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Brève rencontre: Ford Vedette

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vedette_1950.jpgLa plupart d’entre-vous connaissent Ford Allemagne ou Ford Grande-Bretagne, mais avez-vous entendu parlé de Ford S.A.F. (Société Anonyme Française)? Avec la Vedette, elle avait presque réussi à rejoindre ses deux soeurs. Retour sur le parcours compliqué de cette voiture.

fordfrench.jpgEn 1907, un certain Henri Depasse importe des Ford dans l’hexagone. 2 ans plus tard, il s’installe à Bordeaux (où les voitures arrivent des USA) et construit un atelier pour faire du CKD. En 1916, Ford rachète les installations de Depasse. Après-guerre, les liaisons maritimes sont mauvaises et il faut une « vraie » usine. La Ford Y (la première fabriquée dans l’hexagone) est un bide. Avec la crise de 1929, les chaines d’Emile Mathis (alors 2e constructeur tricolore) tournent au ralenti. Un accord est passé et ce sera l’épopée Matford (Mathis+Ford.) Mathis pensait être un partenaire, alors qu’il se retrouve employé subalterne. Les deux parties divorcent, le temps que l’usine Ford de Poissy soit construite.

472A.jpgAprès une histoire tourmentée durant la guerre, le production de voitures redémarre en 1946, avec la vieillissante 472A d’avant-guerre. Maurice Dolfuss, le PDG découvre une « petite » Ford et obtient l’accord de la produire en France: ce sera la Vedette.

Ford_pr___vedette.jpgDans les années 30, GM et Ford préparaient chacun une voiture ultra-minimaliste et ils se scrutent: aucun n’y croit, mais si l’un sort la sienne, l’autre pourra répondre. En 1941, GM annonce qu’il renonce à produire une petite voiture et Ford rangera la sienne.

Abeille.jpgLa Vedette « dos rond » est produite en 1949. Son look US est ultra-tendance. Le paradoxe est que cette « petite » Ford semble énorme de l’autre côté de l’Atlantique. Elle débute avec un petit V8 2,2l de 60ch (réputé asthmatique, même pour l’époque.) Il passe ensuite à 66ch. La berline est vite rejointe par un cabriolet, un coupé et un utilitaire, l’Abeille.
Lancée trop vite, elle souffre de défauts de jeunesse.

Comete.jpgEn 1951, Ford lance un coupé plus distinct de la gamme, la Comète. Plus musclé, il offre 74ch. Il est dessiné et fabriqué par Facel. Certains auront d’ailleurs remarqué une certaine ressemblance avec les futures Facel-Vega

vendome54.jpgEn 1953, la Vedette devient une 3 volumes. La gamme grandit avec la luxueuse Vendome qui reçoit un V8 3,9l 95ch (issu des camions Ford Cargo.)
Il existe également une comète équipée de la même mécanique: la Monte-Carlo (où il donne 105ch.)
Ford SAF tente de changer son image avec des extensions de garantie. Mais le mal est fait.

Les ventes ne décollent pas. Francis C Reith est envoyé de Detroit afin de faire le tri dans les filiales Européennes. Ford SAF, déficitaire, est montrée du doigt. Henri Pigozzi, PDG de Simca est persuadé que Ford prépare une concurrente de son Aronde (ce qui est faux.) Pour tuer ce concurrent, il rachète Ford SAF en 1954. L’année suivante, les Ford Vedette « MK2 » deviennent des Simca Chambord/Versailles. Mais ça, c’est une autre histoire…

Vedette.jpg

Ultime malédiction: au début des années 90, un « musée du V8 français » fut fondé. Hélas, il ferma rapidement ses portes.

Vedette_cabrio.jpg

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6 Commentaires sur "Brève rencontre: Ford Vedette"

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panama
Invité

Les Ford Comète font partie des voitures françaises les plus désirables de cette époque. Surout pour leur carrosserie Facel, tellement classe.

Mais il n’y a pas que Ford à s’être planté sur le haut de gamme à cette époque, n’est-ce pas Renault ?

lepolupe
Invité

bel article

josef
Invité

n’exagerons rien,elle etait loin d’etre »enorme » cette vedette ,bien au contraire elle etait moins longue qu’une 15/6 ;a cette epoque on pouvait voir en France des vraies Americaines Chevrolet,Buick qui elles l’etaient.Quant aux defauts ,le V8 (lateral) etait deja une antiquité qui chauffait chroniquement.Mais à cete epoque ,toutes les bagnoles chauffaient pas forcement par defaut de conception mais parce qu’on oubliait souvent de remettre de l’eau.C’etait l’apres guerre ,la traction sortie elle en 34 etait au point

AFLC7
Invité
Ca fait plaisir à lire, mon père en a eu une. Puis un jour au fond d’une grange il trouve une Fleetwood 75 Golden Anniversasry (Cadillac 1952) qu’il casse en faisant la course avec une Giulia GT, le début de mon amour immodéré pour les italiennes et les Alfa ? Non, son souvenir du V8 GM et la comparaison avec le Ford m’a poussé à « mépriser » mes copains français de Montréal avec leur Mercury Grand Marquis 74 car j’avais une Caprice coupé landeau 75 avec le V8 LT1… J’ai même failli ramener en France une Buick Riviera GS de 1972… Lire la suite >>
Hilios
Invité

AFLC7 = j’adore les chtites anecdotes sur les américaines !

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