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Essai Audi R8 Spyder V10: Parade estivale

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Audi est réputée pour la qualité de conception et de fabrication de ses voitures, alliée a une sobriété esthétique confinant parfois au rigorisme. Comment cette approche sérieuse, voire sévère, et toute germanique s’applique-t-elle à une voiture plaisir, c’est ce que nous avons eu l’opportunité de vérifier avec le produit phare du département performance de la marque aux anneaux Quattro Gmbh, la R8 V10, qui plus est dans sa version la plus récréative, la configuration découvrable qui prend le nom de Spyder chez Audi.

Quand la R8 a été présentée au grand public au Mondial de l’Automobile 2006, c’était la première fois qu’un produit R était créé par Quattro Gmbh sans prendre pour base un modèle de la gamme, A3, A4 ou encore A6. Basée sur le châssis de la Gallardo prêté par les cousins transalpins du groupe, elle a été conçue avec une autre parente éloignée dans le viseur, la mythique 911, qu’elle affronte avec de nouveaux arguments : un V8 en position centrale et un style ramassé, bas, et une facilité d’utilisation au quotidien qui lui a rapidement permis de trouver son public malgré un badge moins prestigieux que ses concurrents directes. Deux évolutions majeures ont permis par la suite de maintenir la R8 dans l’actualité: d’abord l’apparition du V10 5.2 FSI de 525 chevaux à la fin 2008, un moteur basé sur celui de la S6 via la Gallardo LP560, puis de la déclinaison extrême GT dont la puissance culmine à 560 chevaux tandis que le poids est réduit de 100 kg par rapport à la voiture standard. La GT commme la V10 5.2 FSI sont disponibles en configuration coupé et spyder. C’est la V10 5.2 FSI Spyder qui fait l’objet de cet essai.

Moins agressif mais plus exclusif

Dans sa version coupé, avec une faible hauteur de 1,24m et une imposante largeur de 1,90m, la R8 respire la sportivité et se fait nettement plus remarquer qu’une 911. Le spyder joue en plus la carte de la séduction sans renier les grandes lignes du coupé. Si les dimensions sont les mêmes, le capot arrière, avec de nombreuses ouvertures d’aération, est redessiné et fluidifie la ligne, surtout lorsque la petite capote en toile est repliée. Les fameuses sideblades, marque de fabrique de la R8, disparaissent au profit de deux grandes prises d’air. L’absence de toit signifie un rapport auditif encore plus direct avec le moteur, un plaisir dont Audi anticipe tellement la recherche par les occupants que même toit referme la lunette arrière peut être abaissée indépendamment de la capote afin de profiter pleinement des vocalises du V10 quelle que soit la météo.

Si la plastique est suave, les performances sont elles brutales : 313 km/h en pointe, 4,1 secondes de 0 à 100 km/h et des énormes freins céramiques font de ce cabriolet un bolide de tout premier plan. Avec une telle fiche signalétique, le gentleman driver peut sans complexe aller brûler de la gomme sur un circuit mais on ne peut s’empêcher de songer que la vocation première de cette voiture est plus l’arpentage des petites routes d’été sur la Côte d’Azur, les cheveux au vent, ce que nous avons tenté de reproduire sous le soleil d’hiver de la région parisienne. C’est parti.

Musique…

On ne monte pas dans une R8 Spyder, on s’y laisse glisser. La position de conduite très basse ne laisse aucun doute sur le caractère sportif de la voiture. Contact mis, le V10 s’ébroue dans un grondement sourd dont la tonalité ne laisse aucun doute quant à la noblesse de la mécanique. Dans un environnement urbain le spyder est fidèle à la docilité réputée du coupé, et malgré son gabarit imposant, se montre relativement à son aise avec quelques réserves inévitables : il convient de prendre garde d’éviter les rue les plus étroites et les parcours jonchés de ralentisseurs même si la suspension pilotée est ferme sans être trop dure à supporter. Il faut également savoir rester prudent avec la pédale de droite sous peine de se voir catapulté dans la voiture qui précède. Les grands espaces sont tout de même les plus adaptés pour ce genre de cavalerie.

Une fois sur l’autoroute, la voiture se montre très ludique. Le moteur réagit à la moindre sollicitation et les dépassements ne sont que pure formalité. A chaque pression de l’accélérateur on se retrouve collé au siège. L’aiguille du tachymètre monte à un rythme effréné, seulement stoppé par le rupteur placé à plus de 8500 trs/minute ! La direction assistée par hydraulique est très précise. C’est un vrai missile sol-sol à bord duquel on se sent toutefois vraiment en sécurité. L’insonorisation est plutôt bonne et les bruits aérodynamiques sont maîtrisés même si un léger souffle se fait entendre à vitesse élevée. L’équipement multimédia fait le boulot, sans pour autant être au niveau des dernières versions équipant les A7 ou encore A6.

Il est temps de rentrer sur le réseau secondaire, que l’on espère le terrain de prédilection de l’auto. De fait, on entre dans un autre univers. La largeur de la voiture qui n’était pas un handicap jusque là devient un paramètre à gérer sur les routes étroites. En cas de croisement attention au bas côté. La transmission bien étagée et le couple important de 530Nm permettent de cruiser en sixième à 3000 trs/min, sachant qu’on ne risque jamais de manquer de puissance en cas de besoin. Plein à tous les régimes, le moteur fixe les limites bien plus haut que celles du conducteur. Ca pousse vraiment très fort, à tel point que que nous aurons eu du mal à passer la quatrième en phase de plein accélération. On peut même dire que sur route ouverte cela pousse trop fort. Bien qu’équipée du systeme Quattro, la R8 est dotée d’un paramétrage typé propulsion avec une répartition du couple de 85% à l’arrière. Très agreable sur sol sec, ce réglage peut s’avérer plus surprenant sur sol gras. Lors de notre essai, ESP activé, à vitesse stabilisée de 70km/h, sur route grasse, nous nous sommes fait surprendre par une dérobade du train arrière au moment d’une accélération franche, un cas de figure qui surprend l’habitué du Quattro dans d’autres applications favorisant plutôt le train avant. Malgre son ambiance rassurante, il faut toujours garder à l’esprit que la R8 n’en est pas moins un fauve prêt à bondir. Et c’est là que se situe le paradoxe de cette voiture. On prend un vrai plaisir à son volant à rythme apaisé. La sonorité du V10, la ligne de la voiture, la finition, le vent dans les cheveux, tout cela participe à délivrer une expérience incroyable pour le pilote et son passager. Mais dans ces conditions, on ne fait que gratter la surface. Pour tirer la quintessence de l’auto, il faut avoir de bonnes notions de pilotage et un circuit fermé, la route ouverte n’offrant pas un terrain adapté, et dans ce cas là, un coupé parait mieux armé… Moralité, on ne peut pas tout avoir. Hédonisme ou pure sportivité, il faut choisir.

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6 Commentaires sur "Essai Audi R8 Spyder V10: Parade estivale"

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Stéphane
Invité

En même temps une voiture de plus de 1700 kgs n’a pas sa place sur circuit… Sinon trés bon article !

Flooo!
Invité

Wow on sent que vous vous êtes fait peur sur ce coup là! J’ai l’impression qu’il y a eu un beau tête à queue sur route ouverte sur ce coup là 🙂

scharley
Invité
hey, les guys, faut pas oublier qu’une auto de 520ch, cela se conduit comme sur des oeufs dès que la route est grasse. Cela a beau être une audi, on n’est pas dans la A3 TDI de maman, là. Si les autres audit sont très VW oriented, celle-ci est vraiment Lambo oriented. Après, ok avec votre commentaire. Un spyder de 520ch n’a pas beaucoup d’utilité, surtout quandcelui-ci n’offre aucune place pour ranger ses affaires. on ne peut même pas partir tranquillement en week-end. Une « simple » california ou 911 fait le job tout aussi bien avec plus de praticité (c’est dire!!).… Lire la suite >>
al
Invité

Tres belle auto .

Hugo-Boff
Invité

Faudrait faire un comparatif avec ma Mondeo TDCi… euh… en fait non, c’est pas la peine…

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