Le conducteur du jour: la panthère noire blanche

Matra Bagheera S small Le conducteur du jour: la panthère noire blancheHasard de ces rencontres automobilistiques, voici un troisième conducteur du jour consécutif sur Chrysler-Simca (au sens large.) Après la Simca Chambord et la Chrysler LeBaron, une Matra Bagheera S de 1977.

Jean-Luc Lagardère était avant tout un « capitaine d’industrie ». Un homme pragmatique, qui agissait en fonction de ses ingénieurs et de son service marketing. Ainsi, des premières Djet/Jet aux dernières Avantime, l’aventure Matra aura durée près de 40 ans, enterrant de nombreuses firmes plus flamboyantes.

A contrario, il manquait à Matra ce grand de folie. Ce côté « je fonce d’abord, je réfléchi ensuite » d’un Colin Chapman ou d’un Enzo Ferrari.
La Bagheera entre en scène en 1973. Matra vient de remporter une 2e victoire consécutive au Mans (et il ne faut pas oublier les titres pilotes et constructeurs, en F1, en 1969.) Le constructeur joue la carte « Le Mans » à fond: la présentation officielle à lieu lors des 24 heures et Henri Pescarolo parraine la voiture.
La Bagheera tire son nom de la panthère noire du Livre de la jungle (panthère qui apparait sur le premier catalogue.) Sa ligne est due à Antonis Volanis (futur père de l’Espace), sous le regard de l’omniprésent (pour le meilleur et pour le pire) Philippe Guédon.
Elle débute avec le 1,3l 84ch de la Simca 1000 Rallye 2 juste derrière ses 3 places. Certes, le compartiment moteur est exigüe, mais le châssis aurait pu accueillir un moteur plus gros. Les ingénieurs ont développé un U8. Mais la crise du pétrole effraye Lagardère, qui liquide le projet.

En 1977, la Bagheera s’offre un lifting et perd son avant rondouillard. Sous le capot, le 1,3l laisse place au 1,4l des 1308 GT… Qui ne gagne pas un seul cheval vapeur. Pour qu’elle ne gagne pas non plus de cheval fiscal, elle possède une boite 4 « fiscale ».
La « S » qui orne cet article a droit à une vraie boite 4 et à un deuxième carburateur double-corps. Ainsi, le bloc Simca offre 90ch et elle atteint 190km/h. Par contre, l’addition s’envole: 47 150 francs contre 42 500 francs. Et si vous voulez un essuie-glace arrière, une montre digitale et un pare-brise feuilleté, il y a la « X » à 51 350 francs.

La Bagheera, c’est un compromis. Pour 31 600 francs, on pouvait acheter une R15 TL (60ch et… 151km/h en pointe), tandis qu’à 43 200 francs, la R17 TS (98ch et 170km/h) était suréquipée. Mais la Bagheera offrait un look, une position de conduite de GT et une bien meilleure ergonomie. Par contre, pour la performances, il y a l’A310 V6, totalement inaccessible à 81 700 francs.

En 1980, elle passe le relais à la Murena, laquelle dispose enfin d’une boite 5 vitesses et de davantage de cm3.

Pendant longtemps, les Bagheera et Murena furent boudées: des lignes trop typées seventies et un plumage sans ramage. D’où des cotes assez basses. Les moteurs Simca/Talbot sont fiables. Reste la corrosion… Matra a toujours été fidèle au principe de la caisse en fibre de verre sur un châssis en acier. Ce n’est qu’au démontage que vous pouvez examiner l’état de ce dernier et souvent, il est corrodé. Remettre en état une Bagheera aurait un cout disproportionné par rapport au prix d’achat. D’où des propriétaires aquoibonistes, qui les abandonnèrent.
Voilà pourquoi elles sont devenues très rares…

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  1. doubled dit :

    j’ai eu deux Bagheera,tout d’abord une premiere generation, de 1974,avec le 1294 cm3 de 84 ch din a noter que le moteur de la Bagheera descend de la Simca 1100 TI et non de la Rallye 2, la difference tiens a l’entrainement du pignon d’allumeur, et des carburateurs, verticaux sur la 1100 TI et horizontaux sur la Rallye 2.Et j’ai eu une version Bagheera X de 1979,avec le 1442 cm3 de 90 ch din, la deuxieme etait plus confortable,et un peu plus lourde, la versio 1 tournée aux alentours des 885 kg et la X aux alentours des 1015 kg.La Bagheera de 1974 tenait mieux la route avec une suspension un peu plus dure, la X parraissait un peu plus souple avec une suspension typée confort,par contre elle marchait mieux en vitesse de pointe,une bonne Bagheera bien reglée, prenait 200 km/h a 6500 tr/mn.Si j’avais un peu d’argent d’avance j’en racheterai c’est une voiture attachante et amusante a conduire.

  2. Moi, j’ai eu une Bagheera série 1 grise… Norev, au 1/43e.

    Je regrette de l’avoir laissée dans un bac à sable.

    Ce n’est pas une grande anecdote, mais cette Bagheera m’a autant marqué que si j’en avais eu une vraie. Car c’est une voiture qui ne ressemble à aucune autre.

  3. Hercéo dit :

    Pour revenir à la Bagheera, certains éléments du châssis étaient en alu (partie arrière), contrairement à la Murena (tout acier).
    Pour une remise en état complète « Ã©tat collection » vous pouvez compter de 15000 à 20000 €.

  4. X-Zit dit :

    Il y en a une chez moi dans mon parking souterrain. Je ne l’ai jamais vu bouger en 2 ans.
    Elle est posée là, un peu poussiéreuse, avec un grand carton en-dessous pour absorber toute l’huile qu’elle doit perdre.
    Elle a quelque chose qui me plaît beaucoup. Elle représente un genre de voitures qui ne se fait plus depuis longtemps. En revanche, je pense que c’est le genre de voiture où l’on passe plus de temps le nez dans le moteur qu’à son volant…

    • Comme le souligne Ercéo, il faut 15 000€ à 20 000€ pour en remettre une en l’état. Or, dans mes vieux Auto-retro et Rétroviseur, les Bagheera s’échangeaient à 1 500€ voir 2 000€. Qui serait capable de mettre 1 500€ dans une voiture, puis d’en investir 10 fois plus pour la remettre en l’état?
      Malheureusement, les fans de Matra de route ne sont pas légion…

  5. iuncker dit :

    pour ton information  » joest jonathan ouaknine  » il n’y que les passionés qui son capable d’investir de tels sommes pour refaire une voiture de légende , d’autres part le plus dure n’est pas de trouvé les matériaux pour refaire une carrosserie car au nivau boulot + pièces la carrosserie c’est ce qui coute le moins chère , le pire sont les pièces mécanique qui elle a retrouvés et a refaire a l’identique sont beaucoup plus coûteuses car il faut d’abord en retrouvé les plans initiaux auprès de la marque

  6. vannereau dit :

    C’était une voiture un peu décalée mais très agréable à conduire (sauf sur sol mouillé).Ses trois places avant et son moteur central vous donnaient l’impression de conduire une voiture unique.Il fallait cependant passer « un peu » de temps pour les réglages moteur… J’ai également possédé une matra Bonnet,et la,au niveau esthetique,c’était vraiment top!

  7. doubleD dit :

    il est vrai que les 2 carburateurs Weber avait tendance a ce deregler, mais mecaniquement c’etait d’une solidité a toute epreuve, acceptant tres bien les suregimes
    avec de la bonne huile et des vidanges reguliere le moteur Simca ne bronchait jamais, c’est pas une Anglaise.

  8. Ottame dit :

    Je ne suis pas un aussi grand connaisseur que certain ici de cette machine.
    En fait elle était totalement inconnue pour moi, et j’ai cru à la première vision
    que c’ était une Lotus Esprit Turbo. :P

    En tout cas c’est fort sympathique de faire découvrir des machines du passé,
    qui encore aujourd’ hui chez certain, font vivre de grandes émotions et plaisir.
    Comme quoi,pas besoin forcément de posséder 500ch, payer des centaines
    de millier d’ euros, pour faire rêver. Et il faut vraiment être un passionné, pour
    vouloir encore posséder une voiture pareil de nos jours.

    Car comme dit dans quelque poste le prix des pièces, ( quand elle sont encore
    dispo ) doit être monstrueux. Déjà que part expérience avec une voiture de 1984
    cela devient difficile, alors avec celle-ci je n’ose imaginer. D’autant plus que cette
    voiture doit rouler au Super.

    Voilà je souhaite encore bien des années de plaisir, aux possesseurs de cet engin. :D
    Et merci encore à l’auteur de ce « papier » pour la découverte. ;)

    • freebullitt dit :

      Bonjour à tous.
      J’en restaure une actuellement, une série 1 modèle S de 1976.
      Effectivement, restaurer cette voiture est une histoire de passion envers elle car elle
      devrait me couter au total quand tout sera fini dans les 25 000 euros.
      Bien évidemment, elle ne les vaut pas, c’est pourquoi on fait cela uniquement pour soi.
      Le problème n’est pas tant dans la disponibilité des pièces car tout se trouve sur le plan mécanique a des prix très attractifs.
      Ce qui est le plus onéreux est la réfection complète du châssis qui, de par sa conception,
      retenait l’humidité et pourrissait joyeusement.
      Le piège est que l’on ne voit rien (ou presque) car la carrosserie plastique collée dessus masque tout. Il faut donc faire très très attention lors de l’achat !!!

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