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Essai Seat Leon ST Cupra 280 au Nürburgring : une catalane dans l’enfer vert

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Déjà essayée par nos soins lors de sa présentation, la plus sportive des Leon break est, une nouvelle fois, passée entre nos mains. S’il est toujours plaisant de faire vrombir ses 280 ch, c’est surtout l’occasion de faire quelques tours sur la légendaire Nordschleife (la boucle nord du circuit du Nürburgring) qui nous a convaincu d’en reprendre le volant. Un essai éprouvant pour la mécanique… et pour votre serviteur.

Le Nürburgring… un nom qui fait vibrer tous les amateurs d’automobile. Spécialement lorsque l’on évoque sa boucle nord, longue de plus de 20 km et comptant plus de 70 virages. Trois cents mètres de dénivelé, jusqu’à 16% d’inclinaison en montée et 11% en descente, des rails de sécurité se situant, la plupart du temps, à moins de trois mètres des bords de la piste. Pas étonnant qu’il soit considéré comme l’un des circuits les plus difficiles et les plus dangereux du monde. Mais c’est aussi l’un des plus beaux avec son tracé qui serpente au coeur du massif de l’Eifel. Après presqu’un siècle d’existence (il a été inauguré en 1927), le Nürburgring reste le théâtre de nombreuses compétitions. Mais il est aussi considéré comme un juge de paix par de nombreux constructeurs qui ne manque pas de communiquer sur les temps réalisés par leurs modèles de série.

Histoire d’une revanche

Le record détenu par un modèle de série à traction avant a longtemps été la chasse gardée de Renault. Le 23 juin 2008, une Mégane RS R26R parcourt la Nordschleife en 8 min 16 sec 90. Un temps qui ne sera battu que le 17 juin 2011 par une… Megane RS Trophy (8 min 7 sec 97). La plus latine des marques du groupe Volkswagen met alors son nez dans cette histoire de record. En mars 2014, la Seat de série la plus puissante jamais produite, la Leon SC Cupra 280, fait tomber le record sous les 8 minutes, précisément à 7 min 58 sec 44. La réponse du losange ne se fait pas attendre. Deux mois plus tard, Renault présente la dernière évolution de sa Megane RS, la Trophy 275-R, fière de son temps sur la boucle nord du Nürburgring : 7 min 54 sec 36. Seat décide alors de prendre son adversaire à revers et lance la Leon ST Cupra 280 à l’assaut de ce redoutable circuit. Verdict : 7’58 »12. C’est moins bien que la Mégane et que la Leon SC ! Mais cela permet à Seat de s’enorgueillir du titre de break le plus rapide sur la Nordschleife. Un record que Renault est incapable de venir lui contester puisqu’aucune version Estate de la Megane RS n’est présente au catalogue de la marque au losange.

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Echauffement

Avant de s’attaquer au Nürburgring, reste toutefois à s’affranchir d’une formalité : acheminer l’auto jusqu’au circuit. Une ballade d’un peu plus de 500 km depuis Paris. Notre monture du jour est équipée de la boite manuelle à six rapports, des sièges baquets Top Sport habillés d’Alcantara (1 175 €) ainsi que du pack Sub’8  Black (jantes alliage 19′, système de freinage Brembo…), mais sans les pneumatiques Michelin Pilot Sport Cup 2 qui font grimper le prix de ce pack de 2 170 € à 2 625 € et sont un peu trop pointus pour un usage quotidien. Notre itinéraire comprenant une courte halte sur le non moins célèbre circuit de Spa-Francorchamps, nous empruntons l’autoroute A1, direction plein nord. Sur cet axe où le bitume se révèle quasi parfait, nos vertèbres supportent aisément la position Cupra de la suspension pilotée DCC (de série). Commandée depuis le Seat Drive Profile, elle comprend deux autres modes, plus tolérants (Confort et Sport). Tous trois agissent également sur la direction et la réactivité du moteur. Sur ce terrain, le plus difficile est de ne pas dépasser les limitations de vitesse. Le régulateur de vitesse sera ici notre meilleur allié pour préserver nos points de permis. Tout change une fois la frontière belge franchie. Non pas que nous puissions enfin lâcher la bride à nos 280 chevaux. Au contraire, les autoroutes d’outre-Quiévrain sont limitées à 120 km/h, voire à beaucoup moins dans les nombreuses zones de travaux. Les tronçons où l’asphalte est en piteux état ne sont pas rares non plus. Et même le mode Confort de la suspension ne peut pas grand chose contre les nids de poule et les pneus taille basse. On en vient à regretter nos « chères » autoroutes françaises…

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Attente et plaisir

… et à souhaiter franchir rapidement la frontière allemande pour nous dégourdir les roues sur les Autobahnen. Pas de chance, le trajet entre Spa et Nürburg, la ville qui donne son nom au Nürburgring (littéralement l’anneau de Nürburg) n’en comprend aucune. C’est assez rare pour être souligné. Il faudra nous contenter de routes semblant ignorer ce qu’est une ligne droite et qui traversent  l’Eifel et ses petits villages. Une occasion de confirmer que la Leon ST Cupra peut tout à fait se comporter en familiale bien éduquée. Notre arrivée tardive nous empêche d’aller voir de plus près ce fameux circuit. Il faudra nous contenter de ce que l’on peut en voir depuis notre chambre d’hôtel, à savoir quelques morceaux de bitume au milieu des arbres. La vue sur le circuit moderne, celui qui sert, notamment, aux Grand Prix de Formule 1, est, par contre, imprenable. L’excitation monte, d’autant que nous croisons partout ceux qui ont pu tâter de la Schleife toute la journée. Sur leurs visages, on lit la fatigue, mais aussi, la joie d’avoir pu parcourir une bonne poignée de kilomètres sur l’un des circuits les plus célèbres au monde. Demain, c’est notre tour. Mais, en attendant, une bonne nuit de sommeil nous attend. Nuit précédée d’un diner dans l’un des lieux mythiques de la région : le Pistenklause. Ce restaurant est le point de chute de tous les pilotes, amateurs et professionnels, de passage dans la région. La décoration, naturellement totalement dédiée à l’Anneau, est en conséquence.

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Enfin…

Un simple portail et seulement deux personnes pour contrôler l’accès. Voilà comment l’on accède à la Nordschleife. Malgré l’heure matinale, on entend déjà les moteurs des premières autos qui tournent sur la boucle. Le circuit n’est en fait qu’à quelques mètres. Il suffit de traverser un parking de quelques dizaines de places pour se trouver en bordure de la piste. Ce parking vaut d’ailleurs, à lui seul, le détour. De la Suzuki Swift Sport quasiment 100 % de série à la BMW M4 largement modifiée, de la Lotus Exige au Mercedes Vito V6 CDI « amélioré » (son propriétaire, un Anglais, nous confiera que son « utilitaire » développe 320 ch et qu’il l’utilise au quotidien), tout ce qui roule peut accéder au Ring. Ce jour là, une Renault Twizy était même sur la liste des inscrites. Notre premier tour aura lieu en tant que passager et à allure réduite. Durant la première heure, il est, en effet, interdit de dépasser les 140 km/h. C’est un pilote professionnel, fin connaisseur de la boucle, qui nous servira de chauffeur pour nos premiers tours de roues sur ce célèbre circuit. Des tours de roues qui s’annoncent plutôt tranquilles vu la vitesse limitée…

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Il n’en sera rien. Sur un circuit aussi tortueux, des courbes abordées à 100 km/h vous secouent déjà pas mal. Et même en ligne droite, la succession de bosses et de creux vous donnent l’impression de rouler à des vitesses prohibées sur route ouverte. Ca promet pour la suite. Et, justement, après 20 km de ce traitement, retour à la base afin de passer dans le siège de gauche. La pression monte d’un cran : objectif : se faire plaisir sans casser la voiture. Pour cela, « notre » pilote restera à nos côtés et nous servira de « GPS » en permanence. Ne reste plus qu’à pousser la Leon ST Cupra dans ses derniers retranchements. Si ces accélérations paraissent timides par rapport à celles des « monstres » qui nous dépassent, un rapide coup d’oeil au compteur nous montre toutefois que l’on roule bien plus vite que ce que l’on imagine. Grandes courbes à aborder à pleine vitesse ou virages serrés, la Leon reste imperturbable. Le mode Cupra raffermit suffisamment la suspension pour ne pas trop souffrir de mouvements dus aux changements d’appuis. La direction est sans doute un peu trop démultipliée pour ce genre de terrain, mais la Leon reste avant tout une voiture de série, faite pour rouler sur le réseau public. Même le freinage, pourtant largement sollicité, n’aura pas montré la moindre faiblesse. Au final, les seuls « défauts » consistent en un léger manque de motricité en sortie de virage serré, en un bruit moteur sans charme et en une commande de boite de vitesses pas suffisamment rapide pour un usage sur circuit. Rien qui ne soit rédhibitoire puisque l’usage au quotidien de la voiture n’en souffre pas. Ah si, une dernière chose. Une fois casqué, la garde au toit manque cruellement à l’avant, en tout cas lorsque l’auto est équipée, comme l’était la nôtre, du toit ouvrant et que le « pilote » mesure plus de 1m80.

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A lire également : Double essai Seat Leon Cupra : SC 265 ch et ST 280 ch DSG – Missiles furtifs

Crédit photos : Gilles Vitry/le blog auto

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