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Bientôt un champion de F1 Asiatique?

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Le centre de gravité du sport automobile se déplace à l’est: Chine, Inde, Malaisie… Chaque année, de nouveaux circuits ouvrent en Extrême-Orient. Des nouvelles disciplines apparaissent. Des pilotes viennent tenter leur chance en Europe et nul doute que l’un d’eux ira en F1.

Le Japon, l’exception qui confirme la règle

Le Japon est le premier pays asiatique à porter ses pilotes jusqu’en F1. Hélas pour les fils de l’archipel, les temps ont changé. La preuve: faute de sponsors, le talentueux Kamui Kobayashi doit arrêter la F1. Alors que dans le temps, des pilotes plus moyens comme Ukyo Katayama, Satoru Nakajima ou Aguri Suzuki, ont été tenu à bout de bras, pendant des années, par des entreprises japonaises.

Honda et Toyota, principaux relais entre le Japon et l’Europe ne sont plus en F1. Terminée aussi, l’époque où de jeunes Japonais arrivent en F3 avec les poches pleines de yens.

2013 sera le premier Grand Prix du Japon sans Japonais sur la grille.

En 2012, ils se font bien rares sur les grilles des formules de promotions. Point de Japonais en GP2, en FR3.5 ou en Auto GP. Yu Kanamaru (FR 2.0) et Kotaro Sakurai (GP3) n’ont pas marqué les esprits. D’ailleurs, à l’été, Status GP demande à Sakurai de rester chez lui.

Kimiya Sato (F3 ATS) est le seul à monter sur les podiums. Un temps leader du championnat, il s’effondre ensuite et termine 3e. En décembre, il teste une Auto GP et partage l’auvent d’Euronova avec Sakurai. A suivre ?

La Chine, baby-boom

La question n’est pas de savoir s’il y aura un jour un Chinois en F1, mais quand est-ce qu’il y aura un Chinois en F1.

Avec 1,3 milliard d’habitants et le premier marché mondial d’automobiles, la Chine fait rêver la F1. Pour l’instant, seule une portion marginale de la population s’intéresse à la discipline. On est très loin de l’engouement national pour le basket ou le badminton. L’explication est simple: les Chinois regardent les sports où il y a des Chinois. Donc, pour que les Chinois se passionnent pour la F1, il faut un pilote Chinois.

Seulement voilà, Cheng Cong Fu est à l’arrêt chez McLaren. Ho-Pin Tung (ci-dessous) teste successivement la Williams/BMW, la BMW, la Renault et la Lotus/Renault, sans devenir plus véloce pour autant. Quant à Ma Qin Hua, entre ses piètres chronos et les 100 millions d’euros réclamés par HRT pour un baquet, il restera une bonne blague. Même Cheng le tacle gentiment.

Ma et Cheng sont de la première génération de pilotes chinois, qui découvrirent le sport auto sur le tard.

La deuxième génération s’y est mis plus tôt. Qui plus est, elle bénéficie de championnats mieux organisés. Sun Zheng est le leader de cette génération. En 2012, il est présent partout: CFGP (champion), CTCC (2 victoires), Audi R8 LMS Cup (4e et premier « vrai Chinois »), Formula Pilota China et Carrera Cup Asia! Il considère qu’il a fait le tour de la Chine et qu’il est temps de se rendre en Europe…


L’Europe, « David » Zhu (F2) et Cao Hong Wei (FR BARC) y sont déjà. Li Chi Cong prétend qu’il fera de la F3 Européenne avec Carlin (ce que ni l’équipe, ni la discipline n’ont confirmé.) Potentiellement, il pourrait y avoir 4 Chinois dans les formules de promotion européennes, en 2013. Et ce n’est qu’un début…

Il faut y ajouter le cas particulier Adderly Fong. Ce Hong-kongais né au Canada aime coudre un drapeau chinois sur sa combinaison. Comme Sun, il lime beaucoup le bitume en 2012: Auto GP, British F3 en « National » (5 victoires de classe en 6 courses), Indy Light et Audi R8 LMS Cup (vice-champion.)

Son plus beau résultat remonte à 2010: un podium « scratch » en British F3 avec une « National ». Depuis, ses performances sont en dent de scie. Néanmoins, l’atout de Fong, c’est sa capacité à mobiliser des sponsors. En 2013, il devrait piloter pour Marussia en GP3. S’il décroche des podiums, nul doute qu’on lui fera une place en F1…

Parmi les noms cités, il n’y a pas de pilote « évident ». Dans l’absolu, aucun d’eux n’a démontré grand chose jusqu’ici. Même en Chine, ils se font battre à plate couture par des seconds couteaux.

Aujourd’hui, une troisième génération de pilote arrive déjà. Ils ont grandi en regardant la F1 et ont fait du karting à l’adolescence. Ils débutent aujourd’hui en sport auto et ils ont faim. En 2012, sans complexe, Zhou Zi Bo, Wu Ruopeng et Zou Si Rui débarquent dans les pelotons. Et l’on se doute qu’en 2013, le bataillon sera encore plus conséquent.

L’Inde, bientôt

A l’instar de la Chine, l’Inde est un marché commercialement important.

La situation indienne est paradoxale. Le pays a déjà deux pilotes passés par la F1, Narain Karthikeyan et Karun Chandhok. Néanmoins, il n’y a personne pour prendre leur suite à court-terme. La soif de trouver un espoir Indien est telle que les deux premiers vainqueurs de la Polo Cup (Sailesh Bolisetti et Aditya Patel) sont immédiatement expédiés en Europe.

Le sport auto indien rappelle le sport auto chinois il y a 10 ans: un seul vrai circuit (Buddh), une Polo Cup et c’est tout. Avec la MRF 2000, le pays dispose de sa première vraie discipline monoplace. Néanmoins, les plateaux des deux premiers meetings ont été gonflés par des invités britanniques.

En attendant, les aspirant-pilotes indiens sont contraints à l’exil dans les pays limitrophes. Patel (ci-dessous) et Akhil Khushlani s’offrent un mi-temps en JK Racing Asia (avec une victoire pour Patel.) Parth Ghorpade et Raj Bharath disputent la Formula Pilota China (avec une victoire pour Ghorpade.)

Néanmoins, ce n’est qu’un début. Car là encore, à l’instar de la Chine, les jeunes motivés sont chaque année plus nombreux…

La Malaisie, l’autre pays du sport auto

On a tendance à l’oublier, mais la présence de la Malaisie en F1 est assez ancienne. Depuis le milieu des années 90, la F1 fait escale à Sepang et le pays sponsorise des F1 (via notamment la compagnie pétrolière nationale, Petronas.)

Un seul pilote a accédé à la F1: Alex Yoong. Arrivé trop tôt, au mauvais endroit, au mauvais moment, il fait long feu. Fairuz Fauzy est pilote d’essai chez Lotus Racing, puis Lotus-Renault Grand Prix (merci Proton.) Mais,  complètement à l’arrêt, il est recalé à chaque fois.

Un journal malaisien parle de « mauvaise année du sport auto malaisien ». Pourtant, au contraire, il se porte très bien! Depuis cette année, il dispose de sa propre Scirocco R-Cup. En 2013, on attend une version locale de la FG1000 et un deuxième circuit, sur l’île d’Iskandar, doit sortir de terre.

Jazeman Jaafar est le nouveau fer de lance du pays. Après un parcours chaotique, il monte enfin sur les podiums cette saison, en British F3. L’an prochain, il devrait « monter » en FR3.5.

Nabil Jeffri (parfois écrit « Jaffri ») veut marcher sur les traces de Jaafar. Éphémère pilote d’essai Lotus Racing, il court en JK Racing Asia et manque de peu le titre. En 2013, il devrait suivre son équipe, EuroInternational, en F3 ATS.

Afiq Ikhwan ne partira pas en vacances avec Jeffri ! A Buddh, pour la finale du JK Racing Asia, les deux pilotes se percutent (chacun accuse bien sur l’autre) alors qu’ils jouent le titre. En parallèle, Ikhwan court en Formula Pilota China et dans quelques jours, il sera au départ de la Toyota Racing Series.

Là encore, on trouve d’autres « nouvelles têtes » pleines d’ambition.

Weiron Tan, soutenu -de loin- par Caterham F1, court en JK Racing Asia et est annoncé en FG 1000. Depuis l’automne, il est à pied. Natasha Seatter remporte toutes les courses de FG 1000 et le titre 2012-2013 lui tend déjà les bras. Sean Gelael, brillant animateur de la Formula Pilota China, fera le grand saut en 2013, avec le British F3.

Les autres…

Le « Prince Bira » est le premier pilote asiatique vu en F1. Pilote d’ERA dans les années 30, il dispute une poignée de Grand Prix entre 1950 et 1954. On donnera son nom au Bira Circuit, seule grande piste thaïlandaise. Depuis, aucun pilote Thaïlandais n’a vraiment émergé. Au point où pour la Race of Champion, l’organisateur doit improviser un « volant » pour créer une paire thaïlandaise.

L’Indonésie est le rival historique de la Malaisie. Beaucoup plus pauvre que son voisin, elle a donc du mal à se doter d’un sport automobile professionnel. Après Ananda « Mikola » au début des années 2000, le nouvel espoir s’appelle Rio Hariyanto. Il court aujourd’hui en GP2.

Taïwan a de grandes ambitions.  Néanmoins, son unique circuit, Penbay, accueille surtout des courses de club. L’an prochain, la seule grande équipe, D2, disputera l’Asian Le Mans Series. Là aussi, ce n’est que le commencement…

Crédits photos: HRT (photo 1), Sauber (photo 2), ATS F3 (photo 3), BMW (photo 4), CFGP (photos 5 et 8), Renault UK (photo 6), British F3 (photos 7 et 13), Volkswagen Motorsport (photos 9 et 11), MRF (photo 10), Ford (photo 12), AFOS (photo 14), Formula Pilota China (photo 15), FG 1000 (photo 16), Bira Circuit (photo 16), Rio Haryanto (photo 17) et D2 (photo 18)

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1 Commentaire sur "Bientôt un champion de F1 Asiatique?"

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bautzen
Invité

Attention aux asiatiques , les constructeurs français doivent faire 1 maximum pour avoir 1 ou des pilote ( s ) dans leurs girons , ils vont venir avec 2 gros sponsors , il va falloir les garder et les faire courir .

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