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Dieselgate : des singes et des humains comme cobayes ?

Si cela s’avère, c’est un nouveau double scandale qui risque de finir la réputation de tricheurs de certains constructeurs allemands dont VW.

Une étude avec une VW Beetle truquée

Selon le New York Times en date du 25 janvier 2018, un groupe de chercheurs à Albuquerque ont enfermé 10 singes macaques dans des caissons pour les soumettre à des gaz d’échappement d’une Volkswagen New Beetle. Cette étude, financé par le lobby des constructeurs allemands visait à prouver que les diesel modernes étaient moins nocifs que les précédents.

Sauf qu’en prenant une New Beetle au logiciel truqué, difficile de prouver quoi que ce soit. Est impliqué dans cette sordide expérimentation, le  Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (E.U.G.T en allemand). Mais d’européen, ce groupe n’en n’a visiblement que le nom puisque les soutiens financiers sont allemands. Ce sont Volkswagen, Daimler et BMW.

A la base, ce groupe était censé financer des recherches pour montrer, ou non, la nocivité du diesel, notamment les modèles les plus anciens, en ville. Du lobby donc. Mais les données pourraient là aussi avoir été truquées pour aller dans le sens voulu par les soutiens.

Des tests également menés sur des humains

Volkswagen a été leader de l’expérimentation selon le NY Times. En utilisant un véhicule au logiciel truqué, VW s’assurait de résultats bien meilleurs qu’attendus. Les 10 macaques ont tout de même été exposés à des gaz nocifs. Pour autant, aucun résultat tangible n’a été publié car l’équipe de scientifiques, menée par le Dr. McDolnald, n’a pas été en mesure de fournir une « bonne » étude satisfaisant les commanditaires, malgré l’utilisation d’un véhicule truqué.

Mais, pire encore, des tests similaires auraient été menés sur des humains ! Selon le Stuttgarter Zeitung, 25 jeunes personnes, en bonne santé, ont été soumis à des concentrations différentes de NO2 (ou NOx). Là encore, c’est le EUGT qui était derrière cette étude. Le chercheur en charge de cette étude a, pour sa part, indiqué dès le début que les résultats ne seraient pas significatifs. Etude éthiquement discutable, et scientifiquement inutile donc.

Des responsables à trouver

Désormais, Daimler indique ne pas avoir été au courant de ces tests et les trouver « consternants ». BMW et Volkswagen lui emboîtent le pas, dénonçant les tests. Pour autant, ils ont financé le groupe EUGT qui les a mis en place. Le gouvernement allemand, par l’entremise de Steffen Seibert son porte-parole, trouve que les tests sont totalement injustifiables et devrait lancer une enquête pour savoir comment le EUGT en est arrivé là.

Le Groupe a été dissout en 2016. Mais, selon Die Welt, plusieurs membres des conseils de surveillance des constructeurs impliqués dans ce nouveau scandale réclament des enquêtes pour savoir si des responsables sont encore en poste. Et qu’ils soient mis devant leur responsabilité.

En tout état de cause, cela montre, démontre, si besoin en était, que tout était mis en oeuvre du côté de l’Allemagne pour laver le diesel plus blanc que blanc.

Source : New York TimesStuttgarter Zeitung, Die Welt, illustration : VW modifié par leblogauto