Phil Hill (1927-2008): “Phil the great” a disparu

Phil Hill 01 Phil Hill (1927 2008): Phil the great a disparuC’est l’un des derniers témoins des années 50-60 qui s’en va. De cette époque où il n’y avait ni pass VIP, ni attaché de presse et où (chose incroyable aujourd’hui), les pilotes parlaient entre eux. Phil Hill a été rejoindre ses amis Bernard Cahier et Paul Frère. Il était sans conteste le plus Européen des pilotes de F1 Américains. D’une part, car il a effectué l’essentiel de sa carrière en Europe (champion de F1 et 3 victoires au Mans), qu’il ne s’est jamais essayé à l’Indycar ou à la Nascar. Mais surtout pour son tempérament de gentleman-driver.

Philip Toll Hill est né à Miami, en Floride. Dans les années 40, son père, cadre des postes, est muté à Santa Monica, en Californie. Hill est déjà passionné de mécanique. A 12 ans, son oncle lui offre sa Ford T, qu’il retape. Plus tard, il abandonne les études pour devenir mécano. Il trouve un job chez John Von Neumann, l’importateur VW/Ferrari/Porsche/MG (et plus tard Lotus) où ses collègues s’appellent Bernard Cahier et Richie Gither. Le week-end, il court avec sa MG.

Fin 1949, son employeur l’envoi en formation en Grande-Bretagne. Il revient avec la 138e Jaguar XK120, qu’il ramènera par la route de New York à Los Angeles (avec un arrêt pour assister aux 500 miles d’Indianapolis.) Ensuite, Ginther et Hill allègent de 200kg la Jaguar. C’est le début du “road racing”, en Californie: un aérodrome desaffecté ou une route un peu sinueuse, quelques bottes de paille et c’est parti! C’est ainsi qu’il s’impose à la course de Pebble Beach, en 1950, sa première victoire (ci-dessous, sous l’oeil de Ginther, à droite.)

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Ensuite, les choses s’enchainent. En 1951, il décroche le volant d’une XK120 “Lightweight” avec laquelle il viendra aux Mans (forfait) et courra en Europe. Luigi Chinetti, importateur Ferrari aux USA, lui confie une voiture. En 1952, il s’aligne à la Carrerapanamerica sur une Ferrari privée. Il découvre une autre réalité: la course est un sport dangeureux. Plusieurs pilotes meurent sous ses yeux et début 1954, il songe à renoncer.

Il participe au film The racers avec Toulo de Graffenried et il restaure une Pierce-Arrow, qui s’impose au concours d’élégance de Pebble Beach.

Mais le virus est le plus fort. Fin 1954, il dispute la Carrerapanamerica sur cette Ferrari 375MM ex-usine avec Richie Ginther.

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C’est reparti! Il est embauché par Ferrari pour les 24 heures du Mans 1955. Puis, sur une 750S, il lance une OPA sur le championnat Américain de Sport. En 1956, il signe une CDI chez Ferrari. La technique du Commendatore consiste à engager de nombreux pilotes, puis de gérer leur carrière au gré de son humeur.

Hill ronge son frein en endurance. Vainqueur du Grand Prix de Suède 1956, il éclot aux 24 heures du Mans 1958. Il récidivera en 1961 et 1962, toujours avec Olivier Gendebien… Alors que les deux hommes se détestent.

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Pour forcer le destin, il s’aligne au Grand Prix de France 1958 avec une Maserati privée (chez Ferrari, on en renvoi pour moins que ça.) Il assiste ainsi à la dernière course de son idole Juan-Manuel Fangio.

Enzo Ferrari lui confie une F2 au Grand Prix d’Allemagne, puis il terminera la saison avec le baquet de Peter Collins, mort en course. Au Maroc, alors qu’il est second, il laisse passer son équipier Mike Hawthorn, car il joue le titre et il comptait arrêter juste après cette course.

En 1959, il est pilote de F1 à plein temps. Hélas, les Ferrari sont dépassées par les Cooper à moteur arrière, une architecture dont Enzo refuse d’entendre parler. Au Grand Prix d’Italie 1960, les Anglais se brouillent avec l’organisateur et boycottent l’épreuve. Sur l’anneau de Monza, Hill obtient sa première victoire; la dernière d’une F1 à moteur avant.

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En 1961, les Ferrari passent enfin au moteur central. Ce sont les débuts de la F1 1500cm3. Vainqueur en Belgique, Phil Hill et son équipier Wolfgang Von Trips jouent le titre. D’aucuns misent sur l’Allemand.

A Monza, il se tue, Phil Hill remporte la course et le titre, pour un point.

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La suite sera moins glorieuse. En 1962, les Ferrari sont de nouveau larguées. En fin de saison, il rejoint ATS, fondée par des ingénieurs dissident, sans résultat. En 1964, dernière saison de F1 chez Cooper, déjà ruiné. En 1966, il tentera une dernière fois sa chance avec l’Eagle de son ami (et compatriote) Dan Gurney. Sans succès. Il participera à une dernière course: un tour du Nurnburgring lors des essais du Grand Prix d’Allemagne 1967 avec une McLaren de F5000 équipée d’une caméra, afin de faire des images pour le film Grand Prix. Il y a eu un accrochage général et d’après Hill, à son retour au stand, les team-manager se sont jeté sur la caméra pour voir les rushs!

En endurance, il fera parti de la glorieuse équipe Ford, avec la pole et le meilleur tour aux 24 heures du Mans 1965. La dernière ligne de son palmarès viendra avec les incroyables Chaparral. Le V8 Chevrolet était si puissant que Jim Hall conseillait à ses pilotes de faire tout le circuit en 3 (la boite avait 3 rapports.) Il s’impose sur le Nurburgring et à Brands Hatch.

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Fin 1967, il n’a plus de contrat. Il juge qu’à 40 ans sans gros bobo, il serait sage de raccrocher. Il retourne à Santa Monica, se lance dans la restauration professionnelle et surtout, il écrit pour Road & Track. Il ne fait pas qu’y raconter ses souvenirs: on le voit ici, en 1995, testant une Ferrari 333 SP d’IMSA à 68 ans!

En 1976, lorsque Graham Hill meurt dans un accident d’avion avec l’essentiel du team Hill-Embassy, sa veuve est poursuivi par les assurances (faute d’argent, Hill avait été léger sur le carnet d’entretien.) Bette Hill expédiera ses enfants (dont un certain Damon…) chez son homonyme Américain.

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A la fin des années 90, Derek John, son fils, tenta sa chance. Lors de son passage en Challenge Ferrari USA, Phil Hill se retrouve homme de RP pour la compétition. Derek John Hill alla jusqu’en F3000, où en 2001, chez Dams, il était à l’arrêt face à son équipier, Sebastien Bourdais…

Pendant ce temps, Dan Gurney est devenu responsable de la “Red Bull search a driver academy”, qui détectera Scott Speed. Red Bull veut avoir son écurie de F1. Fin 2002, Gurney signe un deal avec Cosworth. Il annonce des débuts en 2003 et Phil Hill figure dans l’organigramme de l’écurie. Hill eu alors une réaction curieuse, prétendant qu’il connait à peine Gurney. Etait-ce le premier signe de la maladie de Parkinson?En tout cas, elle a fini par emporter “Phil the great”.

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  1. frederic.E dit :

    Le seul américain vainqueur du championnat de F1 pour la Scuderia s’est éteint .Respect.
    Dure semaine pour le sport automobile !

  2. Il va manquer au monde de la F1 et à la scuderia, respect.

  3. robert dit :

    Dans mon souvenir, les relations entre Phil Hill et la Scudéria étaient loin, mais très loin d’être au beau fixe.

    Je retiendrais surtout ses formidables victoires avec les Chaparral aux 1000 km du Nürburgring 65, au Monterrey Grand Prix (can-Am 1966) et au BOAC 500 1967. Plus personne ne s’imposera jamais au volant d’un oiseau blanc alors que les Ferrari pullullent…

  4. artmony dit :

    Je suis curieux d’en apprendre d’avantage sur les raisons pour lesquels Phil Hill et Olivier Gendebien (mon parrain) se détestait.
    Je manque de connaissance le concernant, alors pourquoi pas un jour un “papier” sur Olivier Gendebien !!

    Merci.

  5. Je n’ai pas d’infos là-dessus. Apparemment, Hill avait “ses têtes” et Gendebien aussi. Hill adorait Fangio, Hawthorn, Graham Hill, Ginther et Gurney (à ces deux derniers, il a quasiment organisé des stages pour devenir pilote de F1, façon Senna.) Par contre, il n’aimait pas Gendebien.

  6. Thierry dit :

    Un grand monsieur de l’histoire du sport auto et de la Scuderia disparait. Respect.
    Contrairement à un certain nombre de pilotes modernes, lui voyait ça comme un sport et un moyen de se dépasser, pas juste comme un business… Et contrairement à ce qu’a pu dire Enzo Ferrari (qui avait ses têtes…)à postériori, il a gagné sur tous les types de circuits, et jusqu’à preuve du contraire ils sont très peu à avoir gagné 3 fois Le Mans et à avoir été champion du monde de F1.

    Par contre je ne sais pas qui a pu dire que lui et Gendebien se détestaient, au contraire: quand tu lis les mémoires de Gendebien et la biographie de Hill, l’un et l’autre disaient qu’ils s’appréciaient et avaient des goûts en commun.
    Et ils auraient sûrement moins couru ensemble (Le Mans, Sebring…) si ils ne s’appréciaient pas. Il ne manquait pas de pilotes avec qui ils auraient pu courir et avec qui ils étaient aussi amis (L. Bianchi, P. Frère, R. Ginther pour n’en citer que quelques uns…).

  7. [...] : L’Auto Journal Le Mans 1996, Le Blog Auto, Crédit photo : Antonio [...]

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