Renault : accord pour construction d’une usine au Maroc

Ghosnm6marocrenaultCela aurait pu être l’Algérie … c’est le Maroc qui a été retenu au final.

Le constructeur Renault-Nissan va implanter une usine d’assemblage de voitures d’une capacité de 200.000 unités par an à Tanger.

La nouvelle publiée dès vendredi par plusieurs médias français a été annoncée officiellement samedi lors de la visite au Maroc du PDG du groupe français, Carlos Ghosn.

L’Alliance Renault-Nissan va investir jusqu’à un milliard d’euros dans le nord du Maroc pour construire à Tanger l’usine « la plus compétitive au monde » du groupe, a annoncé samedi Carlos Ghosn.

En présence du roi Mohammed VI, il a signé un « protocole d’intention » avec le Premier ministre marocain Driss Jettou pour la construction d’un site industriel, destiné au montage des véhicules, d’une capacité de production de l’ordre de 200.000 véhicules par an à partir de 2010 et de 400.000 véhicules à plus long terme. L’accord définitif devrait intervenir avant la fin de l’année.

L’usine sera construite dans la zone franche de Tanger et emploiera 6.000 personnes. Plus de de 30.000 emplois indirects seraient également créés chez les équipementiers. Avec ces 6.000 emplois directs, l’alliance Renault-Nissan deviendrait l’un des principaux employeurs industriels de la région de Tanger, a indiqué Renault dans un communiqué.

« L’usine construira des véhicules dérivés de la Logan pour Renault, et pour Nissan un modèle qui n’existe pas actuellement dans sa gamme, à savoir des véhicules utilitaires extrêmement compétitifs qui seront exportés partout dans le monde« , a précisé M. Ghosn.

Le montant des investissements prévus pour les installations est estimé à 600 millions d’euros, avec une première phase à 350 millions d’euros. A ce montant s’ajoutera un « investissement spécifique » compris entre 200 et 400 millions d’euros, en fonction de la variété des véhicules produits.

« Il s’agit du plus gros investissement réalisé ensemble par Renault et Nissan, car Nissan a déjà investi seul des montants plus importants en Chine« , a confié Carlos Ghosn.

« Nous avons visé au départ une usine aux meilleurs standards mondiaux pour pouvoir exporter à partir de cette base dans le monde entier. Nous avons pris comme référence chez Renault la production en Roumanie qui fabrique la Logan et en Turquie qui fabrique la Clio. L’usine au Maroc arrivera à un coût inférieur », a expliqué le dirigeant de Renault-Nissan.

« Quant à Nissan, les véhicules qui sortiront de cette usine seront aussi très compétitifs. Comme ce sont de petits véhicules utilitaires extrêmement économiques – le prix de vente ne dépassera pas une dizaine de milliers de dollars – dont Nissan ne dispose nulle part dans le monde, le Maroc sera une base pour l’export mondial« , a-t-il assuré.

L’usine doit être construite sur un terrain de 300 hectares, dans une zone franche, aménagée et équipée, reliée par une voie routière et par une ligne ferroviaire spéciale à un quai du port de Tanger-Med, qui doit devenir le plus grand port de conteneurs du Maroc, a expliqué pour sa part M. Jettou.

« De par l’ampleur de l’investissement envisagé, de par la taille du complexe industriel projeté, et de par le nombre d’emplois susceptibles d’être créés, ce projet constituera incontestablement une des réalisations industrielles les plus importantes du royaume », a souligné le Premier ministre marocain.

M. Ghosn a expliqué que 90% de la production seront dédiés au marché mondial et « pas seulement européen », et 10% « au marché marocain, d’Afrique du nord, du Moyen Orient voire de quelques pays d’Afrique ».

Renault est déjà présent au Maroc via sa filiale Somaca, détenue à près de 80%, premier constructeur automobile local et détenteur de 30% du marché marocain. La Somaca assemble la Logan depuis 2005 en partie pour l’export, et l’utilitaire « Kangoo ».  Le marché marocain, actuellement de près de 100.000 véhicules neufs, atteindra 170.000 véhicules en 2010, a précisé par ailleurs M. Jettou.

Ce choix industriel de Renault constitue un coup dur pour l’Algérie, quelques jours après la mise en faillite officielle de la société « Fatia » qui devait construire la première voiture algérienne. En choisissant le Maroc pour implanter sa première usine d’assemblage de voiture en Afrique, Renault vient semble-t-il de mettre une croix sur l’Algérie, un pays où le constructeur français vend pourtant plus de voitures qu’au Maroc. « Ce n’est pas normal d’investir au Maroc pour vendre ses voitures en Algérie. Notre marché de véhicules est le plus grand du Maghreb, mais les constructeurs français préfèrent le Maroc », regrette un homme d’affaires algérien.

L’Algérie devra donc attendre avant de produire sa propre voiture. Et la venue d’un constructeur étranger n’est toujours pas acquise. Dans un entretien à la revue Partenaires, le chef de la mission économique près de l’ambassade de France à Alger, Marc Bouteiller, a estimé que les conditions ne sont pas encore réunies en Algérie pour l’installation d’un constructeur automobile.  Points faibles de l’Algérie : le pays manque de sous traitants dans la pièce de rechange et le secteur du tourisme est nettement moins développé, contrairement au Maroc.

Sources : AFP via atlasvista, www.toutsurlalgerie.com

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  1. ZORGLUPOS dit :

    long a été le tunnel – le Maroc serait il passé de l autre coté il a respecté tous ses engagements soit vis a vis des états, soit vis a vis de particuliers, les coffres de la zone internationnale de Tanger ont toujours été libres d’accés par leurs propriétaires, libre de gestion.
    Le Maroc est sérieux dans ses engagements. L’Algérie peut lui faire confiance, est elle prete pour prendre de vrais engagements. Les marocains ne se doutent pas que ils sont des insulaires: OCEAN/MER/MONTAGNES ET DESERT. finalement pas mauvais comme position.

  2. Klash dit :

    Normal que ca reviendra pas cher les marocains acceptent de travailler pour quelques miettes seulement.

  3. Anonyme dit :

    klash. je te fais remarquer que le cout de la vie n’est pas le mm non plus…

  4. Alex dit :

    Mais bon il faut pas rever, renault ne changera pas de designer :)

  5. Sinoudj dit :

    Je reste trés serein par rapport à l’évaluation critique que les responsables algériens vont devoir établir dans le sillage de l’accord Maroc-Renault Nissan.

    Cela dit, je connais trés bien les mécanismes de la coopération économique et financière pour en avoir géré bien des aspects durant plus de 25 ans, dans une institution bancaire publique algérienne.

    Je serais pour la tenue d’assises sur la coopération algéro étrangère, assises durant lesquelles seraient décortiquées puis confrontées aux réalités les promesses et autres intentions de certains pays.

    Il s’agirait de mettre à nu les mystifications véhiculées par le discours français sur la coopération avec l’Algérie.

    Le risque Algérie continue d’être dénaturé et donc instrumentalisé par la Coface; ce point aussi devrait être passé au crible; je sais comment le faire et je vais saisir qui de droit en ce sens.

    Ce serait de ma part une contribution purement citoyenne, mais, c’est vrai, je ne voudrais pas laisser certains officiels français continuer à nous raconter des sornettes au sujet de la coopération algéro française.

    Quant à la question du Sahara et du pétrole, je crois inutile de rappeler que l’histoire a tranché, et définitivement tranché !

    Sinoudj (consulfin) d’Alger

  6. Michel dit :

    Et encore une délocalisation … achetez français .

  7. tinou dit :

    Cest quoi ce petit commentaire sarcastique cela aurait pu etre lalgerie mais finalement le maroc. Nimporte quoi. Quand on ne connait pas le dossier a fond de linterieur evitons de faire de la petite diplomatie economique du dimanche apres midi post prandiale….tout le monde se reconnaitra!

  8. saad dit :

    Elisabeth ,c’est quoi ces aneries? que vient faire l’algerie dans ce dossier? pourquoi attiser la haine à chaque fois?
    le maroc n’a rien à voire avec l’algerie,il a deja un tissu industriel,beaucoup de sous traitant auto et aeronautiques,des tres bonnes infrastructures,l’un des plus grands port d’afrique,une bonne gouvernance,de la main d’oeuvre qualifié qui bossent…

    voyons ne comparons pas l’incomparable.

  9. Mehdi dit :

    A Sinouji qui a écrit:
    Quant à la question du Sahara et du pétrole, je crois inutile de rappeler que lhistoire a tranché, et définitivement tranché !

    C’est vrai l’histoire a définitivement tranché…en faveur du Maroc qui est au Sahara et n’en sortira jamais.

    Quant à ce nouvel investissement par Renault et Nissan au Maroc, il ne faut pas en faire encore une fois une rivalité Maroc Algérie. Ce n’est un secret pour personne que l’Algérie fait tout son possible pour se débarasser de son socialisme archaique mais cette sorte du bourbier social et industriel ne se fera qu’avec des jeunes et non d’un pouvoir de viellards…

    LA PREUVE en est que les deçus de cette décision de ne pas construire l’unsie en Algérie s’en prennent au pouvoir français, alors que Renault est une entrprise PRIVÉE et souveraine. Nos amis déçus s’attendent-ils à ce que Sarkozy convoque Ghosn pour lui faire changer d’avis??? Encore une mentalité de socialistes!

  10. Sinoudj dit :

    Au sujet du Sahara, je croyais avoir été clair; je parlais naturellement du Sahara algérien !

    Quant à l’appréciation de certains volets de la coopération algéro française, je ne l’ai évoqué qu’à la faveur de la décision prise par Renault d’opter pour un sîte au Maroc.

    Je suis heureux pour nos voisins marocains.

    Je dis simplement que l’Algérie devrait saisir cette conjoncture pour  » déconstruire  » sa relation avec la France, à tous les niveaux.

    C’est vrai, cela ne pourra se faire qu’avec de nouveaux dirigeants; le processus est en cours, la prise de conscience prend forme; en attendant, rien ne devrait nous empêcher d’acheter moins français, y compris dans le secteur automobile; ça commence du reste depuis au moins 5 ans.

    Je dis tout cela sereinement, et je pense que nous avons le potentiel qu’il faut pour nous passer, à terme, et trés largement de la coopération avec la France.

    Et, en le disant, je reste sur le terrain de l’argumentaire strictement technique

    Sinoudj (consulfin) Alger

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