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Essai Peugeot RCZ-R : le lion ressort ses griffes

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Moteur THP 1,6l de 270ch, autobloquant Torsen, apparence sportive affirmée, cela faisait une éternité et même un peu plus que l’on n’avait pas vu de coupé répondant à une telle description chez Peugeot. Le constructeur et son département sportif, Peugeot Sport, ont décidé qu’il était nécessaire de frapper fort dans cette période troublée et ainsi montrer à la concurrence que le constructeur savait faire de vrais coupés performants, inaugurant par la même occasion une appellation R pleine de promesse. Mais le RCZ-R vaut-il les 42 900€ qu’indiquent l’étiquette ?

Visuellement, la version R ne se démarque pas énormément d’une version standard. Le style de la RCZ est un de ses meilleurs arguments et Peugeot n’a pas voulu s’éloigner trop de la sobriété d’origine, un choix un peu à contre-courant du raisonnement habituel lorsqu’il s’agit de modèles avec une extra-dose de performance. On ne retrouve donc pas de bouche béante ou d’artifices visuels trop imposants, dont la voiture n’a pas besoin pour donner une impression de sportivité. La RCZ-R se contente d’un aileron arrière bien intégré, de jantes spécifiques en alliage léger de 19 pouces et d’arches en noir mat. En option, elle peut adopter le toit en carbone noir, comme sur notre modèle d’essai, qui se marie plutôt bien avec le rouge Erythrée. Le seul choix vraiment muscle car, qui fait la différence avec le reste de la gamme RCZ, est la double sortie d’échappement de taille assez imposante et qui vient s’intégrer dans le diffuseur arrière. Quelques logos « R » viennent également pointer leur nez sur la grille de la calandre ainsi que sur le coffre arrière.

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Sous le capot par contre, les ingénieurs n’ont pas été avares de leur savoir-faire. Le moteur THP 1,6l a été totalement revu avec de nouveaux pistons, bielles, turbo et collecteur d’échappement. Grâce à ces modifications, le petit 1,6l développe l’impressionnante puissance de 270ch (soit près de 170ch/l !) à 6000tr/min, et un couple de 330Nm disponible dès 1900tr/min. Au volant l’impression de puissance est là, mais sans l’intensité que pourraient laisser imaginer les chiffres. Si les chevaux arrivent rapidement, les sensations restent assez feutrées ensuite à cause de la linéarité du moteur qui gomme les poussées du turbo. Ça n’est pas forcément désagréable mais décevra les amateurs de brutalité mécanique. Paradoxalement, c’est l’inverse pour la bande son à fort volume, pas vraiment mélodieuse et mêlant un râle rauque aux bruits d’aspiration du turbo qui plaira aux amateurs de rugueux mais pas forcément aux autres. Quoi qu’il en soit, le 0 à 100km/h est abattu en 5,9s. Même si la consommation n’est pas la première préoccupation de l’acheteur de ce type d’auto, nous avons oscillé entre 14l/100km en conduite soutenue et 9l/100km en moyenne, ce qui reste très raisonnable pour un moteur turbo de 270ch. Le moteur, pièce maîtresse de la RCZ-R, tient donc ses promesses mais ne fait jamais oublier qu’il n’est pas un V6…

 

Essai-Peugeot-RCZ-R_46Les ingénieurs de Peugeot Sport ont également effectué un travail important sur les liaisons au sol. L’autobloquant mécanique Torsen, malgré quelques à-coups sur sol sec, permet une motricité exemplaire et dompte les 270 chevaux de façon convaincante. Cependant, les limites du système se font ressentir sur sol mouillé (nous n’avons pas eu le grand beau temps durant l’essai) où les remontées dans le volant sont plus violentes et l’ESP plutôt conservateur. Le comportement du châssis est traditionnellement un point fort chez Peugeot et ne déçoit pas ici. La voiture est communicative, en particulier via le train arrière qui vient se placer où on le souhaite et ne se dérobe pas. Il a été très difficile de le déstabiliser sur le sec. Autre point, le freinage a été renforcé (disques ventilés et étriers à 4 pistons pour l’avant et flottants pour le train arrière) et reste très mordant ce qui permet de placer la voiture au millimètre dans des virages très serrés.

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Malgré ses suspensions rabaissées de 10mm, le Peugeot RCZ-R n’en devient pas particulièrement inconfortable au quotidien. Si l’amortissement est plutôt ferme à basse vitesse, les dos d’âne sont absorbés sans trop broncher ni déstabiliser l’avant. Le ressenti s’améliore quand on augmente l’allure, et si on n’oublie pas les irrégularités de la route à vitesse plus élevée, on a vu pire chez d’autres sportives de sa catégorie. L’habitacle est celui de la RCZ,  assez sobre, avec quelques touches spécifiques pour ce RCZ-R. Le plus grand changement concerne les sièges qui sont remplacés par des baquets mi-cuir et Alcantara noir Mistral confortables. La planche de bord se pare du même cuir gris foncé avec surpiqures rouges du plus bel effet.

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On note également des seuils de portes siglés Peugeot Sport ainsi qu’une plaque R en aluminium sur la console centrale, un traitement que l’on retrouve sur le pédalier mais aussi sur le levier de vitesse.

Conclusion

Le coupé RCZ-R arrive à ses fins et traite d’emblée d’égal à égal avec les tractions sportives établies du même niveau de puissance, comme la Mégane RS ou sa cible la plus évidente, l’Audi TT-S. Tout n’est pas parfait cependant avec quelques surprises comme la linéarité appuyée du moteur couplée curieusement à une sonorité particulièrement rageuse, ou encore le ressenti parfois cassant des suspensions, une concession au parti pris sportif choisi par Peugeot.

Sur le plan pratique, il convient enfin de noter que le RCZ-R n’offre que deux places utilisables et reste de ce fait moins pratique au quotidien qu’une Mégane RS, ce qu’il compense par une ligne plus exclusive qui regarde vers le monde des GT plutôt que de celui des petites sportives. Tous ces éléments devront être pris en compte au moment du choix, sachant qu’à 42 900€ la RCZ-R est dans le haut de la fourchette de la catégorie.

Essai-Peugeot-RCZ-R_16

+– Moteur particulièrement soigné
– Look sportif sans tomber dans la caricature
– Amortissement bien géré à vitesse élevée
– Direction très précise combiné avec le châssis performant
– Sonorité un peu envahissante
– Ressenti suspension à faible vitesse
– ESP sensible sur sol mouillé
– Tarif élevé par rapport à la concurrence

 

Caractéristiques
Moteur
Type et cylindrée4 cylindres essence turbo de 1,6l
Puissance199kW / 270ch à 6000tr/min
Couple330Nm (de 1900tr/min à 5500tr/min)
Boîte de vitessesManuelle à 6 rapports
Transmission
Roues motricesAvant + autobloquant Torsen
Jantes19 pouces en alliage léger
Pneumatiques235/40 R19 Goodyear Eagle F1 Asymmetric 2)
FreinageAvant : disques ventilés + étriers fixes 4 pistons Arrière : disques ventilés + étriers flottants
Performances
0 à 100km/h5,9s
Vitesse max250km/h
Consommation
Rejet de CO2145g/km
Cycle mixte6,3l aux 100kms
Cycle urbain8,4l aux 100kms
Cycle extra-urbain5,1l aux 100kms
Dimensions
Longueur4287mm
Largeur1844mm
Hauteur1362mm
Empattement2612mm
Poids à vide1280kg

Crédit photos : Le Blog Auto

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58 Commentaires sur "Essai Peugeot RCZ-R : le lion ressort ses griffes"

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Phil
Invité

belle voiture, sans doute bien finie, mais avec une mécanique un peu plus noble, moteur en position centrale arrière et propulsion et la nous aurions eu une vraie voiture de sport, mais l’idée est bonne

SGL
Membre

Oui certes, mais fait avec les « moyens du bord » châssis 308 mk1 et avec des contraintes de R&D limité financièrement.
Il n’en pêche que le résultat est bien là ! et qu’elle reste une des plus belles cartes de visite de Peugeot .

wizz
Membre

coût de développement d’une plateforme: environ 1 milliard d’euros
coût de développement d’un moteur performant: environ 1 milliard d’euros (pour info, l’investissement pour les moteurs EB ont couté 717 millions d’euros)
coût de développement d’une boite de vitesse qui va avec: disons 1/2 milliard d’euros.

sachant que les gens acceptent de signer un chèque de 75000€ sans hésiter pour une voiture ayant 4 cercles sur le calandre, et refusent de faire un chèque de 50000€ pour un lion, alors à ce rythme, il faudrait une éternité à PSA pour amortir l’aventure (hasardeuse) d’une RCZ propulsion, moteur noble à position centrale arrière…

SGL
Membre
Totalement d’accord @wizz , et merci pour les estimations des coûts de développement (j’en suis friand) Il est très clair que Peugeot ne peut se permettre de boxer sur le même ring des meilleurs allemands, il n’empêche que les HDG Peugeot est une alternative crédible , d’un point de vue rapport qualité-prix, aux premières Audi / BMW / Mercedes, à condition bien sûr, de renoncer au blason (qui flatte l’ego) et ne pas dépasser les 45.000€ L’exemple de cette RCZ est remarquable : belle et efficace pour une traction , maintenant y’a mieux c’est sûr L’Alfa 4C (moins polyvalent) le… Lire la suite >>
juuhuu
Invité

Pour sortir une Clio V6, est ce que Renault a claqué 1 milliard ??

wizz
Membre
Pour la Clio V6: -le moteur existait déjà, était commercialisé « en grande quantité » par PSA et Renault, donc un coût de revient pas trop trop cher. Une petite amélioration par Renault Sport, et ce fut tout, pour le porter à 230ch (phase 1) au lieu des 211ch de base -la boite de vitesse est celle de la Laguna, Espace, Velsatis. La transmission est à peine modifiée, puisqu’on s’aperçoit que la 6eme est très bien pour rouler pépère sur autoroute, mais trop longue pour une voiture sportive Avec 2 constructeurs, à une époque où ils vendaient encore des V6, ils perdaient… Lire la suite >>
wizz
Membre

http://www.tremery.psa.fr/fileadmin/sites/TREMERY/docs/DPMoteurEB.pdf

le communiqué de presse de PSA concernant l’inauguration de leur moteurs 3 cylindres

il est à noter que:
-l’usine existe déjà, les batiments, l’infrastructure, etc…
-le moteur 1.0 VTI est à la base celui de Toyota, qui a été modernisé
-techniquement, une partie des machines de production des moteurs 4 cylindres peuvent aussi produire ce moteur 3 cylindres. Ce qui risque de ne pas être le cas pour un V6

bref, développer un V6 performant, sobre, ce sera bien plus proche du milliard que de 500 millions…

beniot9888
Invité

Wizz,

Arrête d’inventer quand tu sais pas. Le moteur 3 cylindres n’a aucun lien de parenté avec celui de Toyota.

wizz
Membre
Mais personne n’a dit que le 1.O VTI est THE moteur Toyota, fabriqué sous licence par PSA…. Un peu de logique industrielle. Développer un moteur, ça coute cher, très cher. Et intégrer un moteur dans une voiture, ça coute cher aussi. Bref, on essaie d’économiser le plus d’argent possible, à commencer par réduire le nombre de moteurs différents. VW par exemple, le faisait très bien avec son célèbre 1.9 TDI, un bloc décliné sur une large plage de puissance. Et lorsque VW avait besoin d’un plus petit moteur, ils avaient amputé ce bloc d’un cylindre pour en faire un 1.4… Lire la suite >>
Invité

L’avant en effet d’optique rend bizarre

T
Invité

D’accord avec Phil, super bagnole mais un moteur central avec propulsion ou une transmission intégrale aurait été plus judicieux … Question de coûts comme toujours

wizz
Membre

t’en acheterais, à 75000€?

Carlos Ghost
Invité

Entre cette sacrée bagnole au restylage réussi (ce qui est rare) et un TT deuxième version, qui dénature le concept initial délibérément Bauhaus, je n’hésite pas une seconde*.

Malheureusement, mon banquier, mon kiné et mes clients (je suis dans la brocante) ne sont pas d’accord.

* Ça c’est pour l’énervé qui m’a insulté parce que je n’en pinçais (selon lui) que pour els teutonnes.

Tom
Invité

Il est vrai que la première TT n’a pas de descendance digne de ce nom au niveau du style.

SONIC
Invité

Superbe ligne, excellent moteur et chassis: pari reussi pour ce coupé Peugeot!

Pour autant la concurrente est l’Audi TT et en aucun cas la megane RS qui nest qune berline 3 portes survitaminée alors que ce RCZ est un coupé sportif vraiment exclusif! Comparer la seule puissance moteur est simpliste!

Sinon pourquoi ne pas comparer une Megane RS et un Porsche Boxster qui affiche la même puissance en entrée de gamme: ca na pas de sens!

Yop
Invité

Tout à fait d’accord avec toi. J’ai tiqué également vis à vis de la comparaison avec la Mégane… TT et Boxster (si le client oublie de regarder l’écusson) peuvent être des concurrentes par contre.

Pat
Invité
Désolé mais je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Il me parait assez évident que le 1er adversaire de Peugeot, c’est Renault (un peu comme GM/Ford). Renault se promène depuis longtemps au top des comparatifs concernant les tractions sportives propulsées par un 4cyl. + turbo. Voila que Peugeot sort, enfin, une traction sportive coupé propulsé par un 4cyl. + turbo d’une puissance équivalente et d’un prix comparable avec, comme la Megane, un autobloquant mécanique. Tous le monde pense évidement à la Megane RS et les acheteurs potentiels qui ont 40 k€ et une bonne idées des hatchbacks sportives… Lire la suite >>
philippe
Invité
@Pat « Ça peut flatter l’ego de la comparer à une TT grâce à la jolie ligne qui s’en inspire un peu mais cela me fait penser aux vendeurs Peugeot qui comparaient la 406 coupé à une Ferrari. il a un monde en terme de prix entre les deux. » La comparaison 406 coupé/Ferrari est abusée si l’on parle de concept, maintenant, à l’époque où elle est sortie, la 406 coupé avait vraiment les gênes stylistiques d’une 456 GT. C’est absolument indéniable. Par contre, il n’y a rien de délirant à comparer une RCZ à un TT. La technologie de la TT… Lire la suite >>
wizz
Membre
effectivement, on peut tout à fait comparer on peut même comparer une A4 avec une 408…dans une certaine mesure -si on prend une RS4, alors non, ce ne sera pas comparable avec la 408 -si je prends une A4 V6, essence ou TDI, alors non plus, ça ne sera pas comparable -si je prends le HDG de la A4, alors non plus, ça ne sera pas comparable avec le HDG de la 408 -mais il y a des domaines qui sont comparables. Beaucoup de ploucs roulent par exemple dans une A4….TDI105. Alors oui, en face, on peut aligner une 408… Lire la suite >>
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