Jean-Marie Balestre (1921-2008)

Balestre 01 Jean Marie Balestre (1921 2008)Hasard ou coïncidence, Jean-Marie Balestre est mort neuf mois après son alter-ego Américain, Bill France Junior (Nascar.) Le moins qu’on puisse dire est que Balestre est un homme controversé, tant dans son parcours que dans ses méthodes. On se souvient surtout de son arrivée à la tête de la FIA, des nombreuses polémiques où du bras de fer avec la FOCA de Max Mosley et Bernie Ecclestone. Il a su gérer l’arrivée des sponsors et la médiatisation de la F1, pour la faire entrer dans la modernité. Par ailleurs, à travers l’Auto-Journal, il est aussi le père de la presse automobile française moderne et on lui doit l’arrivée du karting en France. Qu’on l’aime ou non, il méritait un hommage.

balestre1 lg Jean Marie Balestre (1921 2008)

Pendant ses études de droits, il écrit des articles pour l’Auto (l’actuel l’Equipe.)
En 1940, il rejoint différents mouvements Vichystes, voir nazis (dont la branche Française de la Waffen SS.) C’est dans l’une de ces associations qu’il rencontre Robert Hersant, alors journaliste pour la presse collaborationniste. Incarcéré à Fresnes à la Libération, il bénéficiera d’un non-lieu en 1947. Alors qu’Hersant parlera ensuite « d’erreurs de jeunesse », Balestre niera ce passé et prétendra avoir été un agent de la résistance infiltré (invérifiable, vu que les personnes qui auraient fait parti de sa cellule ont toutes été capturées et exécutées.)

Auto journal Jean Marie Balestre (1921 2008)

Balestre retrouve Hersant, alors patron de Nord-Matin, un journal Nordiste proche de la SFIO. Ensemble, ils fondent l’Auto-journal. A l’époque, les « essais » d’automobiles se limitent à un tour de pâté de maison, une ou deux photos et de belles envolées lyriques où l’on ne dit surtout pas de mal de la voiture. Balestre et Hersant veulent un journal auto « Ã  l’anglaise » avec de vrais tests et de vraies conclusions. L’Auto-journal inventera les fiches techniques, les comparatifs, les spyshots, les essais longue durée, etc. Le premier numéro sort le 15 janvier 1950 et d’emblée, les constructeurs sont offusqués: « Mais si on dit du mal de nos voitures, les gens ne voudront plus les acheter! » Peu après, le journal réussit à surprendre celle qui sera la DS. Citroën les traitera de tous les noms. Mais lorsque la voiture est présentée au salon de Paris 1955, l’Auto-journal bombera le torse: il savait tout avant tout le monde. Les ventes explosent.

Kart Jean Marie Balestre (1921 2008)

Le 1er décembre 1959, l’Auto-Journal parle de ce qu’on appelle alors les « Go-kart ». Un journaliste en a découvert un sur un salon nautique et c’est le coup de foudre. Très vite, l’Auto-journal multiplie les articles, notamment sur le tout nouveau Kart-club de France. Et pour cause: son fondateur n’est autre que Balestre, qui a eu le nez fin. Le karting devient vite un phénomène de mode et Balestre gagne en puissance.
En tant que président de ce qui est devenu la Fédération Française de Karting, Balestre accède son trop d’effort à la tête de la Fédération Française du Sport Automobile. A l’époque, c’était une organisation de bénévoles. D’ailleurs, son prédécesseur était Bernard Consten, un gentleman-driver. Balestre en fait une place forte. Les automobile-club sont très puissant au sein de la FISA/FIA. Il se bat avec l’Automobile Club de France, qui perd l’organisation du Grand Prix de France de F1 (au profit de la FFSA) et se retrouve marginalisé.

Balestre bernie Jean Marie Balestre (1921 2008)

Ensuite, il obtient en plus le titre de responsable de la CSI (Commission Sportive Internationale, qui gère l’aspect technique des voitures de championnat de la FIA.) Balestre gravira un à un les échelons, devenant responsable de la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile) en 1978.
Mais un autre danger pointe: la F1CA (actuelle FOCA.) La F1 est désormais télédiffusée et les écuries de F1 veulent profiter du pactole des droits télés. Les « garagistes Anglais » se sont regroupés en association et ont nommé Max Mosley et Bernie Ecclestone comme délégués. Balestre a le pouvoir exécutif, la FOCA a l’essentiel du plateau. La guerre fait rage et la FOCA menace de créer son propre championnat.

Balestre prost Jean Marie Balestre (1921 2008)

En 1981, la FISA et la FOCA signent les « accords Concorde ». Balestre nomme Ecclestone N°2, les rapports sont tendus, puis Ecclestone rentre dans le rang. Balestre pense alors qu’il a décapité la FOCA en « retournant » Ecclestone. En 1985, Balestre balaye le président de la FIA. Il règne sur la F1 et malheur à celui qui ose critiquer ses méthodes ou ses choix. La « Présidence de la FIA » (c’est ainsi Balestre s’exprime, toujours à la 3e personne) est intraitable. En 1989, dans une mise en scène stalinienne, Ayrton Senna doit s’excuser publiquement d’avoir soupçonné Balestre de partialité envers Alain Prost. Par ailleurs, en 1986, il profite de l’accident mortel d’Henri Toivonen pour supprimer les Groupe B. La décision divise les constructeurs de rallye (créer une Groupe A? partir?), alors qu’ils étaient sur le point de monter une « FOCA des rallyes »…

Balestre 02 Jean Marie Balestre (1921 2008)

En 1991, coup de théâtre: pour la première fois, il y a plus d’un candidat à la présidence de la FISA. Max Mosley se présente face à Balestre… Et gagne. Balestre, qui avait fait de la présidence de la FIA une coquille vide, se retrouve marginalisé. En 1992, Mosley est élu à la présidence de la FIA, qu’il fusionne avec celle de la FISA.
Balestre est toujours président de la FFSA. En 1996, il ne se représente pas à un nouveau mandat. Il a désigné son successeur: Jacques Régis, son bras droit. A la dernière minute, un autre se présente: Yvon Léon. Régis est élu à l’unanimité. Léon crie à la machination (il n’aurait même pas voté pour lui!) Au recomptage, on découvre des bulletins « Léon » dans l’urne, mais pas assez pour le faire élire.
Retraité, Balestre s’est fait trop d’ennemis pour avoir droit aux habituelles inaugurations de chrysanthèmes. Il est mort vendredi.

A lire également:
Bill France Junior: monsieur Nascar n’est plus

  1. Artmony dit :

    Président de la FFSA de 1974 à 1996 (succède à Claude Bourillot, est remplacé par Jacques Regis) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Balestre

  2. Artmony dit :

    Claude BOURILLOT était un authentique Gentleman Driver : vainqueur des Mille Mille, plusieurs participation à la Targa Florio, aux 24 H du mans,Tour de France Auto, etc. également à de nombreux rallyes (Neige et Glace, Coupe des Alpes, etc.).
    Il modifia un règlement pour que les Ford puissent participer aux 24H du Mans (GT 40).
    Plébiscité par de très nombreux pilotes, Claude BOURILLOT, visionnaire et avant-gardiste a initié la sécurité la sécurité sur les circuits et dans les voitures, rendant obligatoire la combinaison ignifugé ; il a créé la formule France, qui, pour des raisons commerciales s’est ensuite appelée Formule Renault.
    Ancien résistant, c’était un homme courageux (il est décédé en 1998), il essaya de sauver des flammes Lorenzo Bandini lors de son accident au GP de Monaco où sa monoplace prit feu ; il décéda de ses brûlures. Sa vie durant Claude BOURILLOT a mené un combat sans fin contre J-M BALESTRE, protégé de Monsieur HERSANT.
    Ces deux présidents n’avaient visiblement pas les mêmes valeur.

    Il était donc aussi légitime de rendre hommage à cette occasion à Claude BOURILLOT pour sa contribution au sport automobile.

    + 1 Carlos Ghost, Monsieur semble être un connaisseur !

  3. Dés 1968, Balestre était secrétaire général de la FFSA, en remplacement de Consten. Sa technique consista à étouffer le N°1 et à agir comme s’il était le patron, jusqu’au jour où il devient calife à la place du calife.
    Il fit de même ensuite à la FISA/FIA.

  4. Artmony dit :

    Joest Jonathan Ouaknine, si tu vois quelque chose à rajouter pour compléter mon post, n’hésite pas !

  5. Balestre mort?

    Un vieux con qui est partit, enfin. Un despote? Surtout, un COLLABO DE PREMIERE que mes grands-parents auraient zigouillés s’ils lui étaient tombés dessus. Un espèce de vieux con. Et tant mieux s’il est mort. Il a tellement fait assassiner de gens avec sa Waffen SS de merde.

    Et les allemands ça fait peut-être 60 ans, mais 60 ans n’effacent rien. Surtout lorsque les allemands encouragent encore le néo-nazisme (fréquent chez les jeunes ce qui est TERRIBLE au vu du passé honteux des allemands et de l’Allemagne en général).

    Balestre agent infiltré par la Résistance HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA! On aura tout entendu de ce vieux con! Haha! Allez collabo de 1re, brûle en enfer!

    Pas de pitié pour un type comme lui!

  6. clipper dit :

    et oui , un passé de collabo ? un collabo avec une carte de déporté? un collabo avec l’ordre du mérite ?

    Au fait la f40 il l’avait acheté et revendue c ‘est vrai a piquet je pense .Vous avez jamais vendu de voitures vous? mais bon la vu que c’était Balestre c ‘était forcement une malversation?

    Je vous signale que il n’est plus la pour se défendre mais j’aurais bien aimé vous entendre lui dire cela quand il était encore en vie .Ce que vous avez écrit ( sans aucunes preuves bien sur) constitue une infraction pénale caractérisée et il existe dans ce pays un article de loi protégeant la mémoire des morts je ne peux que conseiller a sa famille de s ‘en servir

  7. Artmony dit :

    C’est vrai que peut nombreux sont ceux qui se seraient opposés à lui de son vivant, et on accable pas un défunt.
    Mais quand tu dis qu’il n’y a pas de preuve, le voir en costume SS n’est-il pas suffisant à tes yeux ? Que te faut-il de plus ?
    C’est à se demander si tu es avocat clipper, ou pro nazi, pour faire de pareils commentaires ? Où sont tes limites ?
    Je crois même avoir entendu dire qu’il avait une carte d’invalidité à 120 %, c’est-à-dire qu’il n’aurait plus de bras et de jambes !!!
    Apparemment seule la mort a arrêté cet homme.

    A eux deux, ils auraient pu rejoindre l’organisation Todt !

  8. Artmony dit :

    http://formule1.blogs.liberation.fr/2006/2006/05/schumi_impertur.html

    « Fréquemment, on le vit perdre son sang-froid et devenir alors extrêmement violent. Ce qui marque mal pour qui se prétend un as de la communication. Car Balestre a débuté dans la presse dès 1937 dans le journal « lAuto ». En 1940, il adhère à « Jeune Front », une organisation dextrême droite dont le chef est… Robert Hersant, lami de toujours. Balestre naime guère que lon rappelle ses « erreurs de jeunesse » et portera plainte contre Jean-Pierre Dubreuil, alors journaliste au « Matin » et qui écrit en 1984 : « Le 17 mai 1943, Jean-Marie Balestre prend ses fonctions dans lErsatzkommando de la SS française (matricule 10.248) avec le grade de deuxième classe (Schütze) et lemploi de rapporteur (Referent)… ». « JMB » sera débouté mais mettra en avant sa carte de déporté, obtenue en 1954. Déjà fait chevalier de la Légion dhonneur en 1979, il est nommé dans lordre national du Mérite en 1990. Retiré dans sa propriété dOpio, près de Grasse, Balestre, si son candidat est élu, pourra continuer à suivre le sport automobile national par procuration. Son meilleur souvenir restera la création, avec Hersant en 1950, de « lAuto Journal ».

  9. Artmony> Todt était celui qui aurait mené la « FOCA des rallyes ». Todt a attaqué la FIA suite à la suppression brutale des groupe B et au terme d’une procédure dans la transparence habituelle de la FIA, Todt a perdu. Balestre et lui ne pouvaient pas se supporter et les noms d’oiseaux fusaient régulièrement…

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