Accueil Endurance 24H du Mans 2017 : Courir les 24 heures, un accomplissement familial...

24H du Mans 2017 : Courir les 24 heures, un accomplissement familial pour les Nicolet

128
0
PARTAGER

Le weekend des 24 Heures du Mans approche à grands pas. Le pesage est passé, les équipes et équipages se préparent. L’occasion pour le blog auto de lancer une série d’articles sur les coulisses de la grand messe sarthoise avec des angles de vue insolites ou peu abordés par les médias.

Les 24 heures du Mans font toujours rêver, que ce soit le public désireux de vibrer en bord de piste au moins une fois dans sa vie, ou les pilotes, engagés normalement dans d’autres disciplines que l’endurance, dont les yeux brillent d’envie de rouler, au moins une fois en course, sur le grand circuit du Mans et de connaitre le grand frisson en bout de ligne droite aux Hunaudières.

L’aventure se corse encore quand le père et son fils partagent cette ambition pour une même édition.

Paul Lafargue, sera pour les prochaines 24 heures, accompagné de son père Patrice et de David Zollinger sur la Ligier N°17 de l’IDEC Sport Racing. Après avoir débuté la compétition en 2012 en VdV Endurance Series, le jeune homme se félicite de sauter le pas avec ses premières 24 heures. Rouler en catégorie LMP2 au Mans n’est pas donné à tout le monde et pourtant, lors de la journée test le fils a été, 3 dixièmes, plus rapide que son papa.

Le patron de Ligier avec son fils

Quand le père est le patron d’une entreprise de construction de voitures de course et que le fils est en charge du développement des activités de compétition à travers le monde, les choses prennent une autre dimension. Doit-on considérer cet engagement aux 24 heures comme une vitrine pour la marque Ligier aux destinées de laquelle ils œuvrent sans compter, ou comme une magnifique parenthèse dans un emploi du temps démentiel ?

Nous avons rencontré Jacques (le père) et Pierre (le fils) Nicolet lors de la journée test. On peut à l’évidence affirmer, que ce qui les rendait tous les deux heureux, était de partager d’abord une même passion.

La mine réjouie, l’oeil plus vif que jamais, allumé de bonheur, Jacques (9ème participation) nous confiait :

«  La passion heureusement peut reprendre ses droits. C’est vrai que j’ai dû consacrer beaucoup de temps à l’entreprise pour développer et accélérer les choses, mais aujourd’hui l’âge  avançant, il est temps de remettre en jeu ma passion de la course et de la partager avec Pierre. Ce seront ses premières 24 heures et nous partagerons le volant de notre Ligier N°33 avec Erik Maris, un ami de longue date. Nous faisons confiance au  Team Eurasia  Racing, qui travaille en Asie au développement de la marque Ligier avec la participation au challenge FRD  LMP3Series, où 13 Ligier sont engagées.»

On peut rappeler à ce propos, combien la création de la LMP3 Ligier a suscité d’enthousiasme dans le monde de la compétition, puisque actuellement sur le site de Magny-Cours, on a lancé la construction du 93ème exemplaire !

Revenons au Mans pour attendre Pierre Nicolet à sa descente de voiture après avoir validé sa qualification. Il nous commente à chaud cette grande première.

« Je suis très heureux  de cette expérience unique que je suis en train de vivre. Certes, cela a demandé beaucoup de travail  avec des essais à Magny-Cours et à Spa. Là nous connaissons un petit problème avec une pédale de frein trop souple, nous obligeant à prendre une marge de sécurité. Malgré tout, avec ma petite expérience je me sens bien dans une auto très saine et je m’attendais à bien pire pour ce qui concerne le trafic. On est tous respectueux les uns des autres et tout se passe bien. »

Nous avons plaisir à bavarder avec un jeune garçon (27 ans) que nous avions rencontré en 2012, quand il roulait sur une Ligier JS2 avec son papa, lors du Le Mans Classic. Après ses années d’études universitaires il a rejoint le groupe familial Everspeed, où, en charge du développement, il sert « de trousse à outils » à papa Jacques.

Pour toute cette semaine du Mans, les Nicolet vont laisser parler leur cœur. Forts d’une grande connivence, comme deux vrais gamins qu’ils restent dès qu’il s’agit de monter dans une voiture de course, ils assouviront pleinement leur passion, volant en mains. Le reste du temps, le business ne sera pas très loin et, comme Le Mans demeure une excellente vitrine sur le monde, ils présenteront leur nouveauté 2017 et multiplieront les contacts pour consolider leurs deux pôles d’activités, américain et asiatique.

Avec l’ami Erik Maris (4ème engagement aux 24H), gentleman-driver averti, les Nicolet n’auront d’autre ambition que de terminer ces 24 heures. Ce spécialiste des opérations fusion-acquisition à la ville, n’en est pas moins un pilote expérimenté ayant déjà couru les 24 heures, qui analyse ainsi les choses :

« Une LMP2 en configuration Le Mans ça va très, très vite. Il faut s’habituer à la grande finesse de pilotage. Il convient de trouver ses repères. Avec 20/25 kilomètres de mieux que l’an dernier, on avale les GT très facilement. »

 

 

 

 
Paradoxe, c’est le jeune Pierre qui dispose d’une licence Silver, alors que les « anciens » en sont restés « au bronze » et pourtant ce sont eux qui initient le « gamin » aux subtilités, difficultés, traîtrises des 24 heures. Pour ce qui concerne les temps lors de cette journée test, le fils a marqué son entrée en lice avec un 3’43’’817 devant son père en 3’44’’456 et Erik Maris en 3’46’’586. Pierre a couvert 29 tours, Jacques 23 et Erik 19.

L’entrée en matière s’est bien passée. Tous les trois se sont préparés physiquement pour la course, leur grand bonheur de rouler ensemble est de nature à leur permettre de dépasser tout stress inutile ou gênant et de profiter pleinement de cette expérience, unique et exceptionnelle.

En roulant, gageons qu’au-delà de leurs propres enjeux de pilotes, les Nicolet auront un œil sur la concurrence avec les Oreca, Dallara ou autres Riley. Effectivement, n’oublions pas que Le Mans constitue le premier rendez-vous mondial de ce monde multipolaire de l’Endurance. Quand Pierre ou Jacques enlèverons le casque de pilote ils reprendront, la casquette de constructeur.

Alain Monnot

Photos : Thierry Coulibaly et Alain Monnot

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Notification de
avatar
wpDiscuz