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Essai rétro : Peugeot 504 Coupé

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Nous sommes en 1969. Alors que les Beatles explosent le palmarès des ventes de disques en France, Peugeot fait sensation au salon de Genève en levant le voile sur la déclinaison coupé de la 504 sortie un an plus tôt. Fidèle à la tradition maison, cette nouvelle venue témoigne des ambitions de la marque au Lion à monter en gamme. En 1983, la 504 Coupé libère les chaînes de production après 22 975 unité écoulées. Trente ans plus tard, nous sommes revenus sur ce mythe qui hante la mémoire des amoureux des belles françaises en prenant les commandes d’un exemplaire de 1977 motorisé par le 4 cylindres de 2,0 l de cylindrée.

Le charme à l’italienne :
Au fil de sa carrière, la Peugeot 504 Coupé a été déclinée en trois séries apportant avec elles leur lot de retouches cosmétiques plus ou moins subtiles. Moins rustique que la première génération, notre Série 2 d’essai s’avère être un juste milieu avant de verser dans la pédiode des années « plastiques ». Malgré son patronyme, la Peugeot 504 Coupé n’affiche plus aucun lien stylistique avec la berline dont elle dérive. Plus courte de 13 cm (empattement raccourci de 19 cm) et légèrement plus large, elle respire le dynamisme malgré les lignes douces et élégantes esquissées par Pininfarina. La face, plus horizontale et plus basse donne du caractère à l’auto et la ceinture de caisse, délimitée par des traits horizontaux, se jette sur une malle de coffre beaucoup moins inclinée que sur la placide familiale. Parsemé d’éléments chromés comme les pare-chocs, les bas de caisse, les jonc de vitres ou les rétroviseurs, le coupé français n’a alors rien à envier, d’un point de vue visuel, à la concurrence italienne ou anglaise de l’époque.

En ouvrant la portière on découvre un cocon douillet qui invite au voyage. La finition, qui est à remettre dans son contexte historique, est finalement de bonne qualité et l’équipement pléthorique. De gros fauteuils en velours (trop) moelleux accueillent les passagers, l’ensemble de l’habitacle est recouvert de plastiques imitant le cuir ou de moquette, des placages chromés apparaissent aux quatre coins et le ciel de toit rainuré vient couronner le tout. Afin de répondre à sa vocation de GT, Peugeot dote la Peugeot 504 Coupé d’une horloge analogique, de vitres électriques, d’une direction assistée, de rétroviseurs réglables de l’intérieur ou de sièges chauffants (option manquante sur notre modèle d’essai), s’il vous plaît. Au final on y est bien assis mais l’on doit en revanche composer avec une ergonomie agaçante de nos jours : l’axe du volant légèrement excentré demande accoutumance, les commandes de ventilation réclament de leur côté du doigté et le commodo de phare (situé à gauche, celui des clignotant se retrouvant à droite) prend la forme d’un labyrinthe pour passer des feux de position à ceux de route.

Un coupé Grand Tourisme uniquement :
Née avec un 1,8 l 90 ch, la 504 Coupé a essuyé bon nombre de critiques et Peugeot a alors orchestré une refonte de la gamme. Le 4 cylindres passe à 2,0 l avant de disparaître pour laisser le champ libre au célèbre V6 2,6 l PRV de 136 ch, venu donner toutes les lettres de noblesse au coupé et, surtout, concurrencer les Alpine A310 et Citroën SM. Seulement, la crise pétrolière passe par là et Peugeot réintroduit le 2,0 l en 1977 pour refaire grimper la courbe des ventes. A partir de cette année, ce moteur est pourvu d’une injection mécanique et développe alors 106 ch pour 17,2 mkg de couple. Avec près de 1 300 kg sur la balance, les performances en prennent pour leur grade. Mais au contraire de ce que laisse suggérer sa fiche technique peu flatteuse, la 504 Coupé 2,0 l s’avère être un choix idéal pour qui compte aujourd’hui accéder au mythe sans se ruiner. L’apparition de l’injection permet à la mécanique d’économiser du carburant mais aussi d’assurer une bien meilleure fiabilité face aux carburateurs capricieux.

Plus typée GT que sportive, la 504 Coupé s’élance comme n’importe qu’elle citadine essence actuelle d’une cylindrée modeste. Les reprises ne poussent pas à mimer une course de côte sur route nationale et le quatrième rapport bride rapidement la vitesse de pointe. Même si la tenue de route est correcte et le freinage à quatre disques endurant, l’amortissement mollasson ajouté aux flancs des pneumatiques importants n’invitent pas à la gaudriole : le confort de suspension n’a pas les prétentions du système hydraulique de la Citroën SM mais avec ces réglages, la 504 Coupé est plutôt orientée vers la balade coulée. C’est alors qu’elle délivre toute sa quintessence avec un moteur disponible, une large vision panoramique due aux montants très fins et avec des équipements qui facilitent la vie à bord d’une ancienne de nos jours. Nous regretterons juste la banale sonorité de l’échappement, rattrapée de justesse par les sifflements de la transmission qui donnent du cachet à la voiture.

Un bon investissement :
Élégante et confortable, la Peugeot 504 Coupé est devenue en l’espace de 40 ans un mythe de la haute couture automobile française. Bien que sa plastique évoque une sportive pure et dure, c’est bien le coude à la portière à un rythme peinard que l’auto se déguste, et ce quel que soit la motorisation. Mais comme toutes les anciennes, la 504 mérite de relever sa jupe au moment de l’achat : carrosserie italienne oblige, la rouille n’épargne que trop peu la coque à divers endroits et peut vite devenir un cauchemar financier. Un cauchemar qui peut aussi se passer au garage si l’entretien mécanique de l’exemplaire convoité n’a pas été respecté. Plutôt fiable en règle général, le 4 cylindres pourra avouer quelques faiblesses au niveau du joint de culasse ou de la pompe à injection alors que le V6 PRV nécessitera continuellement un réglage de ses carburateurs s’il en est équipé.

A moins de vouloir a tout prix accéder au mythe de la motorisation V6, le 4 cylindres semble être un choix judicieux en terme de rapport qualité/prix. Moins performant en ligne droite que le moteur en V, il permet de faire des économies non négligeables en carburant. De plus, la rareté de ces modèles fait grimper la cote autour des 10 000 € quand une 504 Coupé 2,0 l Série 2 se négocie autour des 6 000 € pour un modèle irréprochable. Hormis les questions anti-passionnelles des pertes ou gains possibles à la revente, la Peugeot 504 est à ce tarif là un bon investissement car elle ne vous fera pas passer des nuits blanches sous son capot ou derrières vos relevés de compte. Et puis quelle gueule !

La galerie de cet essai (Crédit photo : Soufyane Benhammouda/Leblogauto) : [zenphotopress album=15100 sort=random number=4]

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23 Commentaires sur "Essai rétro : Peugeot 504 Coupé"

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nouh
Invité
Comme quoi, les lignes douces et élégantes restent magnifiques et sont intemporelles ….. La majorité des designers d’aujourd’hui feraient bien de retourner à l’école Pininfarina avec leurs modèles sur dessinés et proche de la customisation. Seul Audi a compris que les lignes simples, élancées légèrement soulignées se mémorisent naturellement et caressent l’œil. Cette 504 coupé était une vraie star et son volant n’a jamais gêné que les journalistes automobiles français qui répètent bêtement toujours les même remarques comme aujourd’hui d’ailleurs…. Son confort et son silence était remarquable pour l’époque, l’ergonomie simple. Mon père a possédé une berline et un coupé,… Lire la suite >>
Manchu
Invité
(Presque) Complètement d’accord. Le gros problème des designers aujourd’hui c’est photoshop et la CAO: « On peut le faire donc on va le faire », et c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi. Ce n’est pas seulement Audi, mais Wlater Da Silva qui a déclairé que les lignes simples et épurées étaient ce qu’il y a de mieux: c’est plus lisible, et surtout ça prend moins de coup de vieux à chaque génération. Qui a envie d’acheter une voiture démodée dans 3 ans?! Le travers de ce principe est justement son application chez VW: pour quelqu’un de sensibilié, on est capable… Lire la suite >>
beniot9888
Invité

Je ne suis qu’à moitié d’accord. Audi, à force de faire et refaire exactement la même chose a réussi à sortir une A3 qui a presque l’air plus vieille que celle de la génération précédente. Quand à l’A4, quand on en croise une, difficile de savoir si elle est neuve ou si elle a 6 ans. Ce qui n’est pas flatteur pour la neuve, malheureusement.

Bruce
Invité

Nouh

Seul Audi à compris !! Mais grâce encore une fois aux disegner italiens 😉

Guigiaro ..Walter de Silva ..filippo perini !!!

Merci pininfarina de nous avoir créé des merveilles <3

Panama
Invité

La Mercedes française de l’époque. C’est en regardant cette voiture qu’on prend conscience de la désespérante descente vers le milieu et bas de gamme des constructeur français. Divine surprise toutefois avec la ligne DS de Citroën.

Quant au coupé 504, ila toutes les qualités du monde à son époque. Voiture bourgeoise certes, mais quelle allure.

Une icône des trente glorieuses, et c’est bien pour ça qu’elle a toute sa place dans le cœur des Français.

cestmoi
Invité

Souvenir du cabriolet blanc de ma prof de français de sixième… .

Venter le design Audi, faut avoir la mémoire courte, mais je suis d’accord sur ceux de beaucoup de voitures modernes.
Mais Renault avait bien avancé avec la dernière Laguna et on ne peut pas dire que cela a été bien perçu.

jimbal
Invité

C’est vrai, quelques anciennes Audi n’était pas emballantes; actuellement ils font du très bon boulot, comme chez BMW depuis le départ de Bangle.
La Laguna III a un design tellement rebutant avec ses phares bizarroïdes, sa ligne de flanc ondulée et son arrière incohérent que j’ai renoncé à l’acheter malgré les offres mirobolantes qui m’étaient faites chez Renault.
La 504 coupé est vraiment l’archétype du dessin de carrosserie réussi.

Frederic.E
Invité

Ah ben la voilà en article ! je te le redis … Bravo 🙂

beniot9888
Invité

Le coupé 504 était vraiment une très très belle voiture ! Quel classicisme, quelle élégance bourgeoise !

Et l’exemplaire en photo est magnifique.

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