Porsche 911 Carrera S PDK : galop d’essai

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Voici près de 50 ans (48, pour être exact) que la Porsche 911 a vu le jour. Au fil de sa carrière qui n’a nul autre pareil, le coupé allemand n’a cessé de muer et de rehausser un niveau de sportivité déjà exemplaire. L’année 2012 a vu naître la septième génération de l’immortelle, la type 991, plus basse, plus longue et d’une puissance en hausse. Sans renier ses origines, la nouvelle 911 marque un tournant dans la dynastie. Nous, c’est à son volant que nous avons eu l’occasion de tourner, sur une portion du circuit du Castellet.

Si tout ou presque change sous sa robe, c’est justement cette dernière qui évolue le moins avec la 911. La tradition stylistique initiée par la première du nom est toujours reconduite (si l’on oublie la 996) : yeux de grenouilles, ailes bombées et sulfureuses, pavillon plongeant et profil des vitres latérales, tout y est à sa place. Un style que l’on pourrait même qualifier de néo-rétro, avec quelques éléments aérodynamiques poussés, des rampes de LED ou les superbes optiques arrière. Si sa ligne venait à vous laisser quelques doutes sur le patronyme de cette sportive, le capot arrière reçoit pour la première fois l’insigne 911, associé au célèbre Carrera (Carrera S nous concernant).
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Toutefois, la 991 apparaît comme plus massive que ses devancières. Et pour cause puisqu’elle gagne 56 mm en longueur, 65 mm en largeur et perd 11 mm en hauteur. Pas étonnant qu’elle s’apparente encore plus à une vraie GT plutôt qu’un coupé sport presque chétif. Mais que l’on se rassure, ses lignes sont toujours aussi fluides, loin des traits à vif d’une Nissan GT-R par exemple. L’empattement allongé de 10 cm, lui, fait la part belle à l’habitabilité.
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Un cocon qui sait recevoir, sauf que là, il y a du changement. Les quatre cadrans cerclant le compte-tour central et le neiman à gauche sont toujours au rendez-vous. En revanche, le dessin de la planche de bord et de la console centrale s’est « Panamerisé » : le tunnel central se couvre d’une panoplie de boutons liés à la climatisation, à l’écran GPS et aux divers éléments mécaniques comme la suspension pilotée PSM ou les modes Sport et Sport Plus. Assis derrière le volant ou sur le siège passager, on s’y sent plus qu’à l’aise. A l’inverse des places arrière qui ne serviront qu’en cas de nécessité pour des adultes ou, au mieux, en complément au volume de chargement.
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Malgré le tracé d’un des plus beaux circuits français, la circonspection était de rigueur lors de notre essai. Forcement, avec des rafales de vent à plus de 100 km/h, des quilles qui volaient et une manche du GT Tour qui se déroulait à quelques virages de là, nous nous ne sommes pas essayés à claquer un chrono. Dès les premiers tours, sur un filet de gaz donc, la Porsche 991 munie d’une boîte PDK s’est montrée très docile. Les rapports s’enchaînent rapidement un à un, sans rupture de couple et sans violence. Une agréable surprise qui place la 911 comme l’une des plus homogènes de sa catégorie.
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Au fil des tours nous avons également essayé les modes Sport et Sport Plus. La boîte engage ainsi les rapports plus tard et rétrograde plus tôt, de manière à favoriser le haut du compte-tours. Si le mode Sport peut être utilisé au quotidien, le cran supérieur n’est à privilégier qu’en conduite (très) rythmée sur route, ou idéalement sur circuit. A ce moment là, la boîte PDK attendra les portes de la zone rouge pour passer à la vitesse supérieure avec un peu plus de brutalité. Il en va de même pour la descente lors de freinages appuyés (inutile d’ajouter des éloges supplémentaires concernant ce dernier point). Un mot nous vient à la bouche alors : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Après tout, un essai sur piste en mode automatique pourquoi pas. Surtout lorsque la boite est douée d’une telle intelligence.
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Mais il faudra quand même reprendre la main via les palettes situées derrière le volant Sport Design afin de tirer toute la quintessence des 400 ch à 7 400 tr/min et des 440 Nm de couple à 5 600 tr/min de son 3,8 litres. Et surtout (nous y avons succombé), n’oubliez pas d’activer l’échappement Sport (2 619 €) qui magnifie la sonorité du Flat-6 à l’accélération, comme au rétrogradage avec ses crépitements irrésistibles.
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En terme de comportement, l’allemande fait office de première de la classe. Ses diverses aides électroniques qui font le tour de l’alphabet exercent leurs fonctions avec brio. Le Porsche Stability Management corrige les moindres erreurs et le Porsche Dynamic Chassis Control, de concert avec le Porsche Active Suspension Management, contrôle tous les mouvements de caisse. Mais son comportement exemplaire elle le doit aussi à son empattement allongé, qui n’en fait pas une avaleuse de chicanes mais qui lui offre plus de stabilité en courbe, et à son moteur moins proche du bouclier arrière. Trop facile cette 991 ? A première vue, oui. On tient enfin notre premier grief : même si elle respect l’héritage de ses ancêtres, la nouvelle 911 perd un peu son effet « sac à dos », d’une plaisante insolence. On a dit po-ly-va-len-ce ! Pour les aficionados de l’extrême, il faudra attendre les déclinaisons GT3 et éventuellement GT2.
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Conclusion :
Cette brève prise en main nous a laissé sur notre faim, mais avec un onctueux arrière-goût : cette septième génération rehausse encore une fois le niveau d’une sportive déjà bien aboutie. A n’en pas douter, elle ne nous déplaira pas sur route, ni sur circuit avec le mode séquentiel enclenché. Mais nous pourrions alors juger, par exemple, si le travail effectué sur ses trains roulants changent la donne, si l’adoption de l’injection directe influe sensiblement sur ses consommations ou si certaines de ses nombreuses et coûteuses options sont réellement utiles.

Toutefois, nous nous faisons beaucoup de souci pour la 911. De base disponible à 107 498 € (991 Carrera S PDK), elle va devoir faire face à une concurrente de choix. Nous ne parlons pas de la Nissan GT-R Track Pack (nous savons tous qu’elle n’en fait qu’une bouchée), mais du futur Cayman S. Juste après ces quelques tours de manège, nous avons pris les commandes du Boxster S. Son déficit de 85 ch et sa configuration cabriolet n’ont pas fait de miracles, mais son comportement, tout aussi vivace sur ce type de tracé lent, et les sensations distillées par ce dernier sont très proches de la reine 911. Doté d’un toit rigide, le Cayman pourrait faire hésiter ceux qui privilégient les performances avant le prestige. D’autant plus que le petit coupé de Zuffenhausen permettrait d’économiser près de 40 000 € !

La galerie de cet essai (Crédit photo : Soufyane Benhammouda/Leblogauto) :

 Porsche 911 Carrera S PDK : galop dessai
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 Porsche 911 Carrera S PDK : galop dessai
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  1. DiZeL dit :

    Rien sur la direction électrique, parfois décriée ?

    • r.burns dit :

      certainement pas… la direction est bien au-dessus de la concurrence en termes de feeling, et évidemment d’une précision parfaite

    • Soufyane Benhammouda dit :

      Comme toutes les directions électriques, le toucher est déroutant, facile, mais elle est suffisamment bien calibrée pour éviter une critique. La précision est au rendez-vous, mais certaines concurrentes doivent faire mieux.

    • DiZeL dit :

      @r.burns : décriée par principe, les Porschiste étant légèrement conservateurs. J’ai entendu beaucoup que pour une direction électrique elle était formidable mais que c’était quand même dommage de ne pas avoir gardé du classique hydraulique.

  2. Koenigsegg dit :

    Aaaaah enfin vous essayez la Porsche :D

  3. zorbeclegras dit :

    Nissan GTR 150ch de plus traction intégrale …la seule chose qui soit comparable c’est son prix..

    Gtr 2012 versus 911 Carrera S

    http://www.youtube.com/watch?v=YKMHKOEQAF4

  4. luxury dit :

    qu’est ce que j’aime ce cul et les hanches de la 4s, arlllll

  5. scharley dit :

    Le Boxster/cayman ne fait pas d’ombre à la 911., même si la dernière mouture de la 2pl est vraiment montée en gamme.

    avec 40K de différence, ce n’est pas la même clientèle, et le produit est vraiment différent, que ce soit en teme de comportement, de sensations moteur, ou d’habitabilité. les 2+2 de la 911 sont un de ses traits de génie qui en fait LA sportive « exotique » à tout faire.

    Elle est plus chère que la Nissan. Right, mais la 911 tiendra toujours la cote dans 30 ans, alors que la Nissan se négociera au prix d’une vieille M3.

    La 911, c’est comme Leica. C’est cher, c’est toujours pareil, mais c’est inimitable.

  6. Renaud dit :

    Les perfs pures sont une chose et là la 911 semble pas trop mal armée.
    Mais le gros plus, c’est de combiner les perfs avec un usage au quotidien (par exemple des consos raisonnables en ‘mixte’), une fiabilité sur la durée (j’aimerais voir dans 5 ou 10 ans combien il restera de GTR en état sans que la moitié des pièces aient été changées….) et un look qui reste de génération en génération !
    Réussir une voiture capable, même à 100K km, de faire du circuit et d’emmener vos enfants à l’école avec 2 sièges auto sans vous ruinez est un vrai tour de force !
    Félicitation à Porsche !

    • scharley dit :

      +1, nous avons une 964 de 190,000 km et c’est circuit le week-end et utilisation quotidienne à Paris en semaine.
      Une belle mamie à tout faire.

  7. Cette nouvelle Porsche 911 est un régal. On attend avec impatience notre tour pour la tester :)

  8. LOL dit :

    Avec 40K€ de différence il y a de quoi (très) bien préparer la petite sœur qui alors sera devant en tout point.

  9. MasterLudo dit :

    Chouettes photos Soufyane ;-)

  10. panama dit :

    Les 911 restent des tombeaux sur route car elle sont toujours très délicates à contrôler sur route glissante quand on a le pied lourd. Les vendeurs conseillent toujours avec insistance de prendre une version 4 roues motrices, car eux connaissent bien la voiture. 400 cv en porte à faux arrière, seul un vrai pilote arrive à maîtriser ça.

    D’ailleurs sur circuit, les cayman, autrement plus équilibrés, tournent toujours plus vite que les 911. A moins d’être un pro !

    Les 911, c’est un pur effet de mode qui dure. Il faut l’avoir du dernier millésime, en 2 roues motrices et en cab’ pour « en être ». Et ne croyez surtout pas que ça ne décote pas. l’entretien est à la hauteur de la réputation du constructeur.

    Voiture de médecin chef, de prothésiste et de business man à Monaco.

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