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Stations essence vides, nous avons la solution: une journée en Peugeot Ion

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C’était effectivement la journée à ne pas mettre le nez dehors dans une voiture à moteur thermique. La grève et la pénurie de carburant ont eu raison de notre indépendance et nous voila accrocs à la première station essence encore capable de délivrer l’or noir raffiné, prêts à faire la queue sur le bord de la route pendant deux heures… Enfin quand je dis nous, c’est plutôt à vous que je m’adresse.

Nous,  on est des malins, alors on est passé Avenue de la Grande armée chez Peugeot pour voir si, sur un malentendu, il n’y aurait pas moyen de récupérer une Ion. Ni une ni deux, 30 mn plus tard nous étions sur la route dans un silence d’or (incolore cette fois) pour tester l’un des premiers véhicules 100% électrique dédié au grand public – Peugeot avait effectivement eu une première expérience avec la 106 électrique à la fin des années 90 mais celle-ci était principalement destinée à quelques collectivités.

Ion, bien que précurseur sur ce marché n’est pas unique en son genre et est à l’instar de la Citroën C-Zero, une variante européenne de la Mitsubihi ­i-MiEV.

Au premier abord, nous sommes bien dans un univers « vert » avec un design très urbain, à la fois court, étroit et  proportionnellement assez haut (1,61m de haut pour 1,48m de large) . Ion est une 4 places dont la volonté n’est pas d’afficher un statut social, bien au contraire, mais plutôt une nouvelle conception de la mobilité urbaine, une sorte de militantisme écologique sans effusion. Le confort à l’intérieur est assez sommaire. Les plastiques sont durs, le coffre est petit (168dm3)  et l’ensemble réduit à sa plus simple expression pour permettre à ce véhicule d’accuser 1120kg sur la balance (dont 230kg de batteries lithium ion)  mais là n’est pas le propos, nous sommes réellement en train de tester un nouveau concept pour la ville.

Au premier tour de clef, le tableau de bord s’illumine sans un bruit. La batterie est chargée, la boite passe en mode drive et nous voilà lancés dans le trafic fumeux avec 180Nm de couple aux fesses. Le moteur électrique positionné sous le coffre et devant l’essieu arrière développe une puissance de 47KW (64ch) et est relié à des batteries Lithium Ion situées dans le plancher. Ion est une propulsion avec un centre de gravité assez bas malgré son aspect haut et étroit dont l’agilité s’avère instantanément étonnante. Le couple du moteur électrique délivre la puissance sur commande, sans le moindre accoup  et le rayon de braquage permet des demis tours sur place dignes d’un Cab londonien.

Nous voici lancés avec un pour seul compagnon le bruit ambient des roulements et du trafic autour de nous. Sortis de Paris, Ion est toute aussi étonnante sur les grands axes. Nous roulons sans peine à 110km/h avec des pointes à 130km/h mais attention aux excès prolongés, la batterie peut rapidement perdre une barre de chargement à ce rythme. Cette dernière se recharge néanmoins sur les décélérations et les freinages poussant inconsciemment le conducteur à adopter une conduite économe.

Après un après-midi à un rythme assez soutenu, avec utilisation du chauffage et des phares en fin de journée, Ion bien sollicitée commence à faire clignoter son voyant batterie, indiquant qu’un retour au bercail ou un passage à la borne électrique serait prudent. Décidés de la tester jusqu’au bout, nous ne nous arrêterons que lorsque la batterie annonce la panne sèche depuis 3km et pourtant la voiture roule toujours sans problème.

Une fois rentrés, nous connectons Ion à une prise standard pour une charge de 6h pendant la nuit (approximativement €2 de coût), pour la retrouver chargée à bloc ce matin. Notre test à allure soutenue aura eu raison de la batterie au bout de 92km, ce qui laisse présager d’une ‘autonomie de 150km telle qu’annoncée par Peugeot avec une conduite un peu plus économique.

Il est temps de rendre, à regrets, Ion à ses propriétaires. L’idée de remonter à bord de mon diesel à quelque chose de déprimant, comme une sorte de régression après avoir fait partie d’une génération nouvelle le temps d’une journée… Alors il est peut-être temps de franchir le pas et de passer au tout électrique? Après tout, l’application estation que nous avions pris soin de télécharger auparavant annonce déjà une centaine de bornes électriques dans Paris…

Sauf que Ion est encore très chère à €35000, 30250 €, aide gouvernementale de 5000 € déduite ou €499 en leasing sur 5 ans. L’avenir de l’électrique par rapport  l’hybride est encore incertain, beaucoup de questions sur l’autonomie, les infrastructures et le recyclage des batteries restent en suspens, mais Ion, comme d’autres, à dores et déjà entrebâillé la porte  d’une nouvelle ère automobile.

Remerciements : Restaurant Cazaudehore

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18 Commentaires sur "Stations essence vides, nous avons la solution: une journée en Peugeot Ion"

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guigui
Invité

est ce que la Ion est équipée d’un système « sonore » pour prévenir les piétons/vélos etc… ou est-elle entièrement silencieuse??

abcmoteur
Invité

Non, non, c’est réellement dangereux, en particulier dans les parking. Je crois que le Nissan Leaf est équipée d’un système sonore.

Admin

« L’idée de remonter à bord de mon diesel à quelque chose de déprimant »

C’est clair, alors qu’inversement l’idée de remonter à bord de mon V6 Arese demain a quelque chose de réjouissant… Va comprendre, Charles 🙂

Olivier
Invité

merci pour ce tout premier essai de voiture électrique que je lis. Je suis à 200% pour les voitures électriques mais , et c’est un gros MAIS, comme vous le dites l’autonomie annoncée est très éloignée de la vraie autonomie. Et quand je vois mon ordinateur portable qui a une batterie lithium ion , qui n’a plus que 20% de capacité au bout de 3 ans, ça fait un peu peur

Membre
Alors il est peut-être temps de franchir le pas et de passer au tout électrique? Moi aussi l’essai de l’imiev m’avait convaincu de la à en faire mon véhicule il ne faut pas déconner … d’une je suis passionné d’automobiles … donc je ne roule pas en diesel … et j’ai souvent besoin de faire +92km sans avoir à paniquer pour savoir si je vais être en rade Et puis tant qu’à habiter en ville autant délaisser la voiture … j’ai surkiffé faire du vélo dans Paris lors de ma venue au mondial de l’auto … l’optimisme serait sans doute… Lire la suite >>
Bernard Muller
Editor

C’est un peu le probleme de ce genre de voitures.

D’un cote, elle sont surtout adaptes a un milieu urbain
De l’autre, en milieu urbain, autant carrement se passer de voitures…

Ou alors en auto partage. Je verrai ca aussi pour le covoiturage boulot – dolicile en banlieu, avec bornes de recharge dans le parking, la voiture appartenant en fait a l’entreprise/collectivite…

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