24 Heures du Mans : Plus cest sale et plus cest bon

Dimanche dernier, le beau chronographe Rolex disposé dans la ligne droite des stands du Circuit Bugatti a effectué deux tours du cadran au terme desquels Le Mans a trouvé son 76ème vainqueur. Finalement, ça na pas été la monstrueuse Peugeot 908 et ses temps au tour supersoniques mais la toujours aussi valeureuse R10 qui permet à Audi de revendiquer une magnifique huitième victoire en neuf ans. Pendant ces tours dhorloge qui furent terriblement excitants de par la lutte en piste à certains moments clés de la course, les 55 autos ont connu les affres de la plus difficile course du monde : Les crevaisons, la pluie et souvent quelques petites sorties de piste, voir même une gentille friction avec une concurrente dans le meilleur pire des cas. 24 heures où la poussière de carbone, la crasse mécanique et même un peu de boue sous la pluie ont transformé les impeccables robes des voitures de course en bleus de travail parfois à la limite de lindécence tant ils étaient souillés. Et moi, jaime ça.
Max Mosley, sort de ce corps
Pourquoi un fétichisme aussi pervers? Pour une raison simple : Une voiture de course « dégueulasse » ( osons un vilain gros mot ), je trouve quil ny a pas plus beau symbole pour illustrer le meilleur de ce que compose le sport automobile : des duels à couper le souffle, des machines capables dendurer une pression mécanique épouvantable, capables de résister à la pluie battante et même à un violent passage par le bac à graviers. Toutes ces stigmates que les voitures portent à la fin de la course sont autant de témoins de lintensité du combat quelles ont pu mener en cours dépreuve.
Alors, dès que le drapeau à damier a été abaissé et que tous ont commencé à se ruer vers la zone du podium pour voir les vainqueurs et se noyer sous des gerbes de champagne, jai préféré remonter le courrant à contre sens comme un saumon dans la rivière vers le parc fermé situé aux antipodes de la pit-lane. Mises à part quelques autos ayant abandonné bien avant le terme de la course, elles étaient toutes là : La reine R10 et ses flancs TDI POWER maquillés par une petite couche de crasse, la vaillante Pescarolo n°17 un peu moins verte que dhabitude, les Peugeot 908 faussement propres ( illusion doptique : Le gris foncé sur du gris foncé, ça ne se voit pas ! ) les porcs(he) RS Spyder conquérantes, et même les magnifiques Aston Martin DBR9 qui ont troqué leur smoking Gulf contre un vieux survêt cradingue. Mais celle que jai préféré, la plus crasseuse dentre les crasseuses, restera pour moi la Corvette n°63 passé du jaune duf au noir charbon.
Hélas, la vue du parc fermé rappelle avant tout quil faudra désormais attendre presque une année pleine avant de revoir des autos à lassaut de la Courbe Dunlop. Ouf, en attendant il y a Le Mans Classic dans trois semaines.
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