Essai Jaguar XFR : athlétisme (3/3)
Notre essai s’est effectué en grande majorité sur des routes détrempées. Idéal pour une anglaise ! De quoi mettre à mal la motricité et la stabilité de toute propulsion de plus de 500ch… Cela dit, la XFR ne perd jamais de sa distinction, en toutes circonstances.
Le trajet entre le parc presse de Jaguar et nos trajets d’essai habituels se fait dans une circulation dense. De quoi tester la souplesse et le confort de la XFR. Elle s’y révèle aussi à l’aise que ses sœurs aux motorisations plus modestes et d’une maniabilité toujours bluffante pour un modèle de ce volume. A ces vitesses, le V8 se tait pour mieux vous laisser profiter du système audio Bowers & Wilkins. La XFR est un salon raffiné, capable de se conduire sur un filet de gaz malgré l’énorme réserve de puissance disponible sous le pied droit. Et on s’en rend compte rapidement. Il est impossible d’appuyer à fond sur l’accélérateur dans une circulation dense plus d’une demi-seconde. On se laisse donc aller à ces allures tranquilles, profitant de la douceur de la boîte auto et de l’onctuosité du V8. Le confort d’une vraie limousine de luxe.
Viennent enfin les petites routes, où le tempérament sportif de la XFR peut s’exprimer. Le trafic inexistant permet de profiter de l’effet catapulte de l’accélérateur. Cela dit, la Jaguar ne perd jamais de son éducation. Le grondement du V8 devient perceptible et mélodieux sans jamais être sauvage. Quant à la suspension, elle sauvegarde vos lombaires en toutes circonstances. Seule la poussée qui vous incruste avec insistance dans le fauteuil tout confort donne un aperçu des performances.
Le revers de la médaille est un léger manque de ressenti. En effet, il convient d’être toujours attentif au volant de la XFR. Les remontées dans la direction sont si ténues que vous devez toujours être aux aguets pour sentir les limites du train avant. L’efficacité est au rendez-vous mais les routes très tortueuses ne sont pas son fort. Le gabarit et la masse sont alors les deux facteurs physiques limitants qui font qu’une berline de 1900kg ne sera jamais aussi à l’aise qu’une citadine fortement motorisée sur une spéciale du Monte Carlo. La technique est ici aussi simple que bourrin : faire tourner l’anglaise à coups d’accélérateur. Largement autorisé par la puissance, et même par l’ESP qui laisse dériver un peu la bête.
Dans ces circonstances, mieux vaut passer la boîte ne mode sport. Celui-ci n’est pas fondamentalement différent du mode Drive, très bien calibré. Cela dit, le mode plus dynamique rétrograde un peu plus tôt, vous autorisant de sortir des courbes serrées avec encore plus de vigueur. Une quasi-perfection qui rend le mode séquentiel presque inutile, d’autant que celui-ci, mal fichu (il n’y a pas de sélecteur, on le déclenche en actionnant les palettes), ne vous laisse pas toujours le choix du rapport.
Les lignes droites s’avalent à des allures ahurissantes, facilement réduites grâce à un freinage qui ne souffre pas la critique, largement à la hauteur du poids plutôt élevé. En sortie de virage, gare à une accélération trop brutale avant le point de corde. La XFR passe ses 510ch aux seules roues arrière et ça se ressent. Certes, l’antipatinage fait son travail mais on n’est jamais à l’abri d’une surprise. Et c’est évidemment quand on ne s’y attend pas qu’on peut se faire piéger. En effleurant l’accélérateur à basse vitesse sur un passage piéton mouillé, par exemple. La XFR n’est donc pas une auto à mettre entre toutes les mains. Mieux vaut avoir une petite habitude de la conduite de voitures puissantes.
Il est d’ailleurs étonnant que Jaguar n’ait pas prévu une position « zéro glisse » pour les systèmes électroniques. Pour une auto qui doit pouvoir servir de voiture de maître à l’occasion, c’eût été préférable… Cela dit, ces ruades légères du train arrière font partie de son charme. Un pur-sang qui doit s’apprivoiser, se laisser dompter, pour le plus grand bonheur de son pilote. Mais peut-on réellement parler de pilotage ? La XFR offre un tel niveau de confort que le ressenti est très intellectuel. Le plaisir rare d’aller vite, voire très vite, sans être secoué. Car la suspension ne sacrifie rien au confort par rapport à ses sœurs moins puissantes. Il n’y a que sur route très dégradées (pour ne pas dire défoncées) qu’on ressent un tarage légèrement plus ferme.
Au final, la XFR est offre à part, d’une voiture extrêmement confortable aux performances de sportives. Moins chère d’environ 10 000€ que ses concurrentes directes et plus élégante esthétiquement, elle a également le bon goût d’oublier sa puissance si on veut la conduire sur un filet de gaz. La distinction en toutes circonstances, à un niveau rarement atteint. Des performances qui réclament leur dose de carburant, puisque le V8 a englouti près de 20l/100km lors de notre essai. La XFR séduit par ses deux visages, placide berline de luxe qui peut devenir très pressé si l’envie se fait sentir, sans jamais perdre de sa superbe. Une sorte d’idéal pour un certain type d’automobilistes.
Lire également :
Essai Jaguar XFR : dandysme (1/3)
Essai Jaguar XFR : cocoonisme (2/3)



























5 commentaires »
1
Je pense en effet que c’est auto est très réussie. Le seul bémol, pour moi, c’est qu’on s’éloigne de l’esprit “Jag”. Mais c’est vrai qu’il a disparu depuis quelques temps déjà.
5 juillet 2009 à 16:092
Un vraie belle auto anglaise, et il parait que le V8 à compresseur a un pêche d’enfer et un agrément de conduite formidable si on s’en réfère aux essais qui considèrent ce V8 comme l’un des tout meilleur !
5 juillet 2009 à 16:52une auto qui peut surement faire hésiter face à une allemande, en tout cas si j’avais les moyens ce serait mon cas . Une très belle auto tout comme la nouvele version dégonflée de seulement 470 chevaux qui doit être suffisante pour tous les jours….
3
Les commentaires sur les 3 articles de cet essai sont très surprenants. Vive la masturbation cérébrale des pseudo-philosophes en train de déterminer si la XFR est une vraie Jaguar ou non …
C’est pathétique compte tenu du véhicule. Banale ? Dire qu’une XFR est banale est vraiment ridicule. C’est sur qu’elle ressemble à s’y méprendre à une classe E. D’ailleurs, au jeu des 7 différences, je n’en vois pas une seule. Bien sur, une XFR passe parfaitement inaperçue. Tellement inaperçue que je ne m’étais pas rendu compte que la flotte des taxis parisiens étaient uniquement composés de Jaguar.
En conclusion, bravo à Jaguar de proposer de tels véhicules, qui pour les vrais passionnés dotés d’un minimum de bon sens et d’ouverture d’esprit, seront ravis par l’article. J’ai hâte d’être le 9 juillet pour le dévoilement de la XJ qui je l’espère, continuera à me faire rêver dans la lignée de la XF.
5 juillet 2009 à 22:384
Une XFR passe inaperçue!!!
6 juillet 2009 à 10:10je te l’accord que l’on en voit moins que des mercedes AMG ou Audi S mais je peux t’assurer que quand un XFR passera a coté de toi tu t’en apercevra.
Cette voiture est une merveille de confort et de sportivité . Apres c’est sur que si tu veux du sport et te casser le dos il faut aller chez Audi pcq la XFR reste une Jaguar et ce doit d’etre irréprochable sur le confort.
Les 510 ch sont facile a dompter en ville et un régal a utiliser sur petite route et autoroute.
Jaguar change de style mais reste une Jaguar a l’intérieur. Les designer répondent juste a la demande des clients.
Attendons de voir la XJ jeudi. Elle va boulverser les styles et les références.
5
De toute façon avec l’ancienne XJ qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à son prédécesseur et qui s’est très mal vendue, il était tout à fait logique que Jaguar sorte avec la XF une voiture totalement nouvelle point de vue design. Les futures Jaguar continueront sans doute dans cette démarche.
7 juillet 2009 à 8:14Ajoutez un commentaire