Le conducteur du jour: Audi, pas top credibility

Audi V8 small Le conducteur du jour: Audi, pas top credibilityEn matière de plantage dans le haut de gamme, on pense d’emblée aux Français. Mais les Allemands ont aussi eu leur lot de bourdes. L’Audi V8 est la première grande berline du groupe VW et donc c’est elle qui essuiera les plâtres. Grâce à elle, ils comprendront tout ce qu’il ne faut pas faire!

Dans les années 80, sous la direction de Ferdinand Piech, Audi cherche à monter en gamme. La 100 (C3) de 1982 s’offre une version plus luxueuse, la 200. En 1988, il veut chatouiller les BMW série 7 et Mercedes Classe S avec une voiture encore plus grosse, la V8. C’est aussi l’époque où VW marche sur l’eau, avec une Golf 2 reine du marché européen.

Le premier accroc a lieu avant même son lancement. Depuis 1982, la 5000 (version US de la 100) est accusée d’accélérer toute seule. En octobre 1987, 60 Minutes effectue un reportage à charge (bidonné.) Audi est carbonisé Outre-Atlantique. Les ventes s’écroulent d’année en année. Or, sans les Etats-Unis, la rentabilité d’un très haut de gamme est compromise.

La fausse bonne idée de la V8, c’est d’avoir repris la cellule centrale de la 100. L’avant et l’arrière sont inédit, mais ça ne saute pas aux yeux. D’où son image de « grosse 100″.
La V8 dispose, comme son nom l’indique, d’un V8. En l’occurrence, un 3,6l (issu de l’assemblage de deux blocs 4 cylindres 1,8l) 250ch. Elle est uniquement proposée en Quattro.
A 429 650 francs, elle est moins chère qu’une Mercedes 500 SE (465 000 francs.) Le problème, c’est qu’il y a un vrai « trou » avec la 200 (342 700 francs.) Audi ne peut pas accompagner sa clientèle traditionnelle; il doit conquérir une nouvelle population. Or, on est encore à l’époque du réseau Volkswagen-Audi: le client premium n’a pas envie d’acheter une V8 exposée entre deux Golf…

Pour rectifier le tir, elle débarque en DTM (titre en 1991 avec Hans Stuck et en 1992 avec Franck Biela.) En 1992, le moteur est réalésé à 4,2l et il développe 280ch (NDLA: la voiture du jour est une V8 4,2l.)
Néanmoins, en parallèle, la firme aux anneaux lance une 100 C4. La 100 S4, équipée du même 4,2l, est vendue 327 000 francs (contre 539 000 francs pour la V8.) Certes, les deux voitures ont une définition différente, mais pourquoi payer plus cher pour une voiture dérivée de l’ancien modèle?

Puissante, fiable (la voiture du jour affiche 420 000km au compteur), bien équipée et prix attractif, la V8 souffre surtout d’un manque d’image.
Suite à cela, le constructeur prend des options radicalement différentes pour l’A8, en 1994: plateforme inédite, politique produit agressive (un nouveau modèle tout les 7 ans) et surtout, Audi se dote d’un réseau distinct. De quoi crédibiliser le constructeur dans le premium et le mettre au niveau de BMW et Mercedes…
Pour autant, Volkswagen commettra peu ou prou l’erreur de la V8 avec la Phaeton, voulue par ce même Ferdinand Piech.

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  1. bullitt dit :

    Se serait plus facile à lire si les prix étaient convertis en euro même si ces prix étaient a l’origine exprimés en FRF.

  2. Moi dit :

    La Phaeton n’est pas un échec ni une réussite commerciale, quand bien même en Chine elle cartonne!
    Par contre, comme pour l’Audi V8, elle est là pour préparer le vrai haut de gamme VW, la Phaeton II. Elle défriche pour mieux rebondir.
    Ce cas de figure, le groupe VW en est maître.
    Exemple: Skoda Superb I, banale, Superb II, un commencement de réussite, et Superb III, eh bien on verra, mais il se murmure qu’elle va taquiner les Classe E et Série 5!

    2e rxemple: Seat Exeo, banale A4, Exeo II, le terrain défriché, elle devrait mieux réussir.

    Conclusion: le premier modèle sert à ouvrir un nouveau créneau à la marque, le 2e à réussir…

    QED

    • Valde dit :

      @Moi
      +1
      une voiture pétrie de qualités, qui va asseoir la réputation de la marque.
      Ce que beaucoup de constructeurs, avec une vision à trop court terme, ne font plus.

  3. Ezy dit :

    Elle avait de faux air de Renault21 quand même…

    • c'estmoi dit :

      Elle était plutôt assez insipide niveau du dessin extérieur.

    • Dano dit :

      @c’estmoi : c’est ce que recherchait la clientèle de l’époque.

    • bizzarrini dit :

      c est normal qu elle ressemble a une r21,vu que audi a choisi la meme disposition moteur-boite longitudinal,traction avant ,comme sur r12,r18,r25 et r21(ce qui explique les porte-à-faux importants sur tout ces models).
      audi garde les moteurs longitudinaux(sauf sur l A3 ?) et vw a adopté les moteurs transversaux.

  4. doubleD dit :

    tout d’abord il fallait bien commencer un jour et l’Audi V8 a ete lencé dans l’arene, cela n’a pas ete l’extase au niveau vente , mais a conduire sous le pluie , une Audi V8 grillé a l’epoque a peu pres tout ce qu’il roulait, elle a meme ete consideré comme l’une des meilleur voitures du monde avec son systeme Quattro , et profiter de son defaut pour en faire une qualité, ce moteur en porte a faux avant a servit pour developper le Proconten, un cable qui se tendait pour retendre les ceintures et tirer la colonne de direction vers l’avant pour ne pas blesser les conducteurs.

  5. juuhuu dit :

    Des bonnes idées pour cette V8, un peu le tâtonnement d’un premier hdg. Il fallait y passer et apprendre, surtout retenir. Visiblement ce qu’ont chier nos constructeurs. A enfiler les perles depuis la R25…

    Elles semblent plutôt fraiche pour son age. Quelques photos intérieurs auraient été sympa aussi. JJO, merci pour la qualité de l’article

  6. litlfred dit :

    Meme si j’etais encore un peu jeune à l’époque, l’Audi V8 etait considéré comme un outsider plus que valable face aux S et 7er de l’époque bien aidée par son Quattro. Oui elle n’a pas eu les memes volumes de ventes que les 2 autres, n’avait pas encore la meme Aura mais ce n’etait pas son but, elle etait bien là pour poser la marque et apprendre… Ce que ce modele a parfaitement reussi….

  7. Frederic Papkoff dit :

    Elle n’a peut-être pas été une réussite commerciale absolue, mais elle a réussi à faire peur à Mercedes. L’arrivée combinée d’Audi, de Lexus et la montée en puissance de BMW avec la 7 E32 sur son pré carré ont poussé Stuttgart à la surenchère, et à donner naissance à la S W140. Censée être le summum technologique de l’époque, mais malheureusement très lourde (au propre comme au figuré), ce qui de fait à plutôt favorisé l’émergence des rivaux allemands plutôt que de leur barrer la route.

  8. leelabradaauto dit :

    Un numéro qui a servi pour asseoir la marque. Il est mal venu de critiquer ausjourd’hui. A noter que l’auto fait « MOINS MONSTRE » que ce qu’on voit en calandres aux anneaux à présent. Allez vous garer à Constance avec ce genre de grosse auto, par exemple ds les parkings aériens ….

  9. juuhuu dit :

    La S W140, très lourde… Vue de l’esprit quand on voit le poids aujourd’hui… :)

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