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Nissan développe une pile à combustible au bio-éthanol

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Des véhicules thermiques qui tournent à l’éthanol, il y en a. Des véhicules à pile à combustible au di-hydrogène, on commence à en avoir. Mais Nissan a décidé de combiner les deux et de présenter la toute première pile à combustible à l’éthanol.

Une manipulation du carburant plus aisée et un réseau déjà là

Le grand principe de cette pile à combustible reste le même. Un combustible permet de générer un courant qui est stocké dans une batterie, batterie qui alimente un moteur électrique qui fait avancer la voiture. Ici la pile à combustible utilise de l’éthanol dont le réseau de distribution est bien plus étendu que celui du di-hydrogène et qui se manipule bien plus facilement que le H2.

La technologie Nissan e-Bio réduit les émissions de CO2 fossile grâce à l’utilisation de l’éthanol extrait de la canne à sucre ou du maïs en lieu et place d’un carburant fossile (même le H2 actuel est tiré des extraction de gaz ou pétrole et a donc un bilan carbone négatif). La fabrication de l’éthanol reste évidemment sujette à caution car en effet l’augmentation des surfaces des plantations de canne à sucre en Amérique du Sud entraîne une déforestation importante par exemple. Mais il existe d’autres moyens, « plus propres » et qui n’utilisent pas d’aliment, pour produire de l’éthanol (avec de la paille de riz, des déchets, etc.).

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Un reformage qui émet du CO2

Dans les fait, la pile à combustible de Nissan ne fonctionne pas directement à l’éthanol. L’alcool doit d’abord passer dans un « reformer » qui va, par réaction chimique craquer l’éthanol et le transformer en di-hydrogène plus un produit « déchet ». Le H2 est ensuite combiné à l’air ambiant dans la PAC et ressort sous forme d’eau pure à la sortie. La PAC de son côté génère de l’électricité qui alimente la batterie de la voiture.

Avec un plein d’éthanol, Nissan promet 600 km d’autonomie mais fait sauter le verrou de la recharge de la batterie. Le plein d’éthanol prenant 5 minutes dans une station « normale » (contrairement au H2). Le tableau parait idyllique, surtout qu’outre la facilité de manipulation et de transport de l’éthanol, sa production peut être locale, abaissant le bilan carbone du procédé et évitant de lourdes importations de pétrole. Le silence et le confort de la voiture électrique sans avoir besoin d’une batterie énorme ni d’attendre de recharger la batterie.

Le reformage de Nissan utilise de l’eau en plus de l’éthanol. Pour éviter la création d’éthanal (produit cancérogène animal), le reformage prend de l’eau pour recombiner les carbones de l’éthanol et produire du H2 mais aussi du CO2. La voiture n’est donc pas complètement « zéro émission » à l’utilisation même si le CO2 émis est équivalent à celui piégé par la plante au départ du processus. Nissan envisage l’utilisation d’eau mélangée à de l’éthanol pour faire le plein d’un seul geste (sinon il faudra un réservoir d’eau).

Reste à connaître l’horizon de production de cette pile-à-combustible Nissan e-Bio.

Source et illustration : Nissan

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13 Commentaires sur "Nissan développe une pile à combustible au bio-éthanol"

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Benoit
Invité

Quid du devenir des atomes des carbone de l’ethanol lors de son craquage ? Ne serait-ce pas du CO2 ???

Claude
Invité

Petite rectification concernant le réseau de distribution mentionné dans l’article : en France, les stations-service ne distribuent pas d’ethanol à proprement parler, mais de l’E85 (85% Ethanol / 15% Essence sans plomb). Or que cette pile à combustible fonctionnerait à partir d’ethanol pur ou hydraté : le réseau de distribution actuel ne permettrait donc pas de faire le plein sur un tel véhicule, contrairement à ce qui est mentionné.

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