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Le plan électrique indien favoriserait les constructeurs chinois

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maruti alto800

L’ambitieux plan indien visant à ne proposer que des véhicules électriques en 2030 au détriment des autres technologies pourrait bénéficier aux constructeurs automobiles chinois qui cherchent à entrer sur le marché indien, ce qui inquiète les constructeurs locaux et les constructeurs étrangers déjà établis dans le pays qui ont jusqu’à maintenant porté leurs efforts sur les moteurs à combustion interne ou hybrides.

L’un des plus importants think tanks du gouvernement indien dédié à la transformation de l’Inde, NITI Aayog, a récemment publié une version préliminaire de son rapport visant à électrifier le pays dans lequel il recommande une baisse de la taxation et une baisse des taux d’intérêt pour le financement à l’achat de véhicules 100 % électriques tout en plafonnant parallèlement la vente de voitures équipées d’un moteur à combustion interne.

Il va sans dire que le rapport a fait des remous dans le secteur automobile, mais pas pour les mêmes raisons. Les plus mécontents sont Maruti-Suzuki et Toyota qui pensaient s’appuyer sur leurs motorisations hybrides pour résister aux assauts de la concurrence dans le cas du premier et conquérir des parts de marché pour le second.

Les deux constructeurs sont d’autant plus contrariés qu’ils ont annoncé récemment un partenariat pour produire des batteries lithium-ion en Inde destinées à des motorisations hybrides. Les constructeurs étrangers voient dans l’hybridation une étape intermédiaire avant l’électrification, mais la volonté du gouvernement de pénaliser les motorisations hybrides dès juillet inquiète.

La taxation totale sur les véhicules passera en effet de 30,3 % à 43 % à partir du 1er juillet, mettant les véhicules hybrides au même niveau que les voitures de luxe. Entre une Maruti-Suzuki Swift hybride et une Mercedes Classe E, il existe un fossé que le gouvernement indien a décidé d’ignorer. Même si ce dernier pourrait revenir sur sa décision à l’occasion de sa réunion mensuelle le 3 juin, les constructeurs ne sont toujours pas rassurés à long terme. Nissan et Hyundai, qui prévoyaient de commercialiser des modèles hybrides à la fin de l’année, ont mis leurs projets en pause.

On pourrait voir dans ce nouveau plan d’électrification du marché automobile la volonté de favoriser les constructeurs indiens. Dans la réalité, ils sont aussi mécontents que les constructeurs étrangers. Seul Mahindra & Mahindra produit actuellement des voitures électriques, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Le constructeur indien rejette la faute sur le manque d’intérêt des acheteurs et le manque d’infrastructure. Sur ce dernier point, Mahindra travaille avec le gouvernement indien et d’autres constructeurs pour multiplier les stations de recharge électrique.

Les seuls constructeurs à se frotter les mains sont les Chinois. SAIC voit dans le rapport de NITI Aayog une « grande opportunité » selon des sources proches du constructeur chinois. SAIC a récemment ouvert sa filiale MG Motor India à la tête de laquelle il a nommé l’ancien PDG de General Motors India, Rajeev Chhaba. D’autres personnes ont été embauchées pour diriger les finances, les ressources humaines, l’achat, l’informatique et d’autres fonctions. Encore à ses balbutiements, SAIC hésite encore à vendre ses voitures sous le badge MG et a mandaté à ce titre KPMG pour mener une étude du marché indien afin d’en découvrir le potentiel et les futures tendances.

Pionnier chinois des véhicules électriques, BYD est également prêt à débarquer sur sol indien. Le constructeur chinois, qui y produit déjà des bus électriques, a déclaré dans un communiqué qu’il serait « beaucoup plus confiant » pour se lancer sur le marché indien si le gouvernement supportait les véhicules électriques.

Quid des constructeurs français ? Renault est le seul en lice pour le moment. Pour le constructeur français, le rapport de NITI Aayog semblerait neutre. Le plafonnement de la vente de voitures équipées d’un moteur à combustion interne n’est pas une bonne nouvelle puisque le Kwid représente 75 % des immatriculations en Inde. Sa part de marché en souffrirait indéniablement et Renault verrait son ambition d’accrocher la cinquième place en 2020 plus difficile à achever. Mais, il pourrait aussi en profiter pour envoyer les Kwid à l’étranger, lui qui a bien du mal à satisfaire la demande partout où le petit crossover débarque. Quant à une offre électrique, le constructeur y travaille déjà en Chine sur la plateforme du Kwid avec à la tête du projet le père de la Logan et du Kwid.

 

Source : Economic Times of India, Reuters, Bloomberg

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