Toyota 1948

Voici une photo extraite du numéro de janvier 1948 de Popular Science, sur ce qui fut probablement le premier article sur Toyota hors du Japon.
Les fans auront reconnu, sur la première image, une SA et un camion SB.
En fait, Toyota, tel que nous le connaissons, fut fondé en 1933 et la première AA (”inspirée” de la Chrysler Airflow, comme on peut le constater sur la photo) est sortie en 1936. Mais avant-guerre, Toyota a essentielement produit des camions G1 et presque uniquement pour le Japon.
Il faudrat attendre les années 60 pour que la production de voitures décolle et dépasse celle des camions.
Le ton de l’article est condescendant. Il dit grosso modo: “Regardez ces Japs, si ça n’est pas mignon. Ils ne savent pas s’habiller, mais ils veulent construire des voitures. L’entreprise “Toyota” de Nagoya produit chaque année 30 voitures et 300 camions; elles sont reservés aux administrations et aux professionnels. La voiture est une 4 places avec un 4 cylindres de 27ch et une vitesse maxi de 90km/h. Le prix? 250 000 yens, soit 5 000$ (NDLA: l’équivalent de 2 Cadillac ou de 4 Ford 6 cylindres!)
Dans le même numéro, on pouvait découvrir le premier téléphone avec mode “haut-parleur” (un équipement haut comme un Alex Wurz, soit deux Takuma Sato), le fusil à balles atomiques, le feu tricolore d’appartement (pour signaler lorsque quelqu’un passe une porte avec les bras chargés), un scooter artisanal construit par un marin et un volant factice à coller sur le tableau de bord pour que votre enfant joue à conduire pendant le trajet (comme Maggie dans le générique des Simpsons)! Autant dire que pour les Américains, ces Toyota étaient juste une bizarrerie de plus.

Comme le disait un de mes profs : “Pas d’argent, pas de matières premières, pas de place pour une usine géante et le premier client solvable est de l’autre côté du Pacifique, à 4 semaines en bateau. Si vous voulez produire des voitures, il faut trouver des solutions inédites!”
D’où la fameuse méthode Toyota de Taiichi Ohno (photo) d’optimisation de la production.
En 1957, une Toyopet Crown dispute un rallye. La même année, la marque tente sa chance aux Etats-Unis. On rigole encore. Mais en 1972, Ove Andersson fonde le mythique Toyota Team Europe, tandis que Jim Moran (récemment disparu) construit un réseau de concessionnaire dans tout le sud des Etats-Unis.
En 1978, 30 ans après l’article dans Popular Science, Shigeo Shingo, ex-employé de Toyota, vend ses conseils à prix d’or aux constructeurs occidentaux, qui font la queue pour l’entendre.
Et aujourd’hui? Toyota, l’obscur fabricant de Nagoya est devenu le premier constructeur mondial, battant GM.
Maintenant que vous savez tout ça, vous riez encore en regardant cette photo de Chery A6 au salon de Shanghai?

Source:
Blog Modern mechanix

























13 commentaires »
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pour le moment, oui je rigole encore
1 mai 2007 à 21:262
bravo !
1 mai 2007 à 21:37belle prise de conscience !
C’est sûr que la Chine a déjà amélioré sa production auto de façon très surprenante !
Attendez vous à de (belles) suprises dans peu de temps !!
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pas de rires pour moi
1 mai 2007 à 21:40au contraire, j’admire ces parcours empreints de ce qui nous manque: l’audace, la poursuite de nos rêves et des idées novatrices et révolutionnaires!
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Non je ne rigole pas, mais, sans cracher sur les Chinois, ils n’ont pas la discipline des Japonais.
1 mai 2007 à 21:53Encore une fois je pense que le Chinois prendront la meme route que les constructeurs Coreens, mais je ne les vois vraimnt pas au nievau actuel de Toyota.
L’histoire de Toyota est en effet interessante, mais il ne faut pas oublier les autres constructeurs Japonais. Aucun n’est au niveau de Toyota. Toyota est une histoire unique (au moins dans l’automobile) au Japon.
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Sur la 1ère photo… déjà le copiage >>> VW Coccinelle
1 mai 2007 à 21:556
moi, ce qui me fait rire, c’est que dans dix ans, quand renault sera devenu totalement roumain et que psa sera devenu totalement tchèque, alors toyota sera peut être devenu notre constructeur national lol.
Dans tous les cas, la démarche aura toujours été la même :
1)toyota arrive en toute humilité dans un pays ou les constructeurs locaux ont chopé le melon et se croient les maitres du monde.
2)toyota se fait sa petite place avec des voitures certes sans grace, mais sans soucis. Une fois les parts de marché prises, les concurrents locaux font la grimace et licencient.
3)toyota construit des usines sur place, ce qui ne fait que renforcer sa popularité puisque eux, au moins, créent des emplois.
4)toyota est numéro un mondial et le restera puisque depuis dix ans le groupe réussit des progressions à deux chiffres chaque année. En france, toyota est cinquième en ayant doublé ford, opel et fiat. dans trois ans, toyota sera quatrième en ayant doublé VW. dans 5-6 ans, toyota sera troisième en ayant rattrapé citroën. dans dix ans, toyota sera deuxième en ayant ridiculisé peugeot. dans quinze ans, toyota se battra avec renault pour la première place du marché français.
prévisions ridicules ? on verra bien !
1 mai 2007 à 22:027
Moi je prefere la fille
1 mai 2007 à 22:058
> jadmire ces parcours empreints de ce qui nous manque: laudace, la poursuite de nos rêves et des idées novatrices et révolutionnaires !
Effectivement ; un vieux con tinent, perclus de socialisme, d’immigration, abruti de principe de précaution, terrorisé par un réchauffement…
2 mai 2007 à 8:249
Pour les chinois, CF les rodomontades des coréens il y a tout juste 10 ans.
Question: quel groupe automobile coréen n’a pas été racheté depuis ? Aucun !
Les chinois suivront la même voie, parce que contrairement aux japonais, ils ne sont pas vertueux, économiquement parlant.
2 mai 2007 à 17:2510
Ne pas confondre le Japon, la Corée et la Chine.
Les lois qui existent en Chine sont totalement différentes de celles au Japon ou en Corée. Il ne sera pas facile pour une entreprise étrangère de racheter une entreprise chinoise EN CHINE.
Pour la simple raison suivante: en Chine, les entreprises étrangères ne peuvent s’implanter que par le biais d’une joint-venture avec un partenaire chinois. Aucune entreprise existante en Chine n’appartient à 100% par une entreprise étrangère.
Si une entreprise étrangère veut acheter une entreprise chinoise en Chine, elle possède alors 100% de cette entreprise. Ce qui est en contradiction avec le règlement plus haut.
Cette “limitation” n’existe pas au Japon ou en Corée. Ce qui explique pourquoi Nissan, Mitsubishi, Mazda, Samsung sont tombés aux mains de groupes étrangères
2 mai 2007 à 19:42Pages : [1] 2 » Voir tous les commentaires
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