Accueil Essais Essai Peugeot 5008: Les petits bien choyés

Essai Peugeot 5008: Les petits bien choyés

86
15
PARTAGER

La famille, c’est beaucoup de bonheur, mais aussi quelques concessions. Le budget alloué à l’automobile n’y échappe pas, et certains compromis peuvent rimer aux oreilles de certains papas, avec sacrifices. Pour que les mots espace, praticité, confort, ne soient plus ennemis du plaisir de conduite, ou aussi pour maintenir parfois une bonne entente entre père et mère, le marché des monospaces a évolué. Le segment compte aujourd’hui des modèles à l’aménagement intérieur de plus en plus modulable et agréable à vivre, mais surtout, les progrès sont notables au chapitre du comportement routier, souvent par le passé assimilé à celui d’une camionnette. En arrivant un peu tardivement sur ce segment ultra concurrentiel, Peugeot mise avec le 5008, sur un agrément de conduite de haut niveau pour la catégorie, seul domaine où la marque au Lion peut réellement le plus se démarquer. Pari réussi?

Un sourire plus discret

Dessiner un monospace qui fera l’unanimité auprès du grand public, pour son élégance, restera toujours un exercice compliqué pour les départements design des constructeurs. Malgré la présence du cousin Citroën C4 Picasso dans la famille, Peugeot ne s’est pas du tout contenté d’un simple replatrage, pour « peugeotiser » le modèle de la maison voisine. A y regarder de plus près, absolument aucune pièce visible ou forme de carrosserie n’est commune avec le monospace aux Chevrons. Avec le 5008, pour la première fois Peugeot fait une entorse à son style habituel, en se passant d’une calandre ouverte béante. Le style se veut beaucoup plus consensuel que les dernières productions.

Il est vrai que dans ce segment, une grande audace dans les traits, risquerait de rebuter une clientèle, pour qui la différence se ferait au design, vu qu’en terme de modularité chacun possède des armes convaincantes. Il n’empêche que le 5008 arbore une face avant particulièrement dynamique et étirée, en accord avec le caractère agressif coutumier des modèles de Sochaux, mais en plus contenu. Une touche de luxe souligne aussi son regard, grâce aux barettes chromées dans le bouclier, ou aux ouvertures sous les phares également recouvertes du matériau brillant. Aucune fantaisie à l’arrière, même dans le dessin des feux simplifié à l’extrême. Toutefois ceux-ci intègrent une technologie à LED.

Une qualité en nette hausse

L’habitacle se veut agréable à l’oeil, à vivre, avec une modularité intéressante. Ses lignes romptent totalement avec ce qu’on l’on avait l’habitude de voir dans les véhicules de la marque. La planche de bord, au dessin résolument moderne, semble englober le conducteur. Pour toute sa partie haute, la console fait la part belle aux plastiques « glossy », et aux entourages de boutons chromés, donnant des airs presque futuristes à cet habitacle. L’assemblage n’a pas à rougir face à la concurrence, tout comme la finition largement au niveau. A quelques détails près, on retrouve traits pour traits l’intérieur de la 3008, qui marquait déjà le renouveau des intérieurs Peugeot.

Concernant les surfaces vitrées, le 5008 opte pour une configuration différente que celle du C4 Picasso. En effet, Citroën, a fait le choix pour son monospace, d’un grand parebrise qui s’étale d’une pièce au delà des têtes des passagers avant. Celui du Peugeot se veut plus conventionnel, avec le placement des pares-soleil sur un montant transversal fixe, avec toutefois un ciel de toit ensuite transparent jusqu’au second rang. En clair, il faudra se mettre à l’arrière pour avoir une vue sur le ciel, alors qu’à l’avant, le conducteur et son voisin ne profiteront que du bain de lumière qu’apporte le plafond de verre. A noter que le toit panoramique n’est disponible qu’en option, sauf dans la finition la plus haute.

Une modularité calquée sur celle du C4 Picasso

La modularité intérieure se veut calquée sur celle du C4 Picasso. Chaque passager dispose d’un siège individuel aux dimensions identiques, ce qui n’est pas toujours le cas pour celui du milieu dans d’autres modèles de la concurrence. Ceux-ci coulissent, et leurs dossiers peuvent également se régler en inclinaison, ce qui ravira les adultes qui voyageront à l’arrière. Pour avoir la paix, des tablettes types aviation sont disposées derrière les sièges avant (idéal pour jouer), alors qu’un système audio-video complet avec écrans dans les appuis-tête peut être installé, contre l’ajout de l’option sur le bon de commande. Il n’y aura pas deux types de carrosserie pour le 5008, qu’on le choisisse en configuration 5 ou 7 places. 2 places supplémentaires (pour les petits gabarits) dans le coffre qui d’un seul geste, peuvent être déployées ou rangées dans le plancher. Si ceux du rang 2 ne se camouflent pas dans le sol, toutefois, dossiers rabattus, ils autorisent un prolongement plat du plancher de coffre, jusqu’aux sièges avant.

Au chapitre des rangements, on recense de grands bacs dans les portes, sous les accoudoirs avant, sous le volant, une boite à gants, et deux trappes dans le plancher au second rang. Le coffre pour la catégorie, propose lui une capacité de chargement tout à fait correcte, variant de 679 à 2 506 litres suivant la configuration des sièges. Voilà pour la partie « familiale ».

Un nouveau HDi de 150 ch détonnant

Disons-le… pour les papas et les mamans adeptes de la conduite, un monospace a priori n’est pas source de plaisir. L’essayeur dans le même état d’esprit, rechignerait presqu’à se glisser derrière le volant. Tant mieux, la surprise n’en fut que meilleure et ce dès l’installation, avec une position moins « camionnette » que d’autres voitures de ce segment. Peugeot parle carrément d’une position façon berline, mais nous n’irons pas si loin. Le fait d’être réhaussé ne trahit pas la nature du véhicule, néanmoins, l’effort pour minimiser l’effet utilitaire est bien réel, grâce notamment à un volant quasi-vertical.

Nous avions opté pour le modèle Premium, motorisé par un 2.0 HDi dans sa version 150 ch. Ce moteur, une évolution du 2.0 136 ch, a été revu en profondeur (près de 50% de pièces nouvelles), avec un résultat pour le moins surprenant dans ce 5008. En quittant la base d’essai, nous détections rapidement que sous le pied droit, une bonne réserve de puissance et de couple, allait nous inciter à titiller ce 5008. Pour un véhicule destiné au transport de personnes avec de temps en temps leurs bagages, 150 ch et 340 Nm de couple maxi n’apparaissent pas comme des chiffres superflus. Evidemment, pour mieux se rendre compte des changements de comportements suivant la charge, nous aurions voulu faire une partie du test avec du monde à bord. D’une certaine façon, cela nous a arrangés, pour de pures raisons égoïstes de plaisir de conduite. Car aussi surprenant que cela puisse paraitre, pour un monospace, le 5008 propulsé par le HDi de 150 ch étonne.

Le meilleur compromis confort/tenue de route de la catégorie?

Le gros du couple, disponible sur une plage comme souvent limitée, ne joue cependant pas dans la dentelle dès les bas régimes. Sans peine, les quelques 1 563 kg se font assez vite oubliés, mais surtout, ce sont les reprises qui impressionnent. La boite de vitesses dispose de rapports un peu serrés pour les premiers, si bien que vu l’importance du couple, ils gagneraient à être sensiblement allongés. Quant au comportement de ce 5008, il ressemble en de nombreux points à celui du 3008, à la différence que le compromis confort/tenue de route gagne encore un cran.

A allure de croisière, sur autoroute, grâce notamment au 6ème rapport, les kilomères défilent sans sourciller, dans un silence quasi monacal. Le plus surprenant reste sur la route, avec un chassis qui ne prend que peu de roulis, sans que cela ne pénalise trop le confort à l’inverse de certains concurrents à l’amortissement un peu dur, pour privilégier la tenue de route. Evidemment, le 5008 ne jouera pas les ballerines dans les montées de col, il n’empêche que papa pourra apprécier la conduite de son monospace, une fois femme et enfants déposés à destination. On regretta simplement une direction trop assistée, notamment à faible allure. A noter aussi, que pour le segment, cette lionne aurait presqu’un appétit de chameau, du moins quasi à vide, sans passager, avec une consommation à peine sous les 7 litres au 100 km sur l’essai.

De 120 à 163 ch, et de 21 850 à 31 250 €

Du côté des tarifs, le 5008 se place assez bien, en n’étant ni le moins cher, ni le plus onéreux, sans être non plus spécialement bon marché. Pour l’entrée de gamme, avec le moteur essence VTi de 120 ch, il faudra débourser minimum 21 850 €. Avec le plus gros bloc essence, le THP 156 ch, le montant sur la facture en finition haute grimpe jusqu’à 27 950 €, sans oublier que ces deux moteurs sont soumis à un malus écologique de 750€. En Diesel (malus neutre), Peugeot réclamera de 24 400 € (1.6 HDi 110 ch) à 31 250 € avec le 2.0 HDi de 150 ch (163 ch si avec BMP6), sur le bon de commande.

A défaut de se démarquer nettement par la vie à bord, à cause d’une concurrence déjà affutée dans ce domaine, Peugeot mise donc sur le comportement routier et l’agrément de conduite pour convaincre. Dans une situation économique pour le moins compliquée, le constructeur de Sochaux compte sur son nouveau bébé, pour asseoir sa présence à tous les niveaux du segment M1, vital pour pour la bonne santé de la marque. Reste à voir si le 5008, assez bien armé, bousculera dans le temps, les bien établis Citroën C4 et nouveau Renault Scénic.

http://www.dailymotion.com/swf/video/xb1q6o
Essai Peugeot 5008 2.0 HDi 150 ch
envoyé par leblogauto
Crédits photo pour vidéo : Michael Svoboda / Kurhan / Fotolia.com

236853236859236868236889236898

Quelques chiffres de notre modèle d’essai:

Moteur: 2.0 HDi, puissance maxi de 150 ch à 3 750 tr/min

Couple maxi: 340 Nm à 3 750 tr/min

Transmission: Aux roues avant

Boite de vitesses: Mécanique à 6 rapports

0 à 100 km/h: 9,9 secondes

Conso. mixte l/100 km – Rejets CO2 g/km: 5,8 – 151

Réservoir: 60 litres de gazole

Poids: 1 563 kg

Prix: Dès 21 850 € (modèle d’essai à 30 800 €)

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Notification de
avatar
wpDiscuz