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Interview d’AJ Foyt : « Je ne suis pas une légende »

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Anthony Joseph Foyt Jr., plus connu sous le nom de AJ Foyt, était cette année un invité de marque des 85èmes 24 heures du Mans. En effet, c’était les 50 ans de sa victoire mémorable au volant d’une Ford GT40 Mark IV avec son compère Dan Gurney.

Toujours bon pied bon oeil malgré ces 82 printemps passés, AJ Foyt est l’une des légendes, non seulement du Mans, mais aussi du sport automobile mondial. Outre les 24 heures du Mans 1967, le Texan a remporté 4 fois les 500 miles d’Indianapolis (en 35 participations), a été couronné à 7 reprises en National Championship (l’ancêtre de l’indycar en quelque sorte) et a également remporté plusieurs courses d’endurance de 12 ou 24h ainsi que de la Nascar.

Il est également patron de l’écurie AJ Foyt Enterprises qui a remporté les 500 miles ou le championnat d’Indycar. Mais, quand on lui parle de tout cela, AJ Foyt joue les modestes.

« J’étais rookie quand je suis venu en 1967. J’ai gagné avec Dan Gurney, et je suis retourné chez moi en vainqueur. Je n’avais alors pas de raison de revenir. Mais je suis content d’être enfin de retour au Mans. Ils ont fait pas mal d’amélioration sur les voitures (rires). Tout le monde me parle de 1967, mais je ne suis pas une légende. J’ai gagné il y a 50 ans, c’est vieux ça. Vous n’avez pas connu. C’est étrange. »

Etes-vous nostalgique de ces années 60 où il y avait moins de grosses structures et les voitures étaient plus difficiles à piloter ?

« En fait non. Vous savez, le circuit du Mans en ce temps là était bien, pour l’époque. Mais depuis, ils ont fait tellement d’aménagements. C’est un endroit magnifique. C’est une course si prestigieuse. C’est une belle tradition comme le derby du Kentuky (une course hippique de plus de 140 ans NDLA). Les pilotes veulent la gagner car c’est justement une course traditionnelle comme les 500 miles. »

Vous avez gagné 4 fois les 500 miles et remporté les 24 heures du Mans en 1967. Il ne vous manque que le grand-prix de Monaco en F1 pour la triple couronne. Est-ce un regret de ne pas avoir tenté le coup ?

« Eh bien je n’ai pas du courir suffisamment de courses (rires). En fait, j’ai couru à Silverstone, Brands Hatch, et d’autres circuits ici, mais j’ai eu la chance de courir pour Carroll Shelby, avec Dan Gurney comme coéquipier. C’était un grand honneur de courir avec eux. J’ai pu gagner les 500 miles et tant d’autres courses, et j’ai gagné ici. Donc, je regarde en arrière et je vois plein de beaux moments.

J’ai la chance de pouvoir revenir ici. Cela fait 50 ans que j’ai gagné. Comme je l’ai dit, c’est tellement différent de mon époque. Les voitures ont la direction assistée ou l’air conditionné. Moi le seul air que j’avais était soufflé dans la voiture. Aujourd’hui il y a toute l’électronique, c’est un esprit différent. On faisait tout à la main. Mais, les conditions sont difficiles dans d’autres dimensions. C’est très différent ».

Justement, cela n’affaiblit pas la légende du Mans cette « facilité » ?

« Il y a de super pilotes. Les voitures sont surtout beaucoup plus sûres maintenant, que ce soit en Nascar, Indycar ou Le Mans. C’est un bon point, c’est un très bon point. Je ne suis pas un survivant comme on dit. Que l’on soit pilote ou non, quand c’est votre heure, c’est votre heure ».

Est-ce que vous conduisez toujours avec les bras tendus (*) ?

« En fait je n’ai jamais eu l’habitude de conduire avec le volant très prêt comme on voit certains pilotes. Mais Dan Gurney est bien plus grand que moi, et nous n’avions pas les sièges qu’ils ont maintenant que l’on peut régler d’avant en arrière. Donc il a souffert un peu, et j’ai souffert un peu. Mais on s’est amusé quand même et on a vécu un grand moment. Qu’est-ce que vous pouvez demander de plus ? ».

D’une grande disponibilité, AJ Foyt a profité de son weekend Manceau pour replonger dans l’atmosphères des 24 Heures, discuter avec plein de monde et même rire aux éclats avec Chip Ganassi, autre légende américaine du sport automobile. Super Tex a pu faire un tour du circuit du Mans avant la course et il en a même profité pour signer des tableaux sur lesquels on peut le voir, lui et son compère Gurney, ainsi que la mythique Ford GT 40.

(*) AJ Foyt en 1967 est célèbre entre autre pour avoir du faire la course bras tendus faut de pouvoir ajuster le siège de la GT40. A l’inverse, une bosse avait été faite dans le toit pour que Gurney puisse tenir.

Illustration : T. Emme/le blog auto

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3 Commentaires sur "Interview d’AJ Foyt : « Je ne suis pas une légende »"

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double-d
Invité

chouette interview d’un sacré pilote qui a gagné les 500 miles d’Indianapolis et les 24 Heures du Mans a 11 jours d’intervalle

Jimbal
Invité

Souvenir de jeunesse. J’étais fan de AJ Foyt et Dan Gurney.

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