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Le conducteur du jour: une princesse anglaise

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Mettre un intérieur bois et des sièges en cuir dans une petite berline, d’un constructeur généraliste, aujourd’hui, ça semble commun. Mais le premier qui a eu l’idée, c’est Austin avec cette Princess Vanden Plas. Like a sir!Le modèle d’origine n’a pas vraiment de nom. Certains l’appellent BMC 1100/1300, d’autres le désignent par son nom de code, ADO 16. En 1958, le groupe BMC souhaite combler le trou entre la Mini et l’Austin Farina. L’équipe d’Alec Issigonis crée une voiture autour du bloc « A ». Outre la traction (encore rare à l’époque à ce niveau de gamme), l’innovation porte sur des suspensions, inspirées de la 2cv. Côté look, BMC songe un temps à en faire une « grosse Mini » (d’où de faux airs de Daihatsu Sirion/Lifan 320.) Finalement, après avoir défini une forme générale, ils demandent l’aide de Pininfarina. Le designer italien se contente de raboter quelques lignes et de modifier un avant disgracieux. Des touches minimales, mais qui rendent nettement plus attrayante la voiture.
La Morris 1100 arrivent en concession à l’été 1962. Elle est immédiatement suivie par la Princess Vanden Plas et la MG 1100 (à deux carburateurs.) L’Austin 1100 (version « normale » de la Princess) débarque à l’été 1963. Les confidentielles Wolseley 1100 et Riley Kestrel. Un sextet auxquels il faut ajouter l’Innocenti IM3 et des cousins espagnoles (dont l’étonnante Authi Victoria à 4 portes), australiennes, irlandaises, sudafricaines et chiliennes!
En 1966, une version break apparait. L’année suivante, les ADO 16 reçoivent le 1275cm3 des Mini Cooper, mais avec un seul carburateur et la boite des 1100.

Ainsi, la voiture illustrant ces propos est une Princess Vanden Plas 1300. « Princess » est à l’origine le nom de la grande berline Austin. En 1959, sur sa remplaçante, il devient un nom de marque. BMC « princessise » la 1100/1300 pour rappeler la grande berline 3 litres/4 litres: calandre chromée, phares longue portée et donc, un intérieur plus luxueux. Un concept nouveau dans les années 60: jusqu’ici, on associait petit gabarit et présentation dépouillée. Elle sera produite jusqu’en 1974, date à laquelle elle sera remplacé par l’affreuse Vanden Plas 1500, basée sur l’Allegro.

Tout au long de sa carrière, l’ADO 16 reste la meilleure vente du Royaume-Uni. Elle s’offre même le scalp de la Ford Cortina. Alec Issigonis, obsédé par l’espace intérieur, lui donne la meilleure habitabilité de la catégorie. Tandis que Pininfarina lui offre une ligne bien dans le ton de l’époque, suffisamment élégante pour plaire, tout en s’éloignant des modes, pour mieux vieillir (contrairement à…) Malgré la Morris Marina (1971) et l’Austin Allegro (1973), elle restera au catalogue jusqu’en 1974. L’Austin Apache sudafricaine survivra jusqu’en 1977.
Lorsqu’un produit est un succès, c’est toujours difficile de prendre du recul et d’analyser ses défauts éventuels. Or, la carrière de l’ADO 16 est criblée d’erreurs. Ainsi, BMC inaugure son habitude de changer de dirigeant juste avant un lancement important. En 1962, alors qu’elle arrive en concession Leonard Lord est écarte au profit de George Harriman. Ce dernier n’est guère enthousiasmé par la voiture, de quoi démotiver les troupes. Ensuite, il y a cette politique de 6 badges différents. Elle est due au manque de coopération entre Austin et l’ex-groupe Nuffield; chacun veut tirer la couverture vers lui. L’avantage, c’est que les concessionnaires se tirent la bourre. L’inconvénient, c’est que cela tue l’image des différentes marques. D’autant plus que BMC ne fait aucun effort pour leur donner de la personnalités (mis à part pour la Princess.) On achète une ADO 16, pas une Austin ou une Morris. La production est longtemps en-deçà de la demande. Chez Morris, la 1100 cohabite avec la Minor, que les dirigeants refusent de sacrifier! En 1967, les 1300 arrivent en catimini et lorsque les clients veulent en commander une, on leur répond que la priorité est donnée à l’export! Le sentiment des dirigeants est: « Et alors? On est N°1, non? Ce ne sont que des problèmes mineurs. » Effectivement, dans les années 60, BMC possède une clientèle suffisamment fidèle pour passer l’éponge. Mais à force, elle finira par se tourner vers Ford. D’autant que Ford UK met le paquet sur la promotion. Et BMC, devenu British Leyland, le paiera très cher…

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3 Commentaires sur "Le conducteur du jour: une princesse anglaise"

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leelabradaauto
Invité

une auto qui passe outre les modes, classieuse. à mes yeux encore aujourd’hui.Petite et grande à la fois

beniot9888
Invité

d’où de faux airs de Daihatsu Sirion/Lifan 320″

Étant donné que cette voiture est apparue 50 ans avant, il serait plus logique de dire que ce sont les Daihatsu Sirion/Lifan 320 qui lui ressemblent.

Romain
Invité

Le frère de mon meilleur ami en possède une. C’est une voiture fantastique, sympa, indémodable et qui fait vraiment tourner les têtes à son passage

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