Tiroirs de l’insolite : Toyota Origin

Le mois dernier, Peugeot fêtait sa 50 millionième voiture produite, une 308. Un chiffre significatif, mais pas tant que le double, 100 millions, que Toyota franchissait il y dix ans de cela, en 1998. Et pour la peine, le constructeur de Nagoya avait fait les choses en grand avec un modèle commémoratif, d’abord sous forme de concept, puis diffusé à partir de novembre 2000 à 1000 exemplaires: la Toyota Origin.
Réalisée sur la base de la Toyota Progrès, une ultra banale berline de taille moyenne plutôt haut de gamme, l’Origin donnait en plein dans le concept néo-rétro déjà expérimenté avec succès au Japon par Nissan avec les Pao, Be-One et Figaro, en reprenant le style distinctif de la Toyopet Crown RS de 1955, la première Toyota de l’après-guerre à connaître le succès populaire, et qui marque le point de départ de la production de masse du constructeur.
L’Origin essaye d’être fidèle à son ancêtre, trop fidèle pourrait-on même dire puisqu’au lieu d’une interprétation post-moderne on se retrouve avec une auto à l’âge indéterminé, mais qui dégage par ailleurs, effet non intentionel, une aura de politburo bien peu japonaise.
Sensée célébrer le savoir-faire des employés de Toyota tout au long de ces 100 millions de véhicules, la voiture était assemblée en grande partie à la main par l’élite des ouvriers du constructeur qui sont habituellement en charge du fleuron de la gamme Toyota, la Century. Comme la Progrès et les Lexus IS 300 (Altezza) et GS (Aristo), elle était équipée d’un 6 cylindres en ligne 3 litres de plus de 200 ch couplé à une boîte automatique à quatre rapports.
L’intérieur, par lequel on accédait par des portes à ouverture opposée fidèles à l’original, faisait également l’objet d’un soin particulier et mêlait un style traditionnel aux gadgets électroniques chers à Toyota comme le système de navigation intégré dans la console et une des premières applications du régulateur de vitesse asservi avec radar qui essaima par la suite dans le reste de la gamme du constructeur.
Du fait de l’attention apportée à la réalisation de ce modèle très particulier, le prix de vente était de 7 millions de yens, environ le double de la Progrès la plus chère. On croise encore de temps en temps cette Toyota hors du temps, en attendant le modèle commémoratif des 200 millions. Une Prius néo-rétro ?





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