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Indycar 2017 : KV jette l’éponge

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Pour 2017, KV comptait fusionner avec Carlin, qui accéderait au passage à l’Indycar. Le clef de voute, c’était Ed Jones. A partir du moyen où le Dubaïote a signé chez Coyne, le projet était compromis. Et avec le départ de Sébastien Bourdais (chez Coyne !), KV était dans une impasse. Sans surprise, l’écurie a annoncé son retrait. La fin d’une époque.

Les années Champ Car

En 2002, Pacwest -l’une des écuries phares des années 90- disputait trois manches de CART avant de fermer boutique. Une nouvelle structure, PK, rachetait son fond commerce en fin de saison. Kevin Kalkhoven (le « K » de PK) était un homme d’affaires ayant fait fortune dans la fibre optique. Inconnu du paddock, il était considéré comme un simple chéquier ambulant. La star, c’était Craig Pollock, manager de Jacques Villeneuve, fraichement débarqué de BAR. « Goldfish » comptait bien faire venir « JV ». En attendant, il embaucha des proches du tandem comme Patrick Lemarié ou Mika Salo. A la surprise générale, Pollock retira vite ses billes (faute d’avoir pu convaincre ?)
Pour 2004, Kalkhoven vit venir son ex-associé Dan Pettit et Jimmy Vasser (qui avait ainsi un double-rôle de pilote/coactionnaire) et l’écurie d’être renommée PKV. L’année suivante, à Portland, Cristiano da Matta ouvrit le palmarès de l’équipe. En fin de saison, Vasser décida de raccrocher le casque et se concentrer sur son rôle de manager. En parallèle, l’équipe réalisa son premier gros coup, avec le recrutement de Katherine Legge, l’anti-Danica Patrick du Champ Car.
Dans une discipline déplumée, PKV était l’un des rares « top teams ». Kalkhoven prit une nouvelle dimension en rachetant Cosworth à Ford (afin qu’il poursuive la préparation des blocs du Champ Car.)

Les années Lotus

Fin 2007, Champ Car et Indycar fusionnèrent. Pettit a raccroché et PKV de devenir KV. L’équipe profita du retrait de Walker pour lui reprendre Will Power et surtout, son sponsor-titre. En tant que propriétaire de Cosworth, Kalkhoven était présent en F1. On l’annonçait même comme repreneur de Toro Rosso… C’est sans doute par ce biais qu’il fut approché par Lotus. Les Anglais préparaient un retour en monoplace, avec à terme une structure Indycar (avec KV) et une structure F1 (avec ART Grand Prix.) Villeneuve devait en être, avec la F1 en ligne de mire. En Indycar, la discipline devait changer de châssis en 2012 et la nouvelle voiture serait personnalisable. Lotus prévoyait d’en profiter pour construire quasiment sa propre voiture, avec un moteur Cosworth.
Rien ne s’est passé comme prévu. ART Grand Prix n’obtint pas de licence pour la F1 et donc, Villeneuve se rétracta. Honda fut bien content de recaser Takuma Sato. Fin 2011, Dany Bahar annonça qu’il allait sponsoriser deux voitures (confiées à deux pilotes Lotus.) KV ne l’entendit pas de cette oreille et il recruta Tony Kanaan et E.J. Viso (soit trois voitures et non deux) sans en informer Hethel. Un an plus tard, Lotus dévoila son moteur (construit par Judd.) KV aurait du être l’équipe « usine », mais (à raison) elle avait une confiance limitée dans le bloc. Elle préféra signer avec Chevrolet (devenant son « équipe N°2 »), prenant au dépourvu les Anglais. Le partenariat fut rompu en fin de saison.

Des hauts et des bas

En 2012, Andretti, KV et Penske étaient les trois équipes « usine » de Chevrolet. C’est dire le prestige de Kalkhoven et Vasser. Kanaan pu convaincre Rubens Barrichello, son ami de 20 ans, de le rejoindre à ses côtés. La saison fut décevante. De plus, suite au naufrage du bloc Judd-Lotus, d’autres équipes rejoignirent le « + » et KV perdit son statut de privilégié. Barrichello fit un flop et Viso parti avec ses valises de Bolivars chez Andretti.
KV bénéficia tout de même du retrait de HVM, dernier fidèle de Lotus. Ainsi, Simona de Silvestro arriva avec sponsors et ingénieurs. Sur l’autre voiture, KV remporta les 500 miles d’Indianapolis. Un beau cadeau pour les 10 ans de l’équipe. Sur la photo, Kalkhoven, en blouson noir, se tenait de biais.


La fin

Fin 2013, c’était cette fois Dragon Racing (encore une ex-équipe Lotus !) qui ferma. Sébastien Bourdais et Sébastian Saavedra intégrèrent KV, tandis que de Silvestro tentait sa chance en F1 et que Kanaan parti chez Ganassi. Ganassi, justement, avait rejoint le clan « Chevy » et KV devenait un simple client aux yeux du motoriste. Le Français remportait au moins une course par saison. Saavedra, puis Stefano Coletti, furent ridiculisées.
Faute de budget, KV n’aligna qu’une voiture à temps plein, en 2016, pour le Manceau. Ce dernier fut très inconstant et il préféra partir chez Coyne pour 2017. L’association avec Carlin fit long feu. A 72 ans, Kalkhoven n’a pas envie de repartir sur une saison bancale. Il revendit ses deux voitures à Juncos et à son tour, il baissa le rideau.

Ainsi, Dale Coyne est la dernière équipe issue de l’ancien peloton du Champ Car. En Indycar, le turnover est important. Avec sa demi-douzaine de succès en une grosse douzaine d’années d’existence, KV n’avait rien d’une équipe légendaire. Alors merci pour tout et au revoir. Ce que l’Indycar a du mal à réaliser, c’est que ces dernières années, aucune nouvelle équipe n’a émergée. Les disparitions corps et bien (comme Newman-Haas) sont rares. Mais lorsque deux équipes fusionnent, c’est pour aligner une seule voiture. Les petites équipes deviennent une denrée rare…Crédits photos : GM (photos 1, 4 et 5), Ford (photo 2) et Honda (photo 3.)

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1 Commentaire sur "Indycar 2017 : KV jette l’éponge"

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FrancoSuisse
Invité

Ça fait mal au coeur de voir cela!

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