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Essai jeu vidéo : Forza Motorsport 7

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Septième opus de la série Motorsport et dixième de la saga Forza, Forza Motorsport 7 est disponible depuis peu. Le bébé des studios Turn10 nous revient avec un contenu toujours plus étoffé et de nombreuses nouveautés. Suffisant pour en faire un incontournable du jeu de course ?

Au fil des épisodes, la série Forza Motorsport s’est forgée une solide réputation auprès des amateurs de course automobile virtuelles. A l’instar de son alter-ego sur PlayStation, Gran Turismo (dont le nouveau volet Sport sort la semaine prochaine), il propose un choix de voitures et de circuits s’étoffant d’épisode en épisode. Aujourd’hui cette septième itération, la troisième sur xBox One, a la lourde tâche de succéder à son grand frère Forza Motorsport 6 au contenu déjà très copieux.

Un contenu pantagruélique…

Avec plus de 700 véhicules à conduire et à collectionner, autant le dire d’emblée : il y a de quoi s’occuper! Si la majeure partie de la liste est reprise du précédent Forza, les nouveautés valent dans l’ensemble le détour. En premier lieu, citons l’apparition de la licence Porsche, autrefois chasse gardée de l’éditeur américain Electronic Arts. Outre la 911 GT2 RS, que le constructeur allemand a dévoilé lors de la présentation du jeu au dernier salon E3, le joueur pourra également compter sur la présence d’autres modèles de Stuttgart, comme la 911 Turbo 3.3 de 1982 ou le récent Cayman GT4.

En-dehors de Porsche, les ajouts sont nombreux et variés. Au total, on compte pas moins de 150 nouvelles voitures par rapport à Forza Motorsport 6. Des véhicules de collection (BMW 507) aux dernières sportives (Aston Martin DB11) en passant par les voitures de compétition de toutes les époques (Ferrari F-158 de 1964, Jaguar XJR-9 de 1988), chacun trouvera son bonheur. Les développeurs ont même intégré le camion Mercedes-Benz Tankpool, offrant ainsi au joueur la possibilité de participer à des courses de poids-lourds. Les marques Toyota et Lexus, comme annoncé, sont absentes du jeu, tout comme la McLaren 720 S. Cette dernière étant l’égérie de Project Cars 2, ceci explique sans doute cela…

Les circuits ne sont pas en reste, puisque leur nombre s’élève ici à 32. En comptant toutes les combinaisons disponibles, ce sont 200 tracés différents qui sont ici proposés. A côté des incontournables de la série que sont par exemple le Nürburgring ou Spa-Francorchamps, on apprécie de retrouver le circuit du Mugello, absent depuis Forza Motorsport 3, ainsi que Suzuka et Maple Valley. La piste de Dubai, se déroulant entre ville, désert et gorges rocailleuses, est la seule réelle nouveauté de ce septième Forza. Malgré un nombre de pistes conséquent, on aurait aimé retrouver certaines pistes des précédents opus, comme Rally de Positano ou Fujimi Kaido par exemple. Peut être dans un prochain contenu téléchargeable, qui sait ?

Un mode carrière plus accueillant

Le jeu s’ouvre sur une étape que l’on pourrait qualifier de prise en main, durant laquelle sont présentées certaines des nouveautés apportées par Forza 7. Et ce, par le biais de trois courses différentes. La première d’entre elles met le joueur au volant de la Porsche 911 GT2 RS sur le circuit de Dubai. Outre la nouvelle voiture et le nouveau circuit, on en profite également pour découvrir que Forza 7 propose désormais le départ lancé, là où ses prédécesseurs se limitaient aux départs arrêtés. Cette épreuve finie, on passe à une course de camions sur le circuit de Mugello, avant de terminer par un petit tour à Suzuka sous la pluie à bord d’une Nissan GT-R du championnat GT500.

La mise en appétit achevée, il est temps de démarrer le mode carrière. Guidé par une voix off, le joueur va d’abord sélectionner un avatar (ou plutôt Drivatar), féminin ou masculin. Celui-ci l’accompagnera tout au long de son ascension dans les six coupes que compte le jeu. Même s’il est personnalisable et permet ainsi une meilleure immersion, seuls les coloris du casque et la combinaison peuvent être configurés.

D’apparence plus chaleureuse, le mode carrière est sur le fond identique à celui de Forza Motorsport 6, puisque les six coupes se divisent en plusieurs championnats. Ceux-ci sont parfois entrecoupés de petits défis. Entre deux courses, le jeu nous propose de renverser des quilles en limousine, doubler un nombre précis de voitures sur un ou plusieurs tours de circuit, ou tenter de battre Ken Block en un contre un.

Les mods, ces cartes permettant d’améliorer ses gains à chaque course, sont à nouveau de la partie. En remplissant un objectif précis (terminer avec 25 secondes d’avance sur son premier poursuivant par exemple) ou en respectant un réglage donné (ABS déconnectée, direction configurée en mode simulation, etc.), un petit bonus supplémentaire vient s’ajouter aux crédits gagnés. Les caisses de récompense, en revanche, sont une nouveauté : au lieu d’acheter une nouvelle voiture, le joueur peut utiliser ses crédits durement gagnés pour une caisse mystère pouvant contenir aussi bien une voiture qu’une tenue pour son avatar, ou encore des mods.

Son et graphisme : plaisir des sens

S’il y a bien un point sur lequel Forza Motorsport est attendu au tournnt, c’est bien celui du graphisme. D’autant qu‘il sera le 7 novembre prochain l’un des titres de lancement de la xBox One X, nouvelle version de la console de Microsoft plus puissante encore et tournée vers la 4K. L’objectif est atteint, car le titre est encore plus beau que son prédécesseur. Outre les rochers du circuit dubaiote et le sable balayant la piste par endroits, le joueur prendra plaisir à admirer les cîmes des Alpes bernoises, la forêt du Nürburgring ou encore le fameux raidillon de Spa-Francorchamps. Entre autres. Seul Maple Valley aurait pu bénéficier de plus d’attention, les arbres aux couleurs chatoyantes bordant le tracé paraissant désespérément plats. Au niveau des véhicules, rien à redire, si ce n’est que certains modèles paraissent toujours un peu moins soignés que d’autres. Sans pour autant que cela saute aux yeux.

Mais c’est combiné à la météo dynamique et paramétrable, et au cycle jour/nuit que le lifting graphique apparaît plus séduisant encore. Aux gouttes d’eau s’écrasant sur le pare-brise, il faut maintenant ajouter les éclairs qui viennent illuminer le ciel. Et à la lumière des phares dans la nuit, l’orange du coucher de soleil et le bleu pâle du jour qui se lève. Sur ce sujet, il convient toutefois de préciser que le joueur n’a pas la main sur l’heure de départ ou d’arrivée de la course. Pas plus que la possibilité d’accélérer le temps pour débuter une course à la tombée de la nuit, pour la finir au petit matin. De même, seuls certains tracés offrent météo et/ou courses nocturnes, comme cela était déjà le cas dans Forza Motorsport 6.

Et après l’oeil, c’est l’oreille qui est flattée. En premier lieu par le son des différentes mécaniques. Celles-ci sont en effet très réalistes, quoiqu’un peu exagérées selon le modèle choisi. Mais c’est sans peine que l’on reconnaît et apprécie la mélodie d’un V12 Ferrari, le grondement d’un boxer Subaru ou le glouglou d’un V8 américain. D’autre part, Turn10 a décidé pour ce septième épisode de ne pas diffuser de musique de fond durant les courses. Une bonne chose, puisque celle présente par défaut dans Forza Motorsport 6 n’apportait au final pas grand chose et finissait même par être pesante.

Manette en main, la concentration est de mise

Tout comme ses prédécesseurs, Forza Motorsport 7 oscille entre arcade et simulation. Comprenez par-là que si la conduite requiert une certaine concentration et de la dextérité, elle reste toutefois plus permissive que celles des concurrents plus radicaux comme Assetto Corsa ou Project Cars. Ici, la moindre petite erreur n’est pas systématiquement rhédibitoire. Est-ce là pour autant un mal ? Sans doute pas, puisque la prise en main est simple et très agréable, et qu’elle n’exclut pas ceux qui jouent au pad. Et ce même lorsque toutes les aides à la conduite sont désactivées. On prend plaisir à progresser graduellement, au sein d’une course en particulier comme au sein du mode carrière dans son ensemble.

La différence de comportement et de conduite des différentes catégories de véhicules est bien marquée, chacune d’entre elle demandant un minimum d’adaptation. On regrettera toutefois qu’au sein d’une même catégorie, cette différence ne soit pas plus marquée. Ainsi, une Subaru WRX STI-S et une Focus RS toutes deux à quatre roues motrices se comportent de façon très similaire, si ce n’est identique. Mais quoiqu’il en soit le panel proposé est suffisamment étendu pour n’avoir que rarement cette impression.

Fait intéressant, la conduite sous la pluie est à présent moins caricaturale que dans l’opus précédent, où la moindre flaque était synonyme d’aquaplaning. Bien sûr, il faut toujours doser accélération et freinage avec parcimonie, mais plus besoin d’être tétanisé sur le pédalier ou les gâchettes à chaque virage. Quant aux courses nocturnes, elles sont toujours aussi intimidantes. Par exemple, la ligne droite des Hunaudières avec pour seul éclairage le pinceau des phares reste un grand moment.

L’intelligence artificielle, en revanche, est le défaut majeur du jeu. En effet, vos adversaires se borneront la majorité du temps à suivre une trajectoire prédéfinie. A tel point que l’on constate une régression par rapport à Forza Motorsport 6, où l’IA avait le bon goût de s’écarter pour éviter le joueur. Lors d’un dépassement musclé, par exemple.

Conclusion

Alors, vaut-il vraiment le coup ce nouveau Forza ? Pour ceux qui ont écumé les épisodes précédents, et notamment le sixième, la question peut se poser. Car hormis la refonte graphique, la mise à jour du contenu et quelques nouveautés de-ci de-là, Forza Motorsport 7 peut n’être considéré que comme une simple évolution de la licence.

Voilà pour les possesseurs de xBox One. Cependant, les joueurs disposant d’un PC bien équipé, et ceux possédant un téléviseur 4k et qui craqueront pour la xBox One X prochainement bénéficieront pleinement de l’évolution visuelle du titre. De même, ceux qui découvriront la série pour la première fois bénéficieront d’emblée avec ce titre du meilleur contenu jamais proposé dans un Forza Motorsport.

Exigeant sans être élitiste, Forza Motorsport reste avec ce septième volet une valeur sûre en matière de pilotage virtuel. En cette fin d’année, le dilemme va être de taille puisqu’outre Project Cars 2 sorti le 22 septembre dernier (et bientôt à l’essai ici-même…), Gran Turismo Sport pointera le bout de son capot dans quelques jours. De quoi attraper un sérieux mal de crâne au moment de faire sa liste au Père Noël…

Forza Motorsport 7 est disponible sur xBox One et PC

+ON AIME
  • graphisme soigné
  • jouabilité aisée mais exigeante
  • catalogue de voitures exhaustif
ON AIME MOINS
  • un seul ‘vrai’ nouveau circuit
  • il manque toujours les phases de qualifications et les pit-stops
  • intelligence artificielle trop scriptée

Illustrations : Le Blog Auto / Turn 10

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6 Commentaires sur "Essai jeu vidéo : Forza Motorsport 7"

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turbo v8
Invité
mon avis perso Forza 7 , Gran turismo sport , Project cars 2 – Forza 7 un jeu + tout public avec des sons moteur bien calquer , le nombre de voitures est impresionant et un bon mode carrière , mais un jeu qui vire à l’arcade avec des mouvements de caisse qui pivote sur un axe (affreux ) et le moins beau des 3 graphiquement – Project cars 2 + beau que forza + de détails mais vraiment pas fun un beau jeu sans + avec un point fort les dégâts et un nombres de voitures améliorè mais toujours… Lire la suite >>
Will
Invité
Le dernier Forza auquel j’ai joué devait être le 3, c’est un peu nul de voir que l’IA n’a pas progressé d’un iota, alors qu’on entend sans cesse parler d’IA… C’est mieux dans d’autres jeux ? Ou c’est pareil ? Peut-être que ce n’est pas si simple. Programmer une IA pour qu’elle gagne aux échecs avec un set de règles fixes c’est une chose, lui donner un semblant de personnalité avec des paramètres variables pour rendre une course vivante est peut-être autrement plus complexe. Peut-être aussi que désormais on joue surtout en ligne et que le jeu en solo passe… Lire la suite >>
Thomas Roux
Invité

Will, j’ai surtout noté une régression par rapport au 6 ; dans celui-ci les adversaires en solo fermaient la porte pour conserver leur position, mais s’écartaient des que votre capot passait le leur… La dans ce nouvel épisode ils ne le font plus, et sont comme rivés à leur trajectoire (même s’il leur arrive de commettre des erreurs au freinage…)😉

Raymond Boncoin
Invité
@Will Le souci de l’IA c’est que ça réclame des compétences de codeur, c’est long et pénible à établir car il faut gérer une multiplicité de facteurs. Forza n’est pas la seule simulations touchée, Gran Turismo Sport ou même Assetto Corsa à ses débuts (un gros patch en 2017 a corrigé les tares principales) sont très décevants sur ce plan. Pourquoi? Parce que les sociétés de développement ont tout misé sur le multijoueur en délaissant l’IA. Personnellement je regrette l’IA de Race Driver Grid, l’une des plus fabuleuses jamais créées avec des réactions très humaines et des avaries obligeant les… Lire la suite >>
Will
Invité

Oui voilà, c’est ça qu’on attend d’une IA. Ou par exemple si on s’appuie sur une voiture dans un virage, cette IA verrait son taux de rancune envers le joueur augmenter, et la probabilité qu’elle se venge à la prochaine course augmenterait.
On pourrait penser qu’au fur et à mesure il y ait un minimum syndical mais visiblement non, si c’est le multijoueur qui prime.
Bon m’en fout je ne joue plus^^

Raymond Boncoin
Invité
Dans Race Driver Grid, jeu de 2008 pourtant, les concepteurs avaient pris en compte le facteur stress au sein de l’IA. Ainsi plus vous mettiez la pression sur le pilote virtuel devant vous, plus celui-ci prenait le risque de plus ou moins grosses fautes (dépendant de son niveau). Lorsque je jouais à GTR2, les pilotes de l’IA pouvaient même être calibrés pour être plus ou moins agressifs. Et ça se voyait sur la piste. Franchement les IA des simulations actuelles sont très basiques, il y a eu du retour en arrière par rapport à ces dernières années. SInon, je me… Lire la suite >>
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