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Le conducteur du jour : moi, Lolita

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Une promenade du samedi soir. Une forme ronde et noire apparait derrière un buisson. La peinture et la forme ne sont pas celles d’une voiture moderne. Cela mérite un petit détour… Effectivement, le buisson cachait une Peugeot 203.

Peugeot soutien tacitement la résistance durant l’occupation. Au moins, il n’a aucun problème au moment de l’épuration. Par contre, de part sa situation géographique, l’usine de Sochaux est libérée très tardivement et les troupes Allemandes mettent à sac le site avant d’évacuer. Par chance, Peugeot dispose d’un stock important de pièces de 202 et de 402 B. Dés 1946, il assemble donc des voitures quasiment à la main, à partir de ses stocks. A la même époque, la firme au lion finalise un modèle inédit, une 7cv. En 1947, une vraie production reprend, mais uniquement de 202. Il invente le teasing avant l’heure, expédiant des photos de pré-série de sa 7cv à la presse.
Au salon de Paris 1948, le mystérieux prototype de 1947 est dévoilé officiellement. C’est la 203. Il faut encore attendre un an pour la voir en concession. Le style s’inspire de la Lincoln Zephyr. Son 1,3l 44ch avec culasse hémisphérique, soupapes en « V » et boite à 4 rapports est un sacré bon en avant par rapport à la 202 ! De plus, elle dispose de suspensions hélicoïdales et des roues avants indépendantes. Néanmoins, c’est une propulsion avec un essieu arrière rigide ; de la modernité, mais pas trop. En 1949, la plupart des constructeurs se contentent de produire des modèles d’avant-guerre et la 203 est l’une des rares vraies nouveautés. On se bouscule donc pour signer des bons de commande. Personne n’a remarqué la disparition du tarif de la 202. Le nouveau modèle est décliné en break, en coupé, en cabriolet et en pick-up. Elle se taille une réputation de voiture fiable, voir indestructible. La 203 fait le bonheur des préparateurs et des marchands d’accessoires.
En 1955, la 403 arrive, mais la 203 poursuit son chemin jusqu’en 1959 et l’apparition de la 403 « 7 ». Mis à part le repositionnement des chromes et de la gouttière de toit, elle n’évolue guère en dix années de carrière. Au début des années 90, des 203 pick-up roulent encore en Afrique du Nord. En Europe, comme toute « popu », elle a du mal à acquérir un statut collector. Certaines rouillent dans l’indifférence générale et d’autres sont victime de tuning sauvage.

A priori, on est face à une 203 Luxe du second semestre 1950 : à cette date, les butoirs de pare-choc sont de part et d’autre de la plaque d’immatriculation, mais dés 1951, les flammes chromées sur les ailes disparaissent. La couleur noire est typique de l’après-guerre. Normalement, elle possède de petits enjoliveurs chromés, au centre de la roue. Le propriétaire les a sans doute enlevé, car ils sont trop vulnérables…

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