT a été spécialement élaborée pour supporter des couples camionesques, et des régimes moteur stratosphériques.  Une électronique perfectionnée, veille en permanence sur son fonctionnement, afin de la rendre efficiente en toutes circonstances. Ainsi, le conducteur a le choix entre 4 programmes : Confort, Sport, Sport+ et Manuel. Du premier au dernier programme, les vitesses de passage des rapports sont raccourcies, alors que les limites hautes du régime moteur se voient repoussées. Enfin la cerise sur le gâteau offert par la MCT, demeure la fonction double débrayage au rétrogradage, transformant ainsi même un novice en un expert du talon pointe. A la montée, non seulement les temps de passage sont minimes, mais de plus, l’inertie entre chaque rapport est grandement réduite, d’où des ruptures de charges quasiment inexistantes d’une vitesse à l’autre. Bluffant !

Un agrément de haut niveau

Sur la route, toute cette technologie offre un agrément pour le moins surprenant. Pour être honnête, on ne s’attendait pas à un tel niveau de performances. Avec un poids dépassant les deux tonnes, pleins faits et conducteur compris, on assimilait sur le papier le SL 63 AMG à un TGV délicat à mener en virage. Nous nous sommes trompés.

Au démarrage, la magie commence déjà à opérer. L’échappement distille un bruit d’enfer, poussant le pilote au vice. Sans complexe, le SL 63 crie comme un V8 américain glougloutant, et casse agréablement les oreilles dans le haut ! Du coup, impossible d’être raisonnable, même en ville. Nous n’avons pas dévalé les boulevards à 120 à l’heure, néanmoins nous n’aimions guère passer la seconde tant le bruit flatteur prend aux tripes. Chaque brève accélération fait hausser le coeur du conducteur, comme celui des passants agacés ou ravis d’entendre le roadster s’exprimer.

En dehors des agglomérations, le plaisir grandit. N’en déplaise au public outré par la vitesse, nous avons allègrement dépassé les 90 km/h réglementaires. Pouvait-il en être autrement sur des  routes vallonnées, alternant des courbes toutes plus plaisantes les unes que les autres ? Et puis nous comptions bien passer au moins la 3ème… En mode Sport+, le SL 63 AMG se conduit façon « Playstation » puisque l’on ne touche absolument pas aux palettes. Pied au plancher, les rapports s’enchainent à la vitesse de l’éclair ! Jamais, ou en très peu d’occasions, nous avons eu l’impression de ne pas être sur la bonne vitesse. La gestion exceptionnelle permet donc à n’importe qui de s’amuser sans soucis. En Manuel, la tentation de se glisser dans la peau d’un Lewis Hamilton en herbe au volant de sa McLaren est grande. A chaque impulsion sur la palette de droite, le passage au rapport suivant se fait en à peine 100 millisecondes, un clignement d’oeil. Au rétrogradage, le bonheur est identique « rroooOOAAAaaarrr brrrout brrrrout brrouut » ! D’ailleurs, la gestion de la MCT permet à la descente lors de freinages appuyés, de passer par exemple de la cinquième à la seconde directement, assurant ainsi un frein moteur optimal et une relance assurément explosive.

Le châssis offre un agrément de haut niveau, grâce à une gestion de l’amortissement tourné vers le sport. La voiture ne prend quasiment aucun roulis, et surtout souvire très peu malgré le poids élevé ! En fait, on a même noté un caractère carrément incisif. La direction assistée perfectionnée, s’endurcit juste ce qu’il faut quand on hausse le rythme, procurant ainsi un bon ressenti. La rigidité exceptionnelle, rassure le conducteur en virage, lui donnant l’impression de titiller la limite, avec un sentiment de grande sécurité tant l’auto se montre imperturbable sur ses suspensions.
Le train arrière finit lui par pousser à la méfiance. La motricité est bonne sur un bitume parfaitement sec, toutefois dès que la route se montre légèrement humide, l’antipatinage comme l’ESP nous rappellent à l’ordre, mais presque tard, même à faible allure. L’électronique se voit donc fortement sollicitée pour tempérer le caractère joueur, oui oui j’ai bien dit joueur, de cet imposant roadster. Débrancher tout cela sur circuit, et vous devenez un vrai « Drift King ».

Fonction « Race Start » pour des départs canons

Enfin, nous avons particulièrement aimé la fonction « Race Start », autorisant des départs canons. Une fois la fonction enclenchée, le conducteur pose le pied gauche sur le frein, avant d’écraser la pédale de droite. Le régime s’établit alors entre 3000 et 4000 tr/min Il ne reste plus qu’à lâcher les freins ! Tel un véritable boulet de canon, l’auto bondit et s’envole. 4,6 secondes plus tard les 100 à heure sont dépassés, puis l’agaçante bride électronique intervient entre 250 et 260 km/h.

De loin, le SL 63 parait à ce jour la production AMG la plus aboutie, offrant même, à mon sens, un agrément supérieur à celui d’une SLR, pourtant plus rapide (et plus chère), mais tellement moins plaisante à mener dès que la route trace quelques courbes. Son bruit enivrant enfin, participe largement au plaisir de conduite, en ville comme en dehors.

Les chiffres de consommation (24 litres aux 100 km en moyenne sur l’essai), comme le prix choqueront certains observateurs, mais n’ont que peu d’importance aux yeux des privilégiés qui peuvent s’offrir ce genre d’engins. A l’évidence, le SL 63 déplait aux farouches défenseurs de la planète (rejets de C02 malgré tout contenus pour une telle voiture : 330 g/km), alors que sa facture sans option (dès 165 600 € écotaxe incluse) affiche un prix équivalent à 20 Logan. Certes, le SL 63 AMG demeure une Mercedes, le constructeur de voitures de papys et de taxis par excellence diront certaines mauvaises langues. Toutefois ce modèle exceptionnel à tous points de vue, mérite sa place dans la sphère des véhicules à hautes performances, aux côtés de certaines concurrentes supposées parfois à tort, plus exclusives et plus pointues. Nous, on aimé.

Quelques chiffres:

  • Moteur: V8 atmosphérique de 525 ch, régime maxi de 7 200 tr/min
  • Couple maxi: 630 Nm
  • Transmission: aux roues arrière (autobloquant en option)
  • Boite de vitesses: MCT (robotisée à embrayage multi-disques) à 7 rapports
  • 0 à 100 km/h: 4,6 secondes
  • Conso mixte: 13.9 litres d’après Mercedes (24 litres sur l’ensemble de l’essai à allure déraisonnable)
  • Réservoir: 80 litres de Sans Plomb
  • Poids: 1 970 kg
  • Prix : Dès 165 600 €, écotaxe incluse

A la suite, présentation vidéo réalisée par 3Lézards:

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