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Super GT, Formula Nippon : Fuji Sprint Cup 2012

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C’était le week-end dernier la troisième édition de la Fuji Sprint Cup et le programme est désormais bien huilé : Formula Nippon, Super GT en courses sprint, Legend Cup, deux séries d’accompagnement et un peu mise en scène pour un meeting de fin de saison décontracté et sans enjeu hors le prestige. Le public aime ça et répond présent même si cette année a été un peu perturbée par une météo exécrable le samedi. Le blog auto était comme chaque année sur place.

Samedi 17 novembre 2011

Le Mont Fuji caché dans une épaisse couche de nuages et une pluie intermittente ne promettaient rien de bon samedi matin et lorsque les Formula Nippon se lançaient en piste, c’était en pneus pluie. La séance de qualification pour la course du dimanche est particulière : elle se déroule sur le format du Super Lap, chaque pilote ayant droit à un tour chronométré, et s’ajoute un classement séparé du pilote le plus rapide au bout de la ligne droite. La pluie variant au cours de l’exercice, les pilotes du milieu de la séance se voyaient un peu désavantagés et le temps s’améliorait par contre pour les derniers à sortir, qui, le sort fait bien les choses, étaient les mieux classés au championnat.

Si le champion 2012 Kazuki Nakajima postait la vitesse la plus rapide en fin de ligne droite, un pas vraiment impressionnant 281,177 km/h (l’année dernière le pilote le plus rapide était à plus de 307 km/h), il faisait un tête à queue lors de son tour de qualification et ne pouvait pas jouer la pole.

C’est Koudai Tsukakoshi, le pilote Honda le plus en vue toute la saison qui décrochait le meilleur temps. André Lotterer était second et l’inattendu Yuji Kunimoto troisième, alors que Loïc Duval terminait lui huitième, pas aidé par les conditions.

La seconde épreuve au programme de la journée était la première course de GT300. Pour l’occasion, les courses de GT sont disputées en classes séparées, et chacune est un sprint de 22 tours, départ arrêté, sans changement de pilote. Avec une course de chaque catégorie chaque jour, le public a de quoi faire. A ce moment de la journée la pluie avait forci mais la piste était praticable.

Le poleman Tomonobu Fujii sur la Porsche du team Hankook no33 s’élançait impeccablement et prenait quelques longueurs d’avance sur la Honda CR-Z Mugen no16 du frère cadet de Kazuki, Daisuke Nakajima qui s’était rapidement installé en seconde position.

Derrière les deux hommes, la Nissan GT-R GT3 no3 du jeune Katsumasa Chiyo semblait destinée au podium mais voyait revenir dans le dernier tiers de la course la Garaya no43 de Kosuke Matsuura qui voulait un bon résultat pour le dernier week-end de course de la voiture après 9 ans de carrière. Un duel haletant s’engageait, les deux autos parcourant une bonne partie du circuit très humide côte à côte et prenant l’avantage à tour de rôle.

En vue de l’arrivée, c’est la Garaya qui s’emparait définitivement de la troisième position dans le dernier virage et accédait au podium derrière Nakajima. Le vainqueur Fujii sur la Porsche no33 se vengeait de l’année dernière où il avait échoué à la seconde position à quelques mètres du drapeau.

La météo ne s’améliorait pas alors que l’après-midi s’avançait, et les GT500 prenaient place sur la grille dans une atmosphère crépusculaire.

Les deux Lexus SC occupants la première ligne s’élançaient bien mais pas autant que JP de Oliveira sur la GT-R no12 qui jaillissait entre les deux et prenait le commandement à un rythme d’enfer.

Il s’avérait cependant quelques instants plus tard qu’il avait volé le départ, la faute à un embrayage pas réglé pour un départ arrêté, et le pilote brésilien écopait d’un drive-through qui laissait en tête Tsukakoshi sur la Honda no17 devant Ronnie Quintarelli sur la GT-R no1.

Mais la pluie redoublait, multipliant les épisodes d’aquaplaning, et Loïc Duval sur la Lexus no36 décidait le premier de renoncer et rentrait pour ne pas risquer sa voiture. Les officiels y prenaient inspiration et envoyaient le safety car en piste.

Le malheureux Tsukakoshi partait en tête à queue dans les secondes avant l’arrivée du Safety Car, et était passé par Ronnie Quintarelli qui prenait la tête de la file. Après deux tours derrière la voiture de sécurité, le directeur de course jugeait qu’il était inutile de perséverer et arrêtait la course au drapeau rouge définitivement, donnant la victoire à Ronnie Quintarelli sur la GT-R no1 devant Tsukakoshi sur la Honda HSV-010 no17 et la Lexus SC no6 de Kazukya Oshima.

Dimanche 18 novembre 2012

Finie la pluie pour le deuxième jour des festivités, heureusement, et la journée commençait très tôt avec la séance qualificative pour la Legend Cup. Cette épreuve annuelle réunit les grands noms du sport auto japonais, de 49 à 72 ans pour le plus âgé, sur une course courte avec des voitures identiques. Après la MX-5 il y a deux ans et la CR-Z en 2011, cette année la monture des héros d’hier était la Toyota 86 qui va faire l’objet en 2013 d’une coupe monotype dont les voitures toutes neuves étaient à disposition.

Si beaucoup de ces anciennes gloires sont inconnues ou presque hors des frontières du Japon, certains noms sont nettement plus célèbres à l’international comme par exemple Keiichi « Dorikin » Tsuchiya (no2) roulant ici de concert avec Ukyo « Kamikaze » Katayama.

Comme l’année précédente, c’est Takahashi Kunimitsu, 72 ans aux prunes, qui obtenait la pole position au bénéfice de l’âge (!).  Après ce hors d’oeuvre matinal la journée commençait par une cérémonie d’ouverture imposante où toutes les autos présentes, Formula Nippon et GT des deux catégories se présentaient en grille, ouverte aux spectateurs une fois les discours des dignitaires achevés.

C’était l’occasion d’une célébration du départ en retraite pour quatre autos qui ont longtemps animé la catégorie GT300 et qui rejoignent les garages à la fin 2012 : la Garaya, la Shiden, la dernière Vemac encore en activité et la Lamborghini Gallardo RG-3, désormais dépassée par les LP600 GT3 arrivées récemment.

Un visiteur venu de France observait les choses d’un oeil intéressé. Jean-Karl Vernay, lauréat 2o12 de la Porsche Matmut Carrera Cup, était en visite au Japon où il a pris part durant les deux jours suivant l’épreuve à un test en Formula Nippon dans l’optique éventuelle d’une participation la saison prochaine, un retour à la monoplace pour le champion Indy Lights 2010.

Une fois le public remonté en tribune, les choses sérieuses pouvaient enfin commencer avec la dernière course de Formula Nippon de l’histoire, remplacée l’année prochaine par la Super Formula. André Lotterer, lui aussi présent pour sa dernière course en monoplace, jaillissait de sa seconde position de grille et prenait le meilleur sur Izawa, Joao Paolo de Oliveira et Loïc Duval, alors que le poleman Tsukakoshi était rapidement hors du coup.

Le pilote allemand était intouchable et franchissait la ligne loin devant Izawa, qui parvenait à conserver sa seconde position malgré une pression de tous les instants de Oliveira et Duval jamais loin durant les 22 tours de la course.

Bien lui en prenait, puisqu’à la surprise générale, longtemps après l’arrivée et le podium, André Lotterer était déclassé à son grand dam pour planche non conforme pour une marge infime. Un verdict ultra-sévère qui clôt l’histoire de la discipline sur une note un peu amère, mais qui donnait la victoire à Izawa devant Oliveira et Duval.

Avant que les GT ne prennent le relais avait alors lieu ce qui pour beaucoup est le clou du week-end, la course de  Legend Cup. La présentation des pilotes un à un en face de la grande tribune faisait se lever les spectateurs qui réservaient ovation sur ovation aux anciens, la plus grande étant réservée à « l’homme le plus rapide du Japon », le légendaire Kazuyoshi Hoshino qui participait pour la première fois à l’épreuve.

La course elle-même, de 7 petits tours, était pleine de péripéties et frottements de portières, pendant que la direction de course faisait tomber des pénalités aux plus turbulents qui faisaient se tordre de rire les spectateurs: « Privé de dîner », « Corvée de balayage du circuit », etc.

C’est finalement Masanori Sekiya qui l’emportait devant Takahashi Kunimitsu et Kiyoshi Misaki, dans la joie et la bonne humeur générale. Comme d’habitude, un succès retentissant pour une formule qui ne demande qu’à s’exporter.

La seconde épreuve de GT300 semblait partie pour un scénario similaire à la première avec la Porsche no33 prenant le commandement, mais les conditions de piste différentes allaient causer la perte de Masami Kageyama qui devait bientôt laisser passer Hiroki Yoshimoto sur l’Aston Martin no66, émergé intact d’un départ turbulent ayant laissé trois autos sur le carreau.

La Porsche devait rapidement passer au stand pour changer de pneus et disparaissait du classement, tandis que remontait à toute vapeur la Shiden no2 de Hiroki Katoh, qui voulait terminer la carrière de l’auto par un exploit.

Il était à deux doigts d’y parvenir et finissait dans les roues de l’Aston Martin avec une très belle deuxième place à l’arrivée devant Orido Manabu bien revenu de ses ennuis au départ sur la Gallardo LP600 no88.

La dernière course de la journée, dans une belle fin d’après-midi d’automne, était celle des GT500. Celle de la veille, interrompue au drapeau rouge, avait laissé un goût d’inachevé et chaque écurie était bien décidée à tout donner. On se doutait depuis les qualifications que le duel allait se jouer entre les deux Lexus de Yuji Tachikawa et Kazuki Nakajima. C’est Tachikawa qui prenait le meilleur départ et un court avantage dans la première partie de la course.

Mais Nakajima ne s’en laissait pas compter et revenait sur le « Fuji Meister » et prenait la tête après un demi-tour côte à côte avec l’autre Lexus.

Tachikawa allait repasser en fin d’épreuve pour remporter la course devant Nakajima et Izawa sur la Honda no100.

A noter la présence pour ce week-end spécial de Marino Franchitti qui s’essayait au Super GT en remplaçant de luxe de André Couto, retenu pour le Grand Prix de Macao. Franchitti, pour sa première course au volant d’une GT500, ne faisait pas de miracle et terminait au fond du classement mais enchanté de son expérience.

Et le week-end se concluait comme il se doit par une cérémonie de remise des prix (conséquents) alors que la nuit était tombée sur le circuit pour conclure l’année de sport automobile. Vivement l’année prochaine, qui redémarre au mois d’avril à Okayama.

Crédit photos : Yuji Shimizu/leblogauto.com et PLR/leblogauto.com

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