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Essai : Volkswagen Arteon 2.0 TDI 150 DSG7

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Nouvelle figure de proue dans la gamme du constructeur de Wolfsburg, la Vokswagen Arteon est une véritable arme de séduction massive… Mais afin de savoir quel ramage se cache sous cet aguichant plumage, nous en avons pris le volant sur les corniches varoises, dans les environs de Saint-Raphaël.

Dans un monde où le SUV est roi, on peut cependant aimer les berlines sans pour autant se résoudre à renoncer au style fastback ; il y a de cela quelques années déjà, Mercedes-Benz a ainsi fait un proposition digne d’intérêt avec la CLS, bientôt suivi par plusieurs autres constructeurs dont Volkswagen avec sa Passat CC devenue finalement CC tout court. Pour autant, il est injustifé de considérer l’Arteon comme la succession de ladite CC, ou comme celle de la Phaeton dont la production s’est arrêtée l’an passé.

Style extérieur

Vous rappelez-vous du concept Sport Coupé GTE présenté par Volkswagen au salon de Genève en 2015 ? Oui ? Eh bien à quelques détails près, il suffit de lui mettre une plaque d’immatriculation pour se retrouver devant l’Arteon. Pour l’essentiel, on retrouve le pavillon rabaissé, la ligne de caisse haute accentuant le côté trapu, les contours de prises d’air avant musclés et les feux venant se confondre avec calandre. Sans oublier cette couleur (Jaune Curcuma, disponible en option) qui vient souligner les lignes de force et confirmer la grande latitude dont on bénéficié les designers de l’Arteon dans l’élaboration du modèle de série.

Pour les détails, il convient de noter les sorties d’échappement de forme trapézoïdale inversée, ainsi que le becquet arrière noir et les jantes Montevideo de 19 pouces spécifiques à cette déclinaison R-Line, ainsi que la caméra de recul cachée sous le logo Volkswagen présent sur coffre permettant ainsi et selon le constructeur de conserver en toutes circonstances une image claire et nette, la caméra ainsi cachée n’étant exposée ni à la poussière ni aux intempéries.

Enfin, la grande force de l’Arteon, celle qui lui permet une once de polyvalence supplémentaire, c’est sans conteste son hayon qui s’ouvre sur un coffre allant de 563 à 1 557 litres. Dans les deux cas, c’est mieux qu’une BMW Série 4 Gran Coupé, ou qu’une Audi A5 Sportback, la praticité du hayon en plus.

Style intérieur et équipement

En prenant place dans le siège conducteur, on se sent immédiatement à son aise dans les sièges garnis de cuir nappa à motifs carbone et réglables à l’envi. Les cuisses et les côtes sont bien maintenus, et le volant à méplat tombe parfaitement sous la main. Contact, et l’on apprécie alors devant soi le virtual cockpit, qui distille toutes les informations nécessaires et notamment celles liées au GPS, ce qui évite d’avoir à détourner les yeux de la route pour anticiper son chemin.

L’écran tactile trônant au milieu de la console centrale, de 9.2 pouces (système Discover), permet non seulement de naviguer entre les différents modes de conduite disponibles (eco, confort ou sport), mais également d’accéder au système d’infodivertissement. Ce système, en sus des caractéristiques déjà connues (Carplay), connaît ici des évolutions notables tant en matière de sécurité que de services. Ainsi, il est désormais possible de se connecter avec votre concessionnaire pour anticiper toute révision, et en cas d’accident, la voiture peut d’elle-même prévenir les secours en fonction du nombre d’occupants dans le véhicule et de la vitesse au moment de l’impact.

Sur une base MQB largement étirée (l’Arteon mesure tout de même 4 862 mm), l’habitabilité est également excellente à l’arrière, où les passagers bénéficient d’un espace aux jambes plus qu’appréciable. Le confort, même en finition R-Line et mode sport activé, est d’un excellent niveau et les aspérités de la route ne viennent pas troubler la quiétude des occupants.

Pour pinailler sur un accastillage finalement très (trop) similaire à celui de la Passat, et au milieu de cette débauche d’équipements modernes et technologiques, on pourra regretter la montre incrustée au milieu du tableau de bord ; rappelant l’horloge de style Cartier insérée dans le tableau de bord de la Maserati Biturbo de 1982, celle installée dans l’Arteon dénote de par sa finition quelconque dans un environnement frôlant finalement le sans faute…

Sur la route

Sur les routes sinueuses de bord de Méditerrannée le châssis de l’Arteon, toute finition R-Line qui soit et tout mode sport activé, n’est bien entendu pas complètement à son aise dès lors que l’on a le pied un peu lourd… Toutefois, il faut tout de même saluer une tenue de route très sécurisante avec une amorce de sous-virage en cas d’excès d’optimisme, ainsi qu’un bon mordant des freins et ce même après plusieurs sollicitations ‘musclées’ et répétées sur les routes tortueuses entre Mandelieu-La-Napoule et Saint-Raphaël. La direction précise permet de placer les roues avant où on le souhaite, mais sa grande souplesse la rend plus à son aise sur les routes moins sinueuses et les grands axes.

En revanche, si le 2.0 TDI développant 150 chevaux fait le job avec les honneurs, il reste toutefois insuffisamment réactif dans certaines conditions, et notamment dans le cas où un dépassement éclair s’avérait nécessaire. Il peut néanmoins compter sur la boîte de vitesses DSG7, qui permet de reprendre les commandes quasi-instantanément via les palettes situées derrière le volant.

Un aller-retour sur l’autoroute entre Nice et Antibes nous permettra aussi d’apprécier les technologies prédictives, à l’image du régulateur de vitesse s’adaptant non seulement au trafic mais également aux limitations de vitesse fluctuantes grâce à la lecture de nos chers panneaux blancs cerclés de rouge. De même le système d’aide au maintien dans la voie est aussi efficace que fluide, même s’il n’autorise pas de lâcher le volant plus de quelques secondes avant de vous rappeler à l’ordre ; en somme un dispositif sécurisant mais on reste encore en deçà de l’autopilot une fois toutes les aides activées. Quoiqu’il en soit, la nouvelle fonction emergency assist permet à la voiture, en cas de défaillance du conducteur, de se déporter automatiquement sur la voie la plus à droite pour se mettre à l’arrêt, warnings allumés.

Le 2.0 TDI 150 manque certes de réactivité, mais il a l’avantage de rester neutre en matière d’émissions de Co2, là où les deux autres motorisations disponibles au lancement (respectivement le 2.0 TDI de 240 chevaux et le 2.0 essence TSI de 280 chevaux) se voient respectivement grevés d’un malus de 1 613 et 3 473 euros…

Toutefois, on ne saurait que trop recommander le TDI 150 dans l’autre niveau de finition disponible, baptisé Elegance, où l’on appréciera à sa juste valeur son onctuosité. A contrario, il sera plus judicieux d’opter pour le TDI 240 ou le TSI 280 en finition R-Line pour une meilleure homogénéité entre le style et les manières. Dans ces deux derniers cas, vous bénéficierez également de la transmission 4 motion, indisponible sur le TDI 150.

Tarif et conclusion

Comme le disait il y a quelques années la réclame de la Passat, ‘on peut aimer les belles berlines sans pour autant avoir un compte en banque en Suisse’… Et l’on serait tenté de rajouter concernant l’Arteon ‘et sans renoncer à une certaine esthétique’… En l’occurrence, les tarifs du nouveau vaisseau amiral de Volkswagen débutent à 37 800 euros, ce qui reste raisonnable si l’on s’en rapporte à la cousine Audi A5 Sportback, proposée quant à elle à 39 200 euros avec le 2.0 TDI de 150 chevaux, ou encore la BMW Série 4 Gran Coupé 418d, de même puissance, et qui s’affiche à 39 500 euros…

Pour la montée en gamme, comptez 4 380 euros de plus pour accéder aux finitions Elegance et R-Line (comme celle de notre essai). Un effort de 4 000 euros supplémentaires vous permettra d’atteindre le haut de gamme avec le niveau ‘Exclusive’, disponible tant en Elegance qu’en R-Line.

Au moment de rendre définitivement les clés de notre modèle d’essai subsiste toutefois la question de savoir si oui ou non l’attirante Arteon trouvera son public… Au vu de ses lignes, de son équipement et de son confort qui n’ont rien à envier à ses rivales ornées de quatre anneaux, d’une hélice ou d’une étoile, on serait tentés d’affirmer que oui, et que Volkswagen livre ici une alternative aussi crédible que séduisante à des références déjà bien établies et au blason plus prestigieux.

Si à Wolfsburg on compte en écouler 2 000 unités par an en France, il ne serait pas surprenant que l’Arteon dépasse in fine cet objectif, tant son style est séduisant… Mais seul l’engouement des acheteurs pourra confirmer cela…

+ON AIME
  • Ligne séduisante
  • Débauche de technologie
  • Excellente habitabilité
ON AIME MOINS
  • 2.0 TDI 150ch trop juste en finition R-Line
  • Public exigeant à convaincre

Crédits photo : Le Blog Auto

VOLKSWAGEN ARTEON 2.0 TDI 150
Prix (à partir de)37 800 euros
Prix du modèle essayé53 780 euros
Moteur
Type et implantation4 cylindres Diesel à injection directe
Cylindrée (cm3)1968
Puissance (kW/ch)110/150 à 3 000 trs/min
Couple (Nm)340 à 1 750 trs/min
Transmission
Roues motricesTraction
Boîte de vitessesDouble embrayage à sept rapports
Châssis
Suspension avantN/C
Suspension arrièreN/C
FreinsDisques ventilés AV/Disques AR
Jantes et pneus245/40 R19 – Pirelli P-Zero
Performances
Vitesse maximale (km/h)220
0 à 100 km/h (s)9,1
Consommation
Cycle urbain (l/100 km)5,4
Cycle extra-urbain (l/100 km)4
Cycle mixte (l/100 km)4,5
CO2 (g/km)116
Dimensions
Longueur (mm)4862
Largeur (mm)1871
Hauteur (mm)1450
Empattement (mm)2837
Volume de coffre (l)563 -> 1 557
Réservoir (l)66 (approximatif)
Masse à vide (kg)1643

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51 Commentaires sur "Essai : Volkswagen Arteon 2.0 TDI 150 DSG7"

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11e Choc
Invité

Belle voiture (à l’extérieur) qui me rappelle le Talisman de Renault. Je suis surpris de lire que cette voiture est neutre en émission de CO2.
Si c’est VAG qui vous l’a soufflé, un minimum d’esprit critique connaissant ce groupe aurait dû vous faire douter.

Gautier Bottet
Editor

« Neutre vis à vis du bonus / malus en France »

Lee O Neil
Invité

« Belle voiture (à l’extérieur) qui me rappelle le Talisman de Renault »

Peut-être parce que le designer de la Talisman, Alexis Martot, a travaillé plus de 10 ans chez Volkswagen ???

Anonyme
Invité

ce qui est partiellement faux, Lee O Neil. Certes, Alexis Martot (le designer de la Talisman) était bel et bien avant chez VW, mais il a rejoint Renault en 2012, soit avant que le projet de l’Arteon (pris en charge par le designer Marc Lichte) ne soit lancé !

Lee O Neil
Invité

Si c’est partiellement faux, c’est donc dans le même temps, partiellement vrai 😉

Après plus de 10 ans comme designer chez un constructeur, il parait probable d’avoir des sortes de gimmicks dans les doigts.

Lolo
Invité

La console fait vraiment trop Golf (pour ne pas dire Polo). Ca manque clairement de style et d’élégance à ce niveau pour viser les bam. Ca va plutôt aller chasser sur les terres de la Superb.

Nico
Invité

Va falloir m expliquer pourquoi cette Artheon n est pas le successeur de la Cc! C est une base de passat qui reprend l interieur. Pour moi c est le même principe que la Cc même si vw souhaite la faire passer pour autre chose.

rickyspanish
Invité

C’est pas trop mal vu le design relativement figé du groupe VW. L’avant a le mérite d’être différent du reste de la gamme mais l’espèce de baquette couleur carrosserie en prolongement du capot fait un peu tâche.
Par contre, ils ont franchement foiré l’intérieur en reprenant celui de la Passat … c’est complètement paradoxal pour une caisse qui se veut la plus exclusive et hdg de la marque. L’Artéon aurait mérité son propre tdb.

SGL
Invité

C’est quand même bien le mazout ! 😉 😀
4,5 l/100 dans une belle grosse voiture…
A près de 1.7t cela va être un acte militant d’acheter cette auto en essence. 😉

SGL
Invité

On connaît la musique… 95 % des gens sont anti-diesel par principe et pourtant au moins 90 % des ventes de ce type d’autos sont en diesel.

amiral_sub
Invité

90% des ventes de ce modèle se feront aux entreprises. Quant à la conso, un petit coup d’oeuil à sprintmonitor donne pour les passat diesel à partir de 2015 6.22l/100. Les 4.5l/100 sont utopiques

ART
Invité

Comme d’habitude l’amiral, c’est bien de réfléchir, les valeurs de conso sont donner pour comparaison avec une base commune à tous les véhicules… !!! Evidemment dans la vraie tu tourneras à 6L, et surement tu trouveras des mecs à 8 ou 9L suivant les conditions…

SGL
Invité

Bien sûr @amiral_sub, mais même si c’est 7 l/100 c’est toujours moins que les 10 l/100 SP95 minimum dans les strictes mêmes conditions en version essence.
Et là, 90 % des clients fuit les versions essence.

amiral_sub
Invité

il existe des grosses berlines essence à moins de 6l/100. Meme des SUV! Notamment chez un constructeur japonais qui d’ailleurs les écoule de plus en plus comme des petits pains

SGL
Invité

Vous pensez à Mazda @amiral_sub, peut-être 🙂
6l/100 même dans une berline efficiente en essence, faut pas avoir le pied lourd !!!
On se rapproche de l’exploit.
Je l’ai fait une fois, 7l/100 avec ma 309 GTi pour voir le pied très léger (c’était très chiant), moteur pas très efficient (conception des années 80) mais l’auto ne pèse que 930 kg ! Alors avec des berlines modernes 1,7 t, il faut que le moteur essence soit très efficient.

Amiral_sub
Invité

Je pensais aux toyota

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