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Essai BMW M2 370 ch: Espèce en voie de disparition

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Une fois n’est pas coutume, commençons immédiatement par les chiffres ! Dans ces 4,47 m de longueur se cache un 6 cylindres turbo de 3 litres développant 370 ch. 465 Nm de couple maxi, boîte robotisée à 7 rapports et des performances à l’avenant, dont un 0 à 100 km/h abattu en 4,3 secondes tout juste ! Pour se l’offrir, il faudra signer un chèque d’au moins 61 750 €. Le décor planté, on peut maintenant passer aux choses sérieuses, à commencer par le look !

Style extérieur

La M235i, la version la plus véloce à disposition dans la gamme s’en tirait déjà bien avec ses attributs de sportive dans l’air de jouer les méchantes. Sauf que là, en plus du bloc qui crache encore plus de puissance, il a fallu caser les trains roulants de M3 et M4, ce qui pousse cette M2 à élargir ses ailes. Du coup elle apparaît encore plus méchante avec une sportivité exacerbée. Pour mieux faire respirer ce moteur débordant d’énergie, le bouclier avant a droit à des ouvertures béantes, pour mieux l’alimenter en air et optimiser le refroidissement. L’arrière se dynamise aussi avec les classiques double sorties d’échappement qui font partie de l’identité des modèles frappés du M chez BMW, alors qu’une lame aérodynamique surplombe le coffre de malle.

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Style intérieur et équipement

A bord, on se retrouve d’abord dans l’environnement d’une voiture typique du constructeur munichois. Ce modèle « Motorsport » se distingue principalement par les surpiqures bleues et rouges sur le volant, sur la sellerie et quelques logos disséminés ici et là. Les sièges sont évidemment spécifiques, et on a à peu près fait le tour. Il s’agit d’une sportive, mais elle ne sacrifie pas le gros du confort comme on l’attend d’un véhicule de la marque à l’Hélice. La connectivité multimédia est totale, l’équipement globalement complet pour pouvoir rallier en toute quiétude le circuit où elle s’exprimera au maximum. Dans la liste des gadgets amusants, il y a la télécommande qui gère la sonorité à l’échappement. La notice indique que le mode Sport peut s’utiliser sur les routes ouvertes, mais qu’il faut impérativement réserver le programme dit « Track » aux circuits. Autant dire qu’avec un tel appel au crime, ces instructions resteront lettre morte.

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Sur la route

La M2, c’est d’abord un moteur. Il dérive directement de celui de la 235i, mais voit sa puissance grimper à 370 ch. Pour sûr, il n’en manque pas un seul quand on sollicite toute la cavalerie. Dans un râle propre aux BMW hyper sportives, la voiture raccourcit toutes les lignes droites en un rien de temps, avec un méchant couple qui s’impose dès 1 500 tr/min et propulse au rapport suivant après plus de 7 000 tr/min. Autant dire que les relances, quel que soit les situations, s’avèrent être une simple formalité. Toutefois, il faut évidemment bien garder les mains sur le volant pour les plus téméraires qui décideraient de débrancher l’antidérapage. Mais surtout pour rester alerte sur les palettes de l’excellente transmission DKG à double embrayage. On connaît l’amour pour les boîtes mécaniques des puristes, mais pour une efficacité maximale, le choix doit être celui de la robotisée. Oubliez les ruptures de charges, elles n’existent pas, alors que les passages se font en un temps éclair.

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La direction participe au placement chirurgical de la M2 dans les courbes, mais mériterait malgré tout un peu plus de consistance. Mais associée à l’empattement plus court qu’une M4, elle rend la voiture plus incisive que cette dernière. Elle danse littéralement d’un virage à l’autre avec une stabilité qui donne l’impression au conducteur du jour de se croire un peu pilote. On sent bien que la monte pneumatique de qualité, puisqu’il s’agit de Michelin Pilot Super Sport, tient sa part de responsabilité dans cette tenue de route d’exception. Lorsque la météo se montre clémente, on peut mettre le pied par terre en sortie de courbe sans crainte, grâce à une motricité excellente, tout en restant en confiance avec une électronique qui veille au grain. En revanche, la M2 n’apprécie pas vraiment les routes bosselées ou dégradées, et cet exercice peut se montrer assez rapidement pénible. Sa capacité à faire oublier la définition du mot sous-virage donne le sourire et pousse à chaque amorce de virage à mettre toujours plus de vitesse. On peut certes débrancher les différentes aides, mais il est vivement de le réserver au circuit, ou de ne pas le faire du tout, car elle peut décrocher de manière assez violente. La question ne se pose même pas sur le mouillé.

Tarif et conclusion

La BMW M2 se paie cher, presque 69 000 euros quand on ajoute le malus, soit bien au-delà d’une Mercedes A45 AMG ou une Audi RS3 un peu moins amusante et excitante. Il est intéressant de noter que finalement, écotaxe comprise, le prix se montre presque équivalent que la boîte soit mécanique ou automatique. Et s’il était besoin de rationaliser ce choix, on peut se dire que les petites propulsions surpuissantes étant en voie d’extinction, les futurs propriétaires s’achèteront un petit morceau d’histoire en l’acquérant.

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Crédit photos : le blog auto

+Déjà une légende
Motricité exceptionnelle
Boîte DKG Excellente
Dure sur revêtement dégradé
Un peu chère

 

BMW M2
Moteur
Type et implantation6 cylindres en ligne turbo compressé
Cylindrée (cm3)2979
Puissance (kW/ch)272/370 à 6500
Couple (Nm)465 à 1400
Transmission
Roues motricesArrière
Boîte de vitessesDKG double embrayage à 7 rapports
Châssis
Suspension avantMacPherson
Suspension arrièreMulti-lien
FreinsDisques ventilés composite AV/AR
Jantes et pneus245/35ZR19 AV 265/35ZR19 AR
Performances
Vitesse maximale (km/h)250
0 à 100 km/h (s)4,5
Consommation
Cycle urbain (l/100 km)11,6
Cycle extra-urbain (l/100 km)6,7
Cycle mixte (l/100 km)8,5
CO2 (g/km)199
Dimensions
Longueur (mm)4468
Largeur (mm)1854
Hauteur (mm)1410
Empattement (mm)2693
Volume de coffre (l)390
Réservoir (l)520 → 1482
Masse à vide (kg)1510

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21 Commentaires sur "Essai BMW M2 370 ch: Espèce en voie de disparition"

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Panama
Invité

La dernière de son espèce efffectivement, les Merco Classe A AMG et Audi RS3 étant plus GT que sportives.
Belle bête que cette petite BM. Le prix ? Celui du pédigrée n’est-ce pas ?
Reste qu’il n’est pas évident de posséder une voiture qui a oublié la discrétion : entre la maréchaussée et les jaloux de tout poil, mieux vaut éviter les grands axes.

CDA
Membre

La ‘vraie’ M3 de 2016.
Bon, par contre « Déjà une légende », vous anticipez un peu je pense.

Dcomdim
Invité

Dans la mesure où la prochaine sera immanquablement motorisée par un 4 cylindres-sceaux, on peut considérer en effet qu’elle est déjà collector. Tout comme une M3 e46 dont la cote ne cesse de progresser.
Quand au prix supérieur face à ses concurentes directes, il est justifié par le supplément d’âme: coupé, 6 cylindres, propulsion. Le tiercé gagnant pour moi.

wizz
Membre

Le tiercé gagnant, ça s’appelle le jackpot. Et lorsqu’on détient le tiercé gagnant, on n’abandonne pas ce créneau

Par exemple, chez McDo, le tiercé gagnant, c’est une tranche de viande haché entre 2 tranches de pain noyée sous de la sauce tomate. Ce sont les 3 paramètres du tiercé gagnant de Mc Donald. Et il est peu probable de voir McDonald abandonner ce tiercé gagnant

Alors, la question est de savoir si ce tiercé est aussi gagnant pour BMW: coupé propulsion 6 cylindres, et pourquoi BMW va délaisser ce « tiercé gagnant » sur la Serie 1…

wizz
Membre
Une fois de plus, je prends des -1, pour avoir dit des choses pas très agréables à entendre pour des personnes dites « amateurs de voitures ». Mais au fait, en quoi roulez vous au quotidien? Parce que vous avez tellllement acheté de ces coupés propulsion 6 cylindres que BMW a fini par abandonner son tiercé gagnant, et adopter une plateforme traction pour sa Serie 1, mue par des 3 cylindres…. Faites ce que je dis. Ne regardez pas ce que je fais. A lire les gens sur les forums, le parc automobile ne serait constitué que par des coupé propulsion surpuissante… Lire la suite >>
wizz
Membre

Comme disait Coluche, « quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas !  » , et donc il suffirait que les gens en achètent si peu pour que le constructeur jette l’éponge. Cause, conséquence. On a constaté que BMW a jeté l’éponge…. Ça ne fait pas forcement plaisir à entendre, mais tels sont les faits. Fumez moins. Prenez moins l’avion. Renoncez à l’Iphone à 800 boules. Etc… et achetez la voiture de votre rêve. Ça ne peut que renforcer les constructeurs qu’il y aurait une forte clientèle à prendre sur ce segment…

beniot9888
Invité

Sur le coup, je suis plutôt d’accord avec Wizz. Par exemple, on reproche aux constructeurs français de ne plus avoir de motorisations nobles sur leurs berlines ? Il fut un temps ou on pouvait voir des V6 sur ces fameuses berlines. Des V6 essence ou diesel, au choix. Montant jusqu’à 240 chevaux. Du noble et prestigieux. Et qui en a acheté ?

Personne.

Alors faut pas s’étonner qu’ils n’en fassent plus. :/

Labradaauto
Invité
j’ai mis + pour l’esprit de votre commentaire très lié à la réalité du vécu. Le tout automobile a infligé une réglementation qui a même du mal à suivre l’évolution du trafic. Oui les grosses puissantes autos ne sont plus ce que préfère le quidam. Oui beaucoup de foyers, surtout à la campagne possèdent plusieurs cartes grises. Oui il y a un tas de mazout hors d’âge qui conviennent à merveille vu le régime fiscal comme « déplaçoire ». Les passionnés sont peut-être le plus à user des ces autos genre vieille golf 205 306 diesel , antique turbo d, vieux dti… Lire la suite >>
Anonyme
Invité

il n’est pas compliqué de renoncer à un iphone à 8000 balles, quand on sait qu’on a forcément mieux pour fatalement moins cher 😉

Pour le reste, il n’y a pas que les marques françaises qui ont abandonnées les « moteurs nobles », beniot9888. Même VW a laissé tombé avec sa nouvelle Passat. Et pourtant, eux ont une sacré gamme de V6 dans leur catalogue grace à Audi, et ils ont la clientèle pour les acheter, ce qu’on n’ont plus Renault et PSA !!!

Panama
Invité

@ witz : parce qu’une propulsion coûte 2000 euros de plus à produire qu’une traction et que BMW partage sa plateforme avec Mini.

wizz
Membre
et une propulsion Ferrari coute 100.000€ de plus à produire par rapport à une Panda, et qu’elle ne partage sa plateforme avec personne. Mais est ce que cela a empêché Ferrari de continuer à produire et à vendre ses voitures? Non, parce qu’il y a suffisamment de clients, ET qui sont prêts à mettre la somme nécessaire pour cela. Alors de même et retournons le problème, touuuuuuuut le monde ici et dans bien d’autres sites automobiles ne jurent que par des propulsions, gros moteur. Soit. Une propulsion couterait 2000€ de plus à produire. Soit. Alors soit les gens assument leur… Lire la suite >>
Labradaauto
Invité

une vraie auto !
hum ! juste dire qu’à froid comme ça, ça fout même des complexe aux bons pilotes pourtant: vais-je être à la hauteur de la machine ?
pour dire qu’il faut un minimum de roulage pour avoir le vrai plaisir, à savoir sentir « l’auto légère »
Bravo par les temps qui courent pour cette M2
Souvent les autos sur catalogues promettent et ne rendent pas le bon jus.
Quand on décoiffe une bm, on regarde les veines de gaz dans la culasse. A chaque fois je suis impressionné…

beniot9888
Invité

« On connaît l’amour pour les boîtes mécaniques des puristes, mais pour une efficacité maximale, le choix doit être celui de la robotisée »

A titre personnel, je préfère les boites mécaniques parce qu’elles me donnent un plus grand sentiment d’implication. Parce que j’ai plus l’impression de participer et parce que ça me plait. Bref, parce que ça fait partie du « fun ».

Et je profiterai plus d’une voiture « plus fun » que du 1/4 de secondes gagné.

Cela dit, soyons heureux, BMW offre le choix, sur ce modèle. Donc chacun pourra bien faire ce qu’il veut ! Tant qu’il en aura les moyens 🙂

Labradaauto
Invité
Vous faites une bonne remarque par là. En effet sur route et particulièrement à cette époque où les adhérences sont, seront variables. C’est plus avec le côté tactile de la boite mécanique que par une gestion électronique que l’on doit conduire une bonne auto. En plus comme vous le décrivez ceci participe à ne jamais déconnecter du plaisir de « faire bien » être vigilant en permanence et donc jamais imprudent. On doit toujours rentrer avec une auto impeccable et ce même si les éléments météo mettent en danger. Là, la conduite devient du pilotage. Et oui sur terrain glissant: rien ne… Lire la suite >>
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