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Interview d’Angie Mead King, papesse philippine du tuning et du sport auto

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En octobre dernier, la F4 SEA débarqua au Clark Speedway, aux Philippines. Une pilote locale apparu sur la feuille des engagés : Angie Mead King. Une simple gentlewoman-driver ? Non, c’est beaucoup plus que cela. King est la patronne du préparateur Car Porn Racing, la représentante Philippine de RWB, une pionnière du drift local… Et fait non moins intéressant, jusqu’à l’an dernier, elle s’appelait Ian King !

King est très bavarde. A la moindre question, elle répond longuement.

Son enfance ?
« Je viens d’une famille d’hôteliers. Mon grand-père a ouvert un hôtel et nous possédons des hôtels et des motels à Manille. Mon père a construit lui-même un dune-buggy et c’est sans doute lui qui m’a transmise le virus ! A 15 ans, j’ai eu ma première voiture. Une VW Super Beetle de 1974. Mon père m’a construit un atelier, a embauché un mécano et un carrossier. C’était ma première voiture et déjà, je ne voulais pas qu’elle reste d’origine. J’ai lui ai donné un style Cal-look : je l’ai repeinte, surbaissée, déchromé les pare-chocs et mis des jantes Porsche dessus. Quelque chose de simple. Mais l’idée de tuner était là. »

Mettre les mains dans le cambouis, c’est plutôt une activité virile. Un adolescent qui se « sent une femme », on ne l’imagine pas vraiment passant ses week-ends dans un garage… Mais Angie n’y voyait pas de contradiction.

Ses premiers contacts avec le monde du tuning ?
« A la fin du lycée, en 1999, j’ai cartonné la Subaru Legacy break de la famille. Mon père m’a laissé l’épave, en guise de cadeau pour mon diplôme. Il m’a dit de la revendre pour m’acheter une voiture avec. Au lieu de ça, j’ai été voir Redline Racing (NDLA : un garage local), où travaillait un camarade. J’ai retapé la voiture et j’ai appris à faire de plus gros travaux, comme le travail de la fibre de verre. J’avais le plus beau break de l’archipel ! Ils m’ont mise responsable de leur « service compétition ». Je préparais les voitures de course, je coachais les pilotes et j’allais aux journée-circuit avec la Legacy. »

Elle poursuit d’elle-même :
« J’ai repris mes études, j’ai arrêté le circuit et je me suis intéressée au drift. Mais il n’y avait pas de drift dans les Philippines. Alors j’ai tout créé. J’avais des besoins très précis, en terme de préparation de voitures. J’ai du faire appel à plusieurs ateliers. Je cassais souvent mes voitures et elles étaient tout le temps en réparation. J’ai voulu les faire réparer moi-même. J’ai loué cinq places dans le garage d’un ami, puis dix, puis vingt, puis tout l’entrepôt ! J’ai créé ma chaine Youtube, King Car Clinic. Pendant deux ans, j’ai géré une école de drift et on a eu environ 200 élèves. J’organisais des évènements de drift, avec de l’autocross, du gymkhana, etc. Des gens voulaient que je leur prépare des voitures de drift. J’avais envie de formaliser mon activité de customisation et c’est comme ça que Car Porn Racing est né. »

En parallèle, elle épousa la mannequin et présentatrice-TV Joey Mead, très célèbre sur l’archipel. En tant que « mari de », elle a acquis une notoriété certaine. Loin des regards indiscrets, Joey l’aidait à se maquiller et à porter des perruques.

Pourquoi « Car Porn Racing » ?
« Dans les Philippines, le tuning concerne surtout les suspensions et les kits carrosseries [sur des berlines]. Nous, on a voulu tuner des Corvette et des GT-R. On voulait créer des voitures désirables, au sens charnel du terme. »

Car Porn Racing dispose de l’imprimatur de RWB pour l’archipel.
« Mon associé voulait représenter RWB. Moi, je n’aimais pas trop les 911 : le moteur est mal placé pour drifter et elles sont très chères. Je me suis renseigné dessus et j’ai découvert que c’était un préparateur très réputé dans le tuning underground. En 2011, on s’est rendu aux Etats-Unis et on a rencontré les représentants de RWB USA. Ils nous ont ré-aiguillés vers la maison-mère. On a rencontré Akira Nakai (le fondateur) au Japon. Puis il est venu nous voir à Manille, il nous a aidé à monter notre atelier et il nous a expliqué ses normes de qualités, ses méthodes de travail, etc. »

Akira Nakai a la réputation d’être excentrique (voir mystique, voir complètement barré), il n’est pas un peu bizarre ?
« Il est cool. C’est un artiste… Bizarre, non. Il est très gentil. Après que j’ai fait mon coming out, je suis allé au Japon et il a été le premier à m’appeler « Angie ». » RWB Philippines a construit onze voitures et la douzième sera pour moi ! »

Et comment vous êtes vous retrouvée au départ d’une manche de F4 SEA ?
« Je sponsorise Gaby (NDLA : Gabriel Cabrera.) Il était bon en kart, mais il n’avait pas les moyens d’aller plus loin. On voulais voir ce qu’il valait. A l’été 2016, World Speed Motorsport nous a invité à Sonoma pour un cours de pilotage en F3 (NDLA : avec des Lola-Dome.) A l’automne, une des manches de F4 SEA est annulée et à la place, ils sont venus à Clarke Speedway. J’y ai participé avec Gaby. Il a remporté une manche (NDLA : la course 3) et moi, j’ai fait un podium. Un podium chanceux. Mais un podium, c’est un podium, non ? »

Le début d’une grande carrière ?
« J’adore la monoplace, mais je préfère les courses de voitures de tourisme… J’adore les sensations [au volant], mais je ne sais pas si je veux poursuivre. Car, la F4 SEA se rend dans des pays musulmans (NDLA : Malaisie et Indonésie.) En tant que personne transgenre, j’y serais en danger. En tout cas, c’est sur la table. »


L’avenir de Car Porn Racing, c’est davantage de visibilité, avec une représentation prochaine aux Etats-Unis, à Los Angeles. Depuis décembre, elle suit une thérapie hormonale, mais elle reste mariée. Elle vient de passer à Top Gear Philippines.

Crédit photos : Angie Mead King et capture d’écran YouTube

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9 Commentaires sur "Interview d’Angie Mead King, papesse philippine du tuning et du sport auto"

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Pedroj
Invité

Sur la premiere photo on se dit oui, puis en fait, ben non.

HCJ
Invité

ok brad pitt

4aplat
Invité

Ca dois faire parler dans les chaumière !!! Une « fille » qui aime le tuning et qui était un garçon …

Membre

Rien de choquant pour là bas où les trans font parti du paysage depuis longtemps. En europe par contre c’est pas encore ça

Pedroj
Invité

« Pas encore ca » je n’y vois pas forcement un progres.

Thomas
Invité

Une transsexuelle dans le monde auto 🙂

beniot9888
Invité

C’est tout ce que tu as retenu de l’article ?

klm
Invité

bon article mais un peu « confession intime » a mon gout..Sinon vaut mieux quelque trop rare transgenre en en auto que pas du tout. l’univers mécaniques est effroyablement hétéro-centré de manière dogmatique et les sexualisées diverses et variées ne sont pas forcément acceptées sic le coming out de Danny watts.

Que vos confrère du motorsport network n’ont toujours pas traduit en français!!!!

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